Lors de l’audience le 20 avril devant la chambre des faillites, un des avocats du groupe GH, Me Yves Brulard, avait expliqué que Revetas était « capable » d’injecter 150 millions d’euros en fonds propres et 350 millions sous forme de prêts. Il n’en avait pas dit plus sur les conditions proposées aux grandes banques belges par Revetas. D’après certaines rumeurs circulant dans le marché, il proposerait un haircut (réduction de valeur appliquée à un actif) de 40 %. Ce qui correspondrait à un montant d’environ 100 millions d’euros auxquels il faut ajouter les intérêts non payés.

Gérald Hibert obtient un sursis d’un moisMontant exigible

Comme l’avait indiqué l’administrateur provisoire Me Roman Aydogdu lors de la même audience, le « montant exigible aux banques » s’élève à 300 millions d’euros. On sait que les principales banques créancières sont BNP Paribas Fortis (qui est la plus exposée), ING (qui avait notamment accordé des crédits dans le cadre du rachat de la Galerie Louise), KBC et Belfius. Alors, vont-elles y perdre au moins 100 millions sur les 300 millions d’euros ? Nous avons interrogé BNP Paribas Fortis qui n’a pas souhaité commenter la rumeur sur les 40 % de haircut.

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Par ailleurs, il ne me paraît pas anormal que, dans le cadre d’une réorganisation, certaines banques belges – qui pratiquent des majorations de près de 20 % par an sur leur crédit depuis plusieurs années – voient leurs créances réduites. »

Nous avons aussi interrogé le groupe GH. Son conseil Nicolas Vanderstappen nous a envoyé la réaction suivante. « Mon client le Groupe Hibert n’entend pas communiquer par voie de presse sur les rumeurs de marché qui y sont véhiculées. Je regrette d’ailleurs cette situation, qui nuit aux opérations de réorganisation dans lesquelles le Groupe est investi à plein temps. Certains y ont sans doute intérêt. Par ailleurs, il ne me paraît pas anormal que, dans le cadre d’une réorganisation, certaines banques belges – qui pratiquent des majorations de près de 20 % par an sur leur crédit depuis plusieurs années – voient leurs créances réduites. Il y va de l’égalité des créanciers et particulièrement de la possibilité de rembourser équitablement les créanciers non privilégiés ».

Le promoteur immobilier Gérald Hibert peut-il encore échapper à la faillite ?Dilemme délicat

Lors de l’audience du 20 avril, les banques s’étaient montrées, par la voix de leur avocat Me Charles-Antoine Leunen, très sceptiques sur l’offre de Revetas. « Il n’y a rien de concret », avait souligné Me Leunen. Quant au document « non signé » par Revetas et envoyé en last minute le dimanche 19 avril à 18 heures, « il est rempli de contradictions ». Pour lui, « il n’y avait pas d’autre voie que la faillite ».

Revetas a-t-il, depuis, peaufiné son offre ou l’a-t-il rendue plus acceptable pour les banques ? De quoi les faire changer d’avis ? Impossible à savoir.

Les banques sont en tout cas confrontées à un dilemme délicat par lequel elles pourraient y perdre des plumes quel que soit leur choix. Soit elles acceptent l’offre de refinancement de Revetas (si elle se confirme) et doivent acter des provisions sur leurs crédits. Soit, elles refusent. Et les risques d’une faillite augmentent. Une faillite qui touchera 22 sociétés et qui pourrait prendre des années à être clôturée. Certains misent sur une échéance de près de dix ans.