Procès Falzone : De la « mise en scène » entre Maurage et Strepy-Bracquegnies à l’interpellation des deux hommes, les vidéos font froid dans le dosConduite à très haut risque

Les images analysées dressent le portrait d’une conduite à très haut risque, souvent mise en scène. Sur une première vidéo, il se filme à 239 km/h sur autoroute, en mode sport individuel, sous le titre évocateur : « Y a pas photo ça mère ». Sur une autre séquence, il roule à 210 km/h sur une route pourtant limitée à 90 km/h. Une troisième le montre à 260 km/h, toujours sur autoroute, mais cette fois en mode confort. « C’est toujours filmé de la main droite, avec le volant tenu de la main gauche », relèvent les policiers, qui pointent une mise en scène récurrente.

Le danger ne se limite pas à l’autoroute. Dans une autre vidéo tournée vers 18h30, en agglomération, il atteint 145 km/h, alors que la visibilité diminue. Les enquêteurs soulignent également qu’il roule à vive allure sur chaussée humide, souvent avec de la musique rap diffusée à plein volume. « Les paroles des chansons sont peut-être liées à son mode de conduite », avance un policier. On entend beaucoup de gros mots …

Certaines images interpellent davantage encore : on y voit parfois le conducteur avec une canette d’alcool à la main, voire en train de fumer un joint au volant.

Procès Falzone : L’état de la voiture après l’accident témoigne de la violence du choc, un policier n’a jamais vu autant de dégâts sur une voitureTémoignages

Les enquêteurs ont également recueilli des témoignages de proches et analysé ses publications sur les réseaux sociaux. Pour ses compagnes, la voiture représente un véritable marqueur social. « C’est un moyen pour lui de se sentir au-dessus des autres, plus fort, plus puissant », résume un policier. Un sujet qui le rend particulièrement loquace.

Son comportement au volant a d’ailleurs surpris plusieurs passagères, notamment ses accélérations brusques accompagnées de petits cris. Sur les réseaux, il n’hésite pas à exhiber son véhicule dans des groupes dédiés à la marque allemande, multipliant les messages provocateurs du type « Bouge du chemin, j’arrive » ou « Pousse-toi de mon chemin », accompagnés d’emojis explosifs. Il partage aussi des images de manœuvres dangereuses, évoquant même son envie de conduire un modèle de 700 chevaux.

Dans son quartier à Maurage, plusieurs voisins se sont plaints de sa conduite. L’un d’eux évoque des passages nocturnes à vive allure qui réveillaient les enfants. Son propre père l’aurait mis en garde : « Arrête de rouler comme ça. Un jour, tu vas tuer quelqu’un ».

Une seule condamnation

Enfin, les policiers ont passé en revue ses antécédents routiers. Déjà adolescent, il circulait à vive allure sur un cyclomoteur trafiqué. Par la suite, les infractions s’accumulent : excès de vitesse, conduite en état d’ivresse, non-port de la ceinture, franchissement de lignes blanches ou encore utilisation de bandes réservées aux bus.

Malgré cela, Paolo Falzone n’a été condamné qu’une seule fois par le tribunal de police, avec un retrait de permis de trois mois. Une sanction qu’il avait vivement critiquée sur les réseaux sociaux, traitant les policiers de chiens. Selon les enquêteurs, loin de le freiner, ces mesures auraient plutôt renforcé son comportement.

Le 20 mars 2022, à 5h05, il fauchait un cortège de gens, sortis pour faire la fête après une longue période de privation en raison du Covid…