Bugatti, une marque de rêve réservée à quelques centaines de privilégiés

Confronté à des conditions de marché complexes, le constructeur de Stuttgart avait, pour sa part, annoncé en mars dernier vouloir se « concentrer davantage sur son cœur de métier ».

Mate Rimac, CEO de RimacMate Rimac, CEO de RimacMate Rimac est l’actionnaire majoritaire de Bugatti. ©Jean Luc Flemal

C’est aujourd’hui chose faite. « Maintenant, avec la vente de nos parts, nous montrons l’intention de recentrer Porsche sur son cœur de métier », a expliqué le directeur général de Porsche AG, Michael Leiters.

C’est la fin d’une belle aventure née le 5 mai 1998, lorsque le groupe Volkswagen a obtenu les droits du constructeur Bugatti, alors moribond. Installé en Italie, Bugatti ne produisait plus le moindre véhicule depuis 1995.

Un modèle « Sur Mesure » et donc unique

Certes, Ferdinand K. Piëch, le CEO de Volkswagen, avait d’abord pensé aux marques Bentley, acquise en 1998, et Rolls-Royce, revendue à BMW, pour accueillir son idée d’un moteur à 18 cylindres.

C’est finalement sur Bugatti qu’il jette son dévolu pour mettre en œuvre ce concept qui a « posé les bases du groupe motopropulseur qui allait plus tard évoluer vers le légendaire moteur W16 de Bugatti », rappelle le site du constructeur, qui a retrouvé son usine historique de Molsheim, en Alsace, dès son rachat par VW.

Le rapprochement entre Porsche et Rimac a, lui, commencé dès 2018, lorsque la marque allemande avait commencé à acquérir des actions du constructeur croate. En 2021, Rimac et Porsche créaient une joint-venture. « Elle nous permet d’allier la grande expertise de Bugatti dans le domaine des hypervoitures à la force d’innovation de Rimac dans le secteur d’avenir de l’électromobilité », avait alors assuré Oliver Blume, président de Porsche AG.

Quand une Lucid bat une Bugatti à la course

Bugatti, en tout cas, ne s’est jamais aussi bien porté. « 2025 fut une année exceptionnelle, la marque établissant un record historique de production », annonçait-elle en janvier.

2025, c’était aussi l’année du 20e anniversaire de la Veyron, qui avait donné « naissance à un segment automobile entièrement nouveau : l’hypersportive ». C’est devenu la marque de fabrique de Bugatti.

BugattiBugattiBugatti propose également des exemplaires uniques, comme la Fly Bug (libellule) ©Bugatti

La Tourbillon, la dernière née, c’est une vitesse maximum de 445 km/h (il faut à peine deux secondes pour atteindre les 100 km/h et moins de 5 secondes pour les 200 km/h). Quelque 250 exemplaires seront produits d’ici à 2029. Ils ont tous été achetés, malgré un prix de départ de 3,8 millions d’euros hors TVA et sans compter l’indispensable personnalisation du modèle livré.

Bugatti propose même le programme Sur Mesure, qui permet à un client extrêmement fortuné de passer commande d’un modèle unique qu’il contribue à façonner. Le constructeur vient justement de dévoiler la Bugatti W16 Mistral Fly Bug, dont la « couleur unique oscille entre le bleu et le turquoise selon la lumière et l’angle de vue, rappelant l’éclat changeant des ailes de la libellule ». Là, on n’est plus vraiment à 3,8 millions d’euros hors taxe…