« On essaye de garder l’esprit de la gendarmerie, explique-t-il. Cette passion remonte à l’enfance. J’ai ensuite été candidat à la gendarmerie sans aller au bout, mais je suis resté passionné. Et puis j’avais un parrain gendarme, donc j’ai connu ces véhicules de près. »
La mythique Golf GTI, justement, n’a pas été choisie au hasard. « C’est une voiture qui est arrivée à la fin des années 80, notamment au moment des Tueries du Brabant, poursuit le passionné. C’étaient des voitures d’intervention rapide. À l’époque, 115 chevaux, c’était énorme. Aujourd’hui, ça fait sourire, mais dans les années 80, c’était de vraies fusées. »
« Une golf GTI dans le rétro, ça voulait dire quelque chose »
Sa voiture est une réplique fidèle, fruit d’un long travail de préparation de plus d’un an. Pour ce passionné, chaque détail compte. De la rampe lumineuse, au projecteur en passant par le haut-parleur ou encore le matériel embarqué, rien n’est laissé au hasard. Pas même l’uniforme de l’époque qui peut encore être porté sans problème, celui-ci n’étant pas protégé. « Les Golf GTI de l’époque pouvaient contenir jusqu’à 200 kg d’équipement, lance-t-il. Des cônes, des gilets pare-balles ou encore l’armement. Certaines versions étaient même blindées. »
Pour venir de la région de Charleroi jusqu’à l’événement de Libramont, l’homme et son bolide ne sont pas passés inaperçus sur les routes. « Souvent, les gens ralentissent, on en voit certains qui mettent leur ceinture, explique Pascal Lardinois. Ils ne savent pas toujours si c’est une vraie ou pas. Et puis on est en uniforme, donc ça entretient le doute. Mais le but n’est pas de tromper. Quand on en a l’occasion comme ce week-end, on prend toujours le temps de partager notre passion. Les curieux sont nostalgiques et ils racontent leurs souvenirs. Certains disent même qu’ils ont déjà été « derrière » durant leur jeunesse (rires). » Et Pascal Lardinois de conclure, presque philosophe. « Ce sont des véhicules emblématiques parce qu’ils racontent une époque. Une époque où voir une Golf GTI dans le rétro, ça voulait dire quelque chose. »
Retour en 1984: un bus mythique chargé de souvenirs
Il n’y a pas que les voitures de la gendarmerie qui ont permis de faire un retour dans le passé. La preuve avec un bus bien connu de certains.
Au milieu des nombreux véhicules anciens, un autre témoin du passé a suscité sourires et souvenirs: un mythique bus des années 80. À son bord, ou plutôt à ses côtés, Hervé Maillard, président de l’association Patrimoine Bus & Car, basée à Soignies, n’a pas caché sa fierté.
« Nous avons répondu à l’invitation des organisateurs qui voulaient innover, lance cet homme originaire de Halanzy (Aubange). Et puis revenir dans la région est toujours un réel plaisir. Le véhicule présenté date de 1984, une époque charnière. Ce n’était pas encore le TEC puisqu’il était lié aux vicinaux. À l’époque, il y avait les bus rouges et les bus verts. Les verts étaient liés à la SNCB, souvent en remplacement de lignes ferroviaires. »
Si le regard se tourne vers le passé, ce n’est pas par hasard pour ce passionné. « On sauvegarde ces véhicules parce qu’ils font partie de la vie des gens, lance-t-il. Beaucoup ont passé des années dedans, pour aller à l’école ou encore au travail. Quand ils montent dedans, beaucoup sont nostalgiques d’une certaine époque. Ce sont des endroits chargés d’émotion. »
Des rouleaux peints pour les destination
Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce bus n’est pas qu’une pièce de musée. « Il peut encore rouler et transporter des personnes, parce qu’il est soumis au contrôle technique comme un véhicule classique, précise Hervé Maillard. Certains le réquisitionnent pour un mariage par exemple, car ils ont une histoire commune avec ce bus. »
Et les différences avec aujourd’hui sont frappantes. « Les normes ont beaucoup changé, poursuit le passionné. Avant, les marches étaient plus hautes et il n’y avait rien pour les personnes à mobilité réduite. Maintenant, c’est plus accessible, plus confortable, et c’est normal. Les bus actuels sont plus sûrs, mais aussi plus complexes. Avant, c’était de la mécanique simple. Aujourd’hui, il y a de l’électronique partout avec d’autres fragilités. »
L’information aux voyageurs a, elle aussi, bien évolué. « À l’époque, on avait des rouleaux peints à la main pour afficher les destinations. Le chauffeur les faisait dérouler à la main. Aujourd’hui, tout est digital. »
Le temps d’un week-end, ce vieux bus a redonné vie à toute une génération, bien au-delà du simple transport de visiteurs ; quant aux plus jeunes, ils ont pu prendre la mesure de l’évolution des transports.