Savez-vous parler le “caïman” ? Il y a fort à parier que non. Sans doute est-ce une des curiosités qui peut pousser le grand public à franchir les portes du cinéma Caroussel ce mardi, à défaut de franchir le fleuve Amazone. Mais la raison la plus noble demeure celle qui consiste à venir à la rencontre de Baptiste De Morais, jeune réalisateur documentaire de 23 ans, qui vient y projeter Saudade, son film réalisé en itinérance au Brésil durant trois mois, entre février et mai 2025.

Quel est le lien entre Verdun et Manaus, terminus de son périple à vélo en solitaire de 5 000 km ? « Mes grands-parents habitent à Verdun. C’est ici qu’ils ont immigré du Portugal », confie Baptiste, dévoilant ses origines meusiennes et la genèse de son premier périple. À l’issue de l’obtention de son BTS à Rennes en juin 2022, il a enfourché le vélo de sa mère afin de faire une surprise à sa famille. Direction Verdun donc et c’est ainsi que la passion de l’itinérance est née. Un été, à travers la France. De ce périple à la jungle amazonienne, il y a une part introspective dans le récit. Celle de tisser les liens avec un héritage, une langue (le portugais) et une passion dévorante pour les grands espaces.

À travers le Mato Grosso

En trois mois, Baptiste aura capté près de 45 heures de rushes, pour en extraire un documentaire d’une heure et demie. Mais les émotions captées, elles, sont bien plus importantes. « Saudade, c’est un mot portugais qui n’a pas tellement de traduction. C’est le sentiment que j’ai ressenti en rentrant. Comme une nostalgie heureuse », dévoile-t-il. Des montagnes brésiliennes à la jungle, en passant par la savane, Baptiste dévoile le Brésil. Simplement. Sa richesse environnementale et sa faune grouillante à la nuit tombée dans le Mato Grosso.

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« Je me suis trouvé sur des traces de jaguar et là, des locaux m’ont dit de ne plus dormir dans la jungle », livre-t-il. « Là, le danger est concret. » Encore plus lorsque l’on voyage en solitaire et que les rencontres se font rares dans le vertige de la jungle. Sans doute les rend-elle encore plus marquantes. « Pour autant, sur une piste de 700 km entre ses deux grands murs végétaux de chaque côté, je ne suis pas senti en insécurité. Et c’est là, sur le BR 379 que j’ai croisé un cycliste brésilien. On est resté une heure à discuter en plein cagnard. Je me suis pincé pour y croire ! »

La voix du caïman

Sur son vélo, Baptiste a accumulé des moments de plénitudes, en a extrait « une galère préférée » à la traversée d’un pont se fracturant sous les pieds, jusqu’à l’arrivée à Manaus. « J’y suis resté pour aller dans la jungle avec des guides afin d’apprendre des techniques de survie. » Et c’est ici que les caïmans font leur apparition… « C’est un son très guttural, un peu compliqué. Les guides le produisaient et les caïmans répondaient. Dans la nuit, sur la pirogue, on voyait deux yeux sortir de l’eau », reprend-il avant de dévoiler ses projets futurs. « J’ai toujours le Brésil dans la tête et j’écris un récit dessus actuellement. Après, je ne sais pas sous quelle forme, mais ce devrait être l’Asie. » Comme si le voyage était devenu un réflexe reptilien chez Baptiste de Morais.

Saudade, de Baptiste De Morais. Projection suivie d’un échange mardi 5 mai à 20 h au cinéma Caroussel. Deux documentaires sont à retrouver sur Youtube : @baptistedemorais