Les chercheurs ont recruté 181 participants et participantes à travers le Québec présentant une douleur au dos de modérée à forte. Durant une semaine, ils ont consigné dans un journal électronique leurs niveaux de stress et de douleur trois fois par jour et ce à quoi ils attribuaient leur stress. Fait à noter, la subvention a été obtenue au début de la pandémie, laquelle offrait des conditions toutes particulières pour étudier le stress.
Premier constat: la douleur varie grandement. «Les niveaux de stress et de douleur fluctuaient d’une personne à l’autre, mais également à travers le temps pour chacune», affirme Karen Ghoussoub. Si les personnes davantage stressées étaient plus susceptibles de ressentir de la douleur, toute variation au-delà de leur propre seuil de stress apportait davantage d’inconfort.
Des pistes pour la suite
Deux des quatre caractéristiques du modèle CINÉ étaient associées à la douleur, et c’est particulièrement le manque de contrôle qui avait le plus grand effet. À l’inverse – et contre toute attente –, la nouveauté était liée à de plus bas niveaux de douleur. «Exposer les individus à des expériences nouvelles, non menaçantes pourrait être une piste d’intervention intéressante, suggère l’étudiante, qui fait d’ailleurs son doctorat sur le même thème. Nos résultats montrent la complexité du lien entre douleur et stress», croit-elle.
Ce projet de recherche comprenait par ailleurs deux autres volets. Des échantillons de salive d’un sous-groupe de participants et participantes ont été prélevés pour analyser si la sécrétion de cortisol était liée à la douleur. Des entrevues en sous-groupes ont aussi été menées pour décrire leur expérience.
Ces données aideront à nourrir les pratiques d’intervention, qui pourront être davantage ciblées. Parce que la douleur reste encore aujourd’hui mal comprise par la science. «La douleur touche une personne sur cinq, mais la recherche sur le sujet est sous-financée. On n’en meurt pas, mais ça cause beaucoup de souffrance», rappelle Gabrielle Pagé.