Le 23 mai prochain, elle se produira pour la première sur la scène du 312 Comedy Club, nouvelle adresse de l’humour made in Belgium qui a ouvert en mars dernier. L’opportunité lui a été offerte par Pascal Dauvillée, l’un des gérants des lieux.
« En fait, j’ai fait un petit reportage sur ce Comedy Club et il m’a proposé à ce moment-là », explique Fiona. Une proposition qui s’inscrit pourtant dans un parcours plus ancien. Derrière cette première scène, on retrouve des années d’écriture discrète : des textes consignés dans les notes de son téléphone, des vidéos publiées sur les réseaux « plus comme exutoire que comme projet ». « J’ai toujours utilisé l’humour comme une espèce de réflexe de survie », confie-t-elle.
Ce soir-là, elle présentera un set d’une quinzaine de minutes, directement inspiré de son vécu. Fil conducteur : les petits boulots atypiques enchaînés après son passage chez RTL entre 2021 et 2024. « Ce ne sont pas des jobs classiques », glisse-t-elle. J’avais envie de partager mon expérience mais j’avais aussi un peu peur de perdre mon intimité que je chéris beaucoup. Mais comme j’ai un parcours atypique, je me suis lancée. Si quelqu’un a passé une mauvaise journée et repart en ayant ri grâce à l’histoire bancale de ma vie, je suis heureuse ! »
« Humilier publiquement mes angoisses »
Bancal, le mot est fort. Mais il est juste selon Fiona. Qui hésite à nous livrer un exemple de ce qu’elle aborde dans son spectacle, avant finalement de céder. « Je me suis présentée à une série d’entretiens d’embauches pour différents métiers, dont celui de maîtresse de cérémonie dans un funérarium, ce qui n’est pas vraiment un job classique. »
RTL ne figure pas — du moins pas encore — dans son spectacle. « Je ne crache jamais dans la soupe dans laquelle j’ai bu, rigole-t-elle. Il n’y a pas de rancœur. Ça s’est terminé parce que la chaîne a changé de direction au niveau des speakerines. Aujourd’hui, j’ai envie de quelque chose de plus humain, de plus vivant que juste sourire devant un fond vert. » Ce spectacle lui permet aussi d’aborder la difficulté de retrouver un emploi, même si on a eu sa tête à la télé pendant quelques années.
Elle qui se dit réservée aborde cette première scène avec une lucidité teintée d’autodérision : « Mon cerveau a décidé qu’humilier publiquement mes angoisses, c’était un beau projet, donc j’y vais ! »
Si elle n’en a pas encore fait vraiment la publicité autour d’elle – « mais ceux qui le savent sont contents pour moi » -, la jeune femme espère qu’il y aura du monde dans la salle le 23 mai. Quant à la suite, elle reste encore à écrire. « Ce n’est pas un projet à court terme. Je compte bien continuer et donner une respiration aux gens qui viennent me voir. Et pour moi, c’est un vrai exutoire dans ma vie un peu chaotique. »
Le 23 mai à 20h au 312 Comedy Club, 312 chaussée de Tournai, 7812 Ligne (Ath). Ce soir-là se produira également James Deano ? Réservations : 312comedyclub@gmail.com
Une marraine nommée Zidani
Créé en mars dernier à Ath, le 312 Comedy Club s’inscrit dans la tradition des comedy clubs que l’on retrouve un peu partout dans le pays. L’idée est simple : offrir à la région athoise un rendez-vous régulier autour du rire, avec comme ambition de créer un lieu de rencontre vivant, où les artistes peuvent tester de nouveaux textes et partager un moment direct avec la salle.
Le projet est porté par le 312 Cabaret, déjà bien implanté dans le paysage culturel local. L’humoriste Zidani en est la marraine, Jérémy Moriau le parrain.