Lancée dans une véritable chasse aux dépôts clandestins depuis l’arrivée de l’échevin Anas Ben Abdelmoumen (PS) à la tête du service, la Ville de Bruxelles a dressé un top cinq « des communes non bruxelloises dont viennent principalement les auteurs de dépôts clandestins sanctionnés ».
Elles sont toutes de la proche périphérie : Grimbergen, Vilvorde, Machelen, Zaventem et Sint-Pieters-Leeuw. « Il ne s’agit pas d’une coïncidence », remarque l’échevin socialiste. « Ce sont toutes des communes de la périphérie disposant souvent de grands axes d’accès vers Bruxelles, où les auteurs de dépôts clandestins pensent pouvoir se débarrasser de leurs déchets sans être vus. »
Plus surprenant, des habitants d’Arlon et d’Ypres figurent eux aussi parmi les contrevenants sanctionnés. « Il s’agit vraisemblablement de navetteurs ou de personnes ayant de la famille ou des amis à Bruxelles et qui profitent de leur passage dans notre ville-capitale pour y déposer leurs déchets », note encore l’échevin.
« Maintenant que, par exemple, Vilvorde a augmenté le prix d’un rouleau de sacs de déchets résiduels à 22,50 euros, soit littéralement dix fois plus cher qu’un rouleau de sacs-poubelle bruxellois, je crains que cette problématique ne s’atténue pas. J’entends que nos communes voisines cherchent des moyens créatifs pour renflouer leur caisse communale, mais elles doivent se rendre compte qu’elles stimulent ainsi par la même occasion encore davantage le tourisme des déchets. Cette dernière action est non seulement antisociale à l’égard de leurs habitants mais constitue aussi un manque de respect à l’égard des Bruxelloises et des Bruxellois. Aucune concertation n’a été effectuée, la Région flamande n’est pas une île. »
La Ville de Bruxelles va d’ailleurs prendre plusieurs mesures. Primo, elle va étendre son réseau de caméras de surveillances (450 000 euros), a embauché deux agents de verbalisation supplémentaires et installe des blocs de béton devant les lieux de dépôts clandestins les plus courants. Une telle initiative menée sur l’avenue de Vilvorde l’été dernier avait porté ses fruits.
Enfin, la Ville de Bruxelles propose une collaboration accrue avec la région, étant donné que les grandes voiries régionales sont les plus touchées par le tourisme des déchets. « Nous sommes disposés à collaborer rapidement et à nous concerter avec la nouvelle secrétaire d’État chargée de la Propreté afin d’atteindre cet objectif. En outre, nous soutenons cette mesure du nouveau gouvernement de mettre en place des brigades propreté en collaboration avec les communes. »