Toutefois, selon France Inter, cette décision suscite de vives inquiétudes en interne : le personnel de la compagnie française estime que la sécurité aérienne n’est pas assurée dans cet espace aérien. Ces derniers « craignent qu’un missile frappe un appareil à cause de la situation sur place ». Selon Libération, la commission sécurité, santé et conditions de travail (CSSCT) des pilotes, hôtesses et stewards d’Air France a également émis un avis de « danger grave et imminent ».
guillement
« La présence d’acteurs non étatiques violents engendre également un risque de ciblage intentionnel de l’aviation ou des infrastructures liées à l’aviation. »
Un espace aérien instable ?
Selon l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA), l’espace aérien libyen est techniquement ouvert mais demeure à risque. « En raison de la présence de deux gouvernements rivaux et d’acteurs non étatiques violents, la situation demeure instable, avec un risque d’opérations militaires et sécuritaires imprévisibles. Il en résulte un risque élevé pour l’aviation civile à toutes les altitudes ». L’Agence affirme également que le principal risque est celui d’une « identification erronée lors de vols survolant des territoires sous l’autorité de gouvernements concurrents ». Depuis la chute du président Kadhafi en 2011, la Libye reste en effet profondément divisée et instable.
Enfin, l’agence avertit : « La présence d’acteurs non étatiques violents engendre également un risque de ciblage intentionnel de l’aviation ou des infrastructures liées à l’aviation ».
La Direction générale de l’aviation civile française a donné son accord
Selon plusieurs médias, Air France insiste toutefois sur le fait que la Direction générale de l’aviation civile française a désormais autorisé le survol de la Libye, à condition d’emprunter un couloir aérien très précis. La compagnie précise également que de nombreuses autres compagnies, comme Qatar Airways, Emirates, EgyptAir ou encore Turkish Airlines, traversent déjà cette zone chaque jour.
Cette décision est toutefois loin de faire l’unanimité parmi les pilotes. D’après Libération, certains invoquent désormais leur droit de retrait. Un droit qui permet au personnel navigant de refuser d’assurer un vol s’il estime être confronté à un danger grave et imminent pour sa santé ou sa vie, comme le rappelle le cabinet d’avocats Herald. Des stewards d’Air France affectés à des vols vers Israël avaient d’ailleurs déjà fait usage de ce droit. « Certains pilotes, s’ils choisissent néanmoins d’assurer leur vol, décident de modifier leur route et d’embarquer plus de carburant compte tenu du détour qu’ils vont effectuer », explique Libération.