Le voisinage s’est organisé faute de protection suffisante. Une habitante a installé des caméras de surveillance, une autre a renoncé aux rideaux de son salon pour garder un œil permanent sur sa voiture. Les riverains ont également tenté d’alerter la famille du jeune homme, sans résultat.
« Le harcèlement ne se limite pas à notre domicile. En tant qu’indépendants, nous sommes poursuivis jusque sur notre lieu de travail. Le jeune homme vient narguer le personnel, menacer les clients et perturber notre activité commerciale », ajoute-t-elle.
Aujourd’hui, la coupe est pleine. « Nous sommes excédés par le manque de suivi judiciaire. Ce jeune homme sème la terreur en toute impunité. Quel message cela envoie à mes fils ? Que la justice ne sert à rien ? Nous travaillons tous les jours pour avoir nos biens et lui les dégrade sans être inquiété ? La police se déplace, comprend notre désarroi mais le jeune homme continue malgré tout ses méfaits », poursuit-elle.
« Le sentiment d’abandon est total »
« Nous ne sommes pas des victimes isolées. Le sentiment d’abandon est total au sein de la rue. Nous avons collecté neuf lettres anonymes de riverains excédés, qui témoignent également des agissements de l’ensemble de la cellule familiale, parents et grand-mère inclus, laquelle semble jouir d’une impunité totale », ajoute Justine.
À bout de nerfs, les riverains ont déposé plainte auprès de la zone de police de Flémalle le 30 avril dernier. Un procès-verbal a été transmis au parquet du procureur du Roi de Liège. Simultanément, une mise en demeure pour non-assistance a été adressée à la bourgmestre et au chef de corps. « Nous refusons qu’un nouveau drame survienne, comme celui qui a récemment secoué la commune de Stockay Saint-Georges (où un jeune homme a été abattu par balle, NdlR). L’impunité tue, et nous souhaitons que la lumière soit faite sur ce dossier avant qu’il ne soit trop tard. »
Le 30 avril dernier, la bourgmestre s’est, dans un courrier adressé aux riverains, retranchée derrière « la séparation des pouvoirs » pour justifier l’absence de mesures concrètes. « Les suites de vos plaintes dépendent du pouvoir judiciaire et non de l’autorité administrative de la commune. »
« Par ailleurs, les services de police de la zone de Flémalle ont réalisé de nombreuses actions tant préventives (inspecteur de quartier et médiatrice) que répressives (intervention, prises de plaintes et transmission des procès-verbaux). Nous ne vous rejoignons donc pas sur votre déclaration d’inertie des autorités locales », ajoute Sophie Thémont, qui n’a toutefois pas donné suite à nos sollicitations.