La vente d’entreprises, au coeur des discussions
En juillet 2025, le Wall Street Journal avait déjà évoqué une possible cession de la marque Marc Jacobs pour un montant proche d’un milliard de dollars. Plusieurs acheteurs potentiels avaient alors été évoqués, dont le groupe Authentic, propriétaire de Reebok ou encore WHP Global, qui détient notamment la marque Vera Wang.
La famille Arnault détient désormais plus de 50% du capital LVMH
Ces dernières années, le groupe LVMH a déjà procédé à plusieurs cessions. Il s’était notamment séparé de la marque Off-White en 2024, au profit d’une société américaine. Les conditions, les raisons et le montant n’avaient alors pas été rendus publics, mais plusieurs médias spécialisés estimaient que cette vente était liée au déclin du streetwear et aux difficultés plus larges du secteur. LVMH avait également cédé sa participation de 49% dans le capital de Stella McCartney.
« Ces cessions d’actifs marquent une rupture avec la tradition pour Arnault, qui a bâti LVMH, l’une des plus grandes entreprises d’Europe, grâce à des acquisitions », note le Financial Times. Selon le quotidien, d’autres ventes d’actifs seraient à l’étude, notamment dans les secteurs du retail de voyage et des cosmétiques. L’objectif serait de recentrer davantage le portefeuille sur des marques haut de gamme comme Dior Beauty ou Guerlain.
LVMH, en grande difficulté
Ces potentielles ventes interviennent dans un contexte bien particulier pour l’empire du luxe. Depuis plusieurs années, le bénéfice du groupe LVMH, propriétaire notamment de Louis Vuitton, Dior, Celine ou encore Moët & Chandon a en effet vu son bénéfice reculer de 13% en 2025. Le chiffre d’affaires a également reculé de 5%, sous l’effet du contexte géopolitique compliqué des années précédentes et de la hausse des droits de douane américains sous l’administration Trump. Les ventes de vins et spiritueux ont notamment été particulièrement sous pression.
Depuis la pandémie, le secteur du luxe peine à retrouver son dynamisme, en particulier en Europe et en Asie. La baisse du pouvoir d’achat, notamment, a entrainé un inversement des tendances. Depuis 2020, le groupe Kering (Gucci, Balenciaga, Yves Saint Laurent,…) a ainsi perdu plus de 57 % à la Bourse de Paris et le groupe LVMH près de 25 % sur la même période.
« Le marché estime que la guerre est finie » : le luxe français, seul pénalisé ce mercredi ?
Par ailleurs, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le secteur du luxe est confronté à de nouvelles tensions. Les grandes maisons ont enregistré, en mars, des baisses de ventes significatives, notamment à Dubaï. Au Mall of the Emirates, l’un des plus grands centres commerciaux de la ville, certaines enseignes de luxe ont vu leurs ventes chuter de 30 à 50 %, selon des données rapportées par Reuters en avril.