Par

Maxence Dourlen

Publié le

6 mai 2026 à 7h32

Le retour des beaux jours marque aussi celui d’une vigilance sanitaire accrue. Depuis ce 1er mai, la surveillance renforcée du moustique tigre est officiellement relancée en Occitanie. La région est particulièrement exposée à ce phénomène en constante progression.

Porté par l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie, ce dispositif s’étend jusqu’au 30 novembre. Il vise à limiter les risques de transmission locale de maladies comme la dengue, le chikungunya ou encore le Zika, dont le moustique tigre est l’un des principaux vecteurs.

Une année 2025 hors norme en Occitanie

Le renforcement de cette surveillance intervient dans un contexte inédit. L’année 2025 a marqué un tournant, avec une progression sans précédent des cas en Occitanie comme à l’échelle nationale.

Selon l’ARS, la région a enregistré 89 cas autochtones de chikungunya – contre aucun en 2024 – ainsi que 6 cas de dengue contractés localement.

Parallèlement, les cas importés restent nombreux, notamment en lien avec les épidémies en cours dans certaines zones du globe. En 2025, 113 cas importés de chikungunya et 117 cas de dengue ont été recensés en Occitanie.

« L’objectif de la surveillance est d’éviter et de maîtriser la mise en place d’un cycle de transmission « autochtone ». »

ARS Occitanie
Un risque lié aux voyages… mais pas seulement

Si les virus circulent principalement dans des zones tropicales, la menace se rapproche. En ce début d’année 2026, plusieurs territoires français sont déjà concernés par des circulations actives, notamment à Mayotte ou en Guyane.

Dans ce contexte, les voyageurs jouent un rôle clé. Une personne infectée à l’étranger peut, à son retour, être piquée par un moustique tigre local, qui devient alors vecteur du virus. C’est précisément ce mécanisme que les autorités sanitaires cherchent à éviter.

« Les cas signalés sont des cas importés […] L’objectif est d’éviter […] des cas de personnes n’ayant pas voyagé », souligne l’ARS.

Des professionnels de santé en première ligne

Le dispositif repose sur une chaîne de vigilance bien rodée. Les médecins et laboratoires sont invités à signaler immédiatement tout cas suspect ou confirmé.

Chaque alerte déclenche une double enquête, à la fois épidémiologique et entomologique, afin d’identifier d’éventuels foyers et d’intervenir rapidement.

Des opérations ciblées de démoustication peuvent alors être mises en œuvre autour des lieux fréquentés par les personnes malades, pour limiter toute propagation.

Une démoustication va être menée dans les rues de Roques dans la nuit de mercredi à jeudi après la découverte d'un cas autochtone de dengue
Des opérations de démoustication ciblées peuvent être déclenchées autour des cas détectés. (©Altopictus)Un moustique installé dans le quotidien

En Occitanie, le moustique tigre n’est plus un phénomène marginal. Adapté aux environnements urbains et périurbains, il s’installe durablement au plus près des habitations.

Sa particularité : il se déplace peu, généralement dans un rayon d’environ 150 mètres. Autrement dit, sa présence dans un jardin ou sur une terrasse signifie souvent qu’il y est né.

Il prolifère dans de petites quantités d’eau stagnante, souvent liées à l’activité humaine : soucoupes de pots, gouttières, objets abandonnés. « Sans eau stagnante, pas d’éclosion… et donc pas de moustiques », insiste l’ARS.

Moustique tigre : quels chiffres en Occitanie, département par département ?

La saison 2025 a confirmé l’ancrage du moustique tigre dans l’ensemble de l’Occitanie, avec des cas recensés dans de nombreux départements. Si les données détaillées varient selon les indicateurs (cas importés, autochtones, interventions), plusieurs tendances fortes se dégagent.

Dans la région, 89 cas autochtones de chikungunya ont été identifiés, répartis en 14 foyers, ainsi que 6 cas autochtones de dengue dans 5 foyers.

Les données de surveillance montrent également une forte mobilisation des équipes de lutte antivectorielle, avec de nombreuses interventions déclenchées autour des cas signalés dans les départements suivants :
• Hérault : département le plus touché, avec plusieurs foyers et une activité importante de démoustication ;
• Haute-Garonne : présence de cas autochtones et interventions ciblées ;
• Tarn-et-Garonne : foyers identifiés et opérations de terrain ;
• Gard : circulation du moustique et surveillance active ;
• Pyrénées-Orientales : vigilance renforcée en lien avec les flux touristiques ;
• Aude : présence du moustique tigre et cas surveillés ;
• Ariège, Lot, Aveyron, Lozère, Gers, Tarn : départements également concernés par la présence du moustique et des signalements.

En parallèle, 9 cas humains autochtones de virus West Nile ont été recensés en Occitanie en 2025, répartis entre l’Hérault (5 cas), le Tarn-et-Garonne (3 cas) et la Haute-Garonne (1 cas).

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