Télétravail et fiscalité attirent les Bruxellois
Mais si les commerces jouent un rôle, il ne s’agit évidemment pas du seul facteur qui influence le marché immobilier. Car le marché brainois, lui aussi, se porte bien. L’origine des acheteurs est ainsi tout aussi déterminante. « Oui, il y a beaucoup de Bruxellois qui viennent s’installer à Waterloo et Braine-l’Alleud. Ce phénomène s’est surtout accéléré avec le Covid et l’installation du télétravail dans les entreprises », confirme-t-il.
Immobilier : ce qui fait encore courir les Bruxellois vers Waterloo et Rixensart
Cédric Demaerschalk, à la tête de l’agence ERA Cedimmo de Braine-l’Alleud ne dit pas autre chose. « Les Bruxellois continuent d’arriver en nombre, et même de plus en plus chaque année. Ce phénomène s’est encore accentué depuis la réforme des droits d’enregistrement, passés de 12,5 % à 3 % sous certaines conditions, assure-t-il. Au-delà de cet aspect, il y a aussi un argument très concret : beaucoup de clients nous disent qu’ils mettent parfois moins de temps pour rejoindre Braine-l’Alleud depuis Bruxelles que pour se déplacer à l’intérieur même de la capitale. Cela renforce évidemment l’attractivité de la région. »
Aussi, le raisonnement des acquéreurs est limpide. « Un Bruxellois qui vit dans une maison de façade avec un petit jardin se dit qu’il est mille fois mieux dans une jolie villa à Waterloo, avec un jardin, de l’espace pour les enfants, et sans subir les embouteillages quotidiennement », sourit Olivier Waterkyn.

On vient de partout pour profiter du dynamisme commercial de Waterloo, et des parkings gratuits. ©Jean Luc FLEMALDes marchés différents selon les quartiers
Mais qu’est-ce qui attire les Bruxellois à Waterloo et Braine-l’Alleud ? Impossible de trouver une seule réponse à cette question. Car malgré leur proximité, les deux communes présentent des profils immobiliers distincts. « À Braine-l’Alleud, on trouve des zones très résidentielles, notamment autour du golf ou à Lillois, avec de très belles villas quatre façades sur de grands terrains. Mais il y a aussi des zones plus villageoises, avec des biens plus accessibles, détaille le notaire. À Waterloo, on a des quartiers très huppés, comme le Faubourg avec l’avenue des Chasseurs ou l’avenue Bellevue, avec de très belles villas sur de grands terrains. Et puis, à côté, des quartiers plus populaires comme le Chenois, avec des maisons plus petites, sur des terrains plus modestes, mais avec un caractère encore très villageois. »
Du côté des prix, ceux-ci ne cessent d’augmenter, face à la hausse de la demande. « Malgré un contexte économique international incertain, le marché immobilier dans le Brabant wallon reste très dynamique. Les prix continuent globalement d’augmenter, confirme Cédric Demaerschalk. La seule réserve concerne les biens à rénover, surtout ceux affichant de mauvaises performances énergétiques. Les incertitudes liées au coût des matériaux et aux travaux peuvent freiner certains acheteurs. Mais dans l’ensemble, le marché reste attractif. »
« Waterloo, ce n’est pas que les quartiers aux villas quatre façades »Appartements en plein essor, luxe plus sélectif
Mais la demande (et l’offre) n’évolue pas de la même façon dans tous les segments. « Le très haut de gamme reste plus difficile à vendre. Une très grande villa sur un terrain de 30 ou 40 ares, que ce soit à Waterloo ou à Braine-l’Alleud, ce n’est pas impossible à vendre, mais c’est clairement moins facile, indique-t-il. À l’inverse, les appartements connaissent un véritable boom. Tout ce qui est appartement bien situé, à proximité des centres, prend énormément de valeur. On voit beaucoup de gens qui vendent leur maison, parfois à rénover, pour 600.000 ou 700.000 euros, et qui rachètent un appartement moderne au même prix, mais mieux localisé. »

Lillois-Witterzée est une section de la commune belge de Braine-l’Alleud. ©EDA