Dominateur dans les duels

Arrivé à l’Union durant l’été 2022, Ross Sykes est aujourd’hui un élément central de la meilleure défense du pays, qui n’a encaissé que 21 buts en 36 rencontres (soit une moyenne de 0,58 but encaissé par match), quand le Club Bruges en a concédé plus du double, avec 43 buts encaissés en autant de matchs. Solide dans les airs, où il remporte 71 % de ses duels, Sykes se montre encore plus dominateur lorsque ces duels ont lieu dans le rectangle unioniste. En interne, on décrit Ross Sykes comme un énorme bosseur, jamais à 100 %, mais toujours à 200 %, avec une volonté constante de se donner à fond.

guillement

Certains n’estiment pas mes qualités techniques, mais cela ne m’empêche pas de dormir.

Pourtant, l’Anglais doit aussi composer avec des critiques liées à un jeu loin d’être esthétique. Sa relance, par exemple, est souvent jugée aléatoire, ce qui pourrait le pousser à rester à gauche dimanche, en laissant la place centrale de la défense à Fedde Leysen, qui aurait alors davantage de responsabilités à la relance. Ce grand supporter de Newcastle, qu’il a affronté en octobre avant d’échanger son maillot avec celui de Dan Burn, n’a aucun problème à envoyer un ballon au-dessus de la tribune ou de l’autre côté du terrain, avec une idée simple : bien défendre avant tout. « Je sais que certaines personnes n’estiment pas beaucoup mes qualités techniques, expliquait-il dans une interview accordée à nos confrères du Het Nieuwsblad. Mais cela ne m’empêche pas de dormir… Personnellement, je pense avoir progressé avec le ballon grâce à un gros travail, notamment à l’entraînement sur les passes. »

Buteur souvent décisif

Si Ross Sykes est loin d’être le meilleur relanceur de Pro League, il possède d’autres qualités offensives lorsqu’il se projette dans le camp adverse. L’Unioniste est en effet le deuxième meilleur buteur parmi les défenseurs centraux de Belgique avec quatre buts, derrière le Brugeois Brandon Mechele (cinq buts). Presque toujours recherché sur corner, Sykes possède ce sens du timing et du placement qui lui permet d’inscrire des buts souvent décisifs pour son équipe.

Ce fut le cas avec le but de la victoire face à l’Antwerp en février dernier, mais aussi avec l’unique but inscrit contre Malines il y a un mois. C’est également lui qui avait marqué le but du break lors de la dernière journée de phase classique face à Saint-Trond, ainsi que lors de la demi-finale retour de Coupe de Belgique contre Charleroi. « Nous travaillons énormément les phases arrêtées à l’entraînement et en séance vidéo, explique Ross Sykes. Je n’ai pas vraiment de secret, mais j’arrive toujours à m’échapper du marquage adverse. Six buts toutes compétitions confondues, ce n’est pas mal pour un défenseur… »

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Ross est un joueur qui connaît ses qualités et ses manquements.

Sur ces six buts, quatre ont été inscrits de la tête par cet homme de 2m, qui avait pourtant été écarté de l’académie de Burnley à 12 ans… à cause de sa petite taille. Depuis, fidèle à son image de gros travailleur, Sykes n’a jamais cessé de perfectionner son jeu de tête après les entraînements, avec un exercice très simple : lancer des ballons en l’air et les reprendre de la tête. « Il connaît ses qualités et ses manquements, expliquait récemment son coach, David Hubert. Il est toujours dangereux sur les phases arrêtées, c’est une arme difficile à contrer. C’est bien que ses qualités soient mises en avant. »

Sous contrat jusqu’en 2027, le joueur, arrivé contre la somme de 280 000 euros, est aujourd’hui valorisé à 3 millions d’euros. Chaque été, Ross Sykes s’est posé la question d’un départ, mais le directeur sportif Chris O’Loughlin a toujours réussi à le convaincre de rester. Et cette fois-ci ? Le joueur ne veut pas encore y penser. Il a des objectifs à atteindre, en Coupe comme en championnat, à commencer par cette rencontre face à Malines, où il sera, pour la première fois de la saison, le véritable patron de la défense de l’Union…