Mercure, PFAS… voici les toxines présentes dans le poissonDes produits chimiques sont présents

Interrogé par le média français l’Équipe, Jean-François Gérard, directeur adjoint scientifique à l’Institut de chimie du centre national de la recherche scientifique, explique que ces gourdes souples, ressemblant à du caoutchouc, sont en fait fabriquées “à base de polyuréthane thermoplastique, également appelé TPU (…) Ce matériel a été inventé dans les années 1930 par le chimiste allemand Bayer”, précise-t-il.

Xavier Cousin, chercheur en physiologie de l’Institut national français de la recherche agronomique, alerte, quant à lui, sur la présence des produits chimiques. “Ce n’est pas forcément un gros mot. Tous les plastiques en contiennent. Il s’agit d’additifs dont le but est de donner de la souplesse aux produits, ou, au contraire, de la rigidité, mais aussi une couleur et une résistance anti-inflammable”, affirme-t-il auprès du quotidien sportif.

Pensions : La Belgique avait trouvé une solution pour affronter le vieillissement… Elle l’a abandonnée il y a 23 ansPourquoi le goût de plastique ?

La composition de ces flasques et la présence de produits chimiques pourraient donc expliquer l’odeur et le goût de plastique. Une sensation que l’on retrouverait également “avec les moules en silicone pour faire des gâteaux”, détaille Jean-François Gérard.

Avec les différentes inquiétudes autour des microplastiques présents dans notre environnement, Xavier Cousine rassure toutefois sur la sensation d’ingurgiter du plastique à chaque gorgée. “Dans le cas d’une flasque souple en plastique, des microplastiques sont probablement présents au cours de sa fabrication, mais ils sont évacués au cours des premiers usages”, avance-t-il.

Les deux spécialistes soulignent que ces différentes gourdes répondraient aux normes alimentaires, sans bisphénol A, composé chimique industriel, reconnu comme un perturbateur endocrinien, qui favorise également certains cancers. “On utilise le TPU pour des usages médicaux, précise Jean-François Gérard. C’est le matériau des tuyaux qui servent pour les cathéters, pour faire passer le sang ou les fluides biologiques”, ajoute Jean-François Gérard à l’Équipe.

“L’un des facteurs de risques est l’usure ou le frottement”

Les deux experts français affirment que les flasques ne posent pas de problème et le goût de plastique n’est donc pas toxique. Xavier Cousin nuance toutefois : selon lui, il est possible que des microplastiques s’infiltrent “lorsque vous remplissez votre flasque, aussi bien avec de l’eau en bouteille qu’avec des poudres énergétiques”.

“L’autre facteur de risque, c’est l’usure ou le frottement. Si on l’utilise de façon extrêmement répétée, qu’on la tord pour avoir la dernière goutte, on peut fragiliser le plastique et absorber des microplastiques”, prévient le chercheur.

Il recommande donc d’utiliser la gourde avec précaution. “Plus l’eau va être chaude, plus le transfert va être important. C’est un peu la même problématique lorsque l’on met un tupperware en plastique au micro-ondes, pour schématiser. Il n’y a donc pas de risque zéro pour la santé. La température maximale de liquide autorisée est d’ailleurs de 40 °C”, explique Xavier Cousin.

Il conseille également d’opter pour une flasque de qualité, même s’il faut y mettre le prix. L’expert rappelle que les risques d’inhaler des microplastiques sont la provocation de maladies respiratoires comme l’asthme, ou des problèmes sur la santé digestive et métabolique. Pour l’éviter, il rappelle l’importance de bien les nettoyer après chaque usage, sans oublier le bouchon.