Un scandale secoue l’armée ukrainienne : « Les commandants de brigade ont dissimulé la situation réelle »

Le soldat russe choisit de ne pas l’exécuter. Vadym Lietunov devient alors prisonnier. Pendant deux semaines, les deux hommes cohabitent dans un abri exigu, coupés du monde, avec des ressources extrêmement limitées. Chaque jour, un drone largue 250 grammes de nourriture : un sachet de porridge, de la confiture et une petite bouteille d’eau.

« J’ai crié que j’étais un Ukrainien »

Après plusieurs semaines à faire connaissance avec le soldat russe Nikita, qu’il décrit comme un ancien détenu et toxicomane, envoyé au front dans le cadre du recrutement massif de prisonniers en échange de promesses de grâce, Vadym Lietunov saisit une opportunité pour sortir.

Grâce à un drone ukrainien qui survol la zone, il parvient à entrer en contact avec son unité. Il improvise un signal de détresse : « Nous avons accroché une pancarte près d’un arbre. Il y avait mon indicatif dessus – Cartman, du dessin animé South Park – et le numéro de ma brigade. Je me suis agenouillé, j’ai pointé la pancarte et j’ai crié que j’étais un Ukrainien », raconte-t-il.

Le message est compris. Une radio est larguée par drone pour permettre une communication directe. Peu à peu, la situation évolue et de la nourriture et du matériel lui sont envoyés.

Les chapelains, des prêtres au chevet des soldats ukrainiens : « Le cœur de notre mission, c’est de préserver l’humanité de nos combattants »

Sous pression et à force de négociations, le soldat russe finit par se rendre. Vadym Lietunov, lui, est évacué. Blessé, il devra subir l’amputation d’un orteil infecté.

Malgré les séquelles, il retient surtout l’essentiel : sa survie relève, selon ses mots, d’un enchaînement improbable. « C’est un miracle », confie-t-il lors de son témoignage au Guardian.