Les (très) longs congés de nos politiques : 70 jours par an !

Ce moment de chute de tension institutionnelle, quelques jours à peine après les discours du 1er mai sur les congés payés, relance une question récurrente : à combien de repos ont droit les parlementaires belges ?

Un calendrier calqué sur l’école

Les congés politiques suivent le rythme scolaire — ce qui explique l’asynchronie entre élus du nord et du sud, amenés à ne pas se reposer en même temps. Cette désynchronisation, héritée de la réforme du calendrier scolaire, ne semble pas près de disparaître car la Flandre n’entend pas s’aligner sur le rythme francophone.

C’est donc la Chambre qui offre le plus de repos : 69 jours de congé sur l’année 2025-2026, auxquels s’ajoutent 10 jours fériés et 104 jours de week-end. La pause estivale court cette année du 20 juillet au 9 septembre, soit 7,5 semaines consécutives. Le parlement wallon compte 61 jours de congé (Toussaint, Noël, Carnaval, Pâques, été). Les députés flamands en ont moins (50), notamment parce qu’ils siègent le 22 juillet et reprennent le 1er septembre.

Globalement, les parlementaires disposent du double de congés par rapport au travailleur belge moyen, qui n’en a que 20 par an (quatre semaines par an).

guillement

« Cela ne contribue pas à restaurer la confiance du citoyen »

Un « travail » qui se poursuit à l’extérieur

Ces chiffres appellent toutefois quelques nuances. Beaucoup d’élus soulignent que leur activité déborde largement les murs des assemblées : conseils locaux, réunions de parti, universités d’été, mandats communaux, mondanités électorales et séances qui s’étirent régulièrement tard dans la nuit. La fonction ne compte pas les heures supplémentaires.

Jusqu’à 9 semaines consécutives de vacances: l’agenda confortable des parlementaires en été

Il n’empêche : d’un point de vue purement numérique, le calendrier parlementaire reste nettement plus confortable que la moyenne. « Cela ne contribue pas à restaurer la confiance du citoyen », confiait le politologue Carl Devos (UGent) au Vif.

On notera pour finir que les choses ont évolué ces dernières décennies. Jusqu’en 1969, la rentrée parlementaire n’avait lieu que le deuxième mardi de novembre, un héritage direct, rappelle le Crisp, des « habitudes de chasse de la grande bourgeoisie du XIXe siècle ». Dorénavant, il n’est pas rare de commencer en septembre.