Le duo d’artistes, Marie Boutolleau et Philippe Roy, réunit le temps à la salle Agnès-Varda et dialogue par œuvres interposées. Tous deux inaugurent cette ancienne salle de la mairie de la rue la piétonne de Noirmoutier-en-l’Île (Vendée), rebaptisée et fraîchement rénovée. Pendant que l’œil des sculptures de Philippe Roy capte les toiles de Marie Boutolleau. Celles-ci dirigent le regard du public vers des vues maritimes en leur permettant de traverser la toile. Et ainsi, comme Alice aux Pays des Merveilles, il est possible d’effectuer des allers-retours entre deux mondes qui se composent et se déstructurent sans cesse.

Marie Boutolleau, peintre

Guernerine, très attachée à son île, Marie Boutolleau vit à 100 à l’heure avec passion et beaucoup de cœur. Pendant plusieurs années, à Paris elle fut directrice d’une chaîne de magasins de prêt-à-porter. Je choisissais les tissus, les matières et décidais des détails des modèles. Je donnais la ligne d’une collection.

Puis, virage à 180 degrés, elle retrouve son île et s’installe à La Guérinière. Elle suivra les cours d’une école de trompe-l’œil. Je n’avais jamais dessiné mais je pense que je portais ce désir en moi depuis mon enfance ». Et elle se souvient de l’élément fondateur de ce qui va devenir son métier et sa passion : Lorsque j’étais enfant, un peintre venait en vacances chez mes parents. Il nous occupait en nous faisant dessiner. J’étais la plus assidue. Si elle n’a pas exposé son travail depuis dix ans, occupée par mon restaurant Les Pieds dans l’eau, elle n’a pas pour autant abandonné ses pinceaux et ses couleurs. C’est principalement en Tunisie, à Djerba, que j’exécute le plus de fresques et de trompe-l’œil. Pour des hôtels notamment.

Pour cette exposition, elle ne présente pas des trompe-l’œil à proprement parler mais c’est au travers de hublots, de barrières de bois ou d’autres premiers plans que les paysages maritimes et les bateaux se laissent découvrir. Et clin d’œil totalement fortuit, mais qui fait sens pour l’artiste, j’habite à La Guérinière, non loin des moulins de la Court et c’est tout naturellement qu’un de mes tableaux, peint il y a plusieurs années, représente le moulin qui a appartenu à Agnès Varda. L’exposer dans cette salle est vraiment un cadeau.

Philippe Roy sculpteur

Installé à Barbâtre depuis plusieurs années, Philippe Roy sculpte depuis l’enfance. J’ai commencé par la taille de pierre. Ensuite, adolescent je me suis spécialisé dans un travail de modelage en argile et j’ai suivi des cours d’anatomie artistique. Il expose régulièrement à l’international dans d’importants salons d’art contemporain et, notamment, avec Arts3F dans les grandes salles de France. Il y a deux ans, les îliens découvraient son travail aux Petites Salorges et il sera possible de le retrouver cet été à L’Épine. Pour cette exposition en duo, Philipe Roy présente des sculptures totems et des sculptures sphériques pour la complémentarité entre le Yin et du Yan ».Il ajoute : Mon message est de laisser une ouverture de façon que l’on découvre la valeur qui se cache à l’intérieur de la matière. J’ouvre des galeries que le public peut emprunter et pour se laisser porter dans ce qu’il aimerait découvrir.

Exposition salle Agnès_Varda jusqu’au 10 mai. Ouvert tous les jours de 10 h à 12 h 30 et de 15 h à 18 h.