Un cadavre est retrouvé à demi enterré dans un champ, les fesses sorties du sol avec une roue de vélo enfoncée dedans. C’est avec cette image saisissante que débute la première série télé originale signée Robin Aubert, Bienvenue à Kingston-Falls, un thriller policier délicieusement absurde qui débarque jeudi sur ICI TOU.TV EXTRA.
La minisérie de six épisodes de 60 minutes a été scénarisée, réalisée et écrite par Robin Aubert, qui s’est inspiré d’éléments de sa propre vie pour en imaginer l’univers.
Kingston-Falls est d’ailleurs une ville fictive calquée sur Kingsey Falls, véritable village du Centre-du-Québec où le réalisateur a passé une partie de son enfance, et plusieurs des personnages sont inspirés de membres de son entourage ou de personnes croisées au fil de sa vie.
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La scène sordide à l’origine de l’enquête au cœur de « Bienvenue à Kingston-Falls » : un corps, des fesses et un vélo.
Photo : Radio-Canada
Un « qui-l’a-fait » rural et décalé
Bienvenue à Kingston-Falls met en scène Maxime Le Flaguais dans le rôle de l’enquêteur Gabriel Serpent, qui s’apprête à prendre des vacances bien méritées lorsqu’il est appelé sur la sordide scène de crime présentée en ouverture de la série.
Alors que le poste de police du petit village est menacé de fermeture, cette enquête est un peu celle de la dernière chance pour l’agent Serpent et sa petite équipe, plutôt habitués à traiter des affaires anodines comme des vols de cochons ou la disparition du cacatoès d’une résidente.
La série met aussi en scène Marc Messier dans le rôle de Pop, le père un peu ivrogne de Gabriel Serpent, Micheline Bernard dans celui de la médecin légiste Guylaine, alias Guylou, Linda Malo dans celui de la capitaine Ginette Gariépy, et Marie-Ève Milot dans celui de Cynthia Quinn, une enquêtrice aux méthodes abruptes et au caractère de cochon.
Avec ses indices disséminés ici et là, Bienvenue à Kingston-Falls convie le public à une véritable enquête policière, dont il tire les fils en même temps que les personnages à l’écran.
Si Robin Aubert décrit Bienvenue à Kingston-Falls comme Agatha Christie qui rencontre Les Voisins, la série évoque aussi l’œuvre des frères Coen, notamment le film Fargo (1996) et la série de Noah Hawley qui en est inspirée, où l’atrocité des crimes flirte avec leur caractère farfelu.
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Pop, le père de l’enquêteur Serpent, incarné par Marc Messier
Photo : Encore Télévision et Lynx Films
Je n’ai pas vu la série Fargo, mais il y a des séries comme Twin Peaks ou The Kingdom, de Lars Von Trier, qui m’ont extrêmement marqué et qui m’ont influencé comme cinéaste, même si c’était des séries télé. Ça m’a plus rentré dedans que bien des films, a-t-il expliqué.
La série offre également plusieurs moments comiques, portés par la galerie de personnages qui gravitent autour de l’enquêteur Serpent. J’avais besoin de rire, je trouve qu’on manque de légèreté à la télé et dans la vie en général, a ajouté le réalisateur.
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L’agent Romain Rioux (Martin Héroux), l’enquêteur Gabriel Serpent (Maxime Le Flaguais) et l’agent René Lewis (Luis Bertrand) du poste de police de Kingston-Falls.
Photo : Radio-Canada / Marlène Gélineau Payette
Il fallait que je fasse mes devoirs
Robin Aubert a déjà réalisé six longs métrages en carrière, dont Saint-Martyr-des-Damnés (2005), À l’origine d’un cri (2010) et Les affamés (2017). Pourquoi avoir attendu plus de 25 ans avant de tenter sa chance au petit écran?
Ça fait plus que 15-20 ans que je voulais faire une série policière, mais il fallait que je fasse mes devoirs, a-t-il expliqué lors d’une table ronde, mercredi, après le visionnement de presse des deux premiers épisodes de sa série, à la Maison de Radio-Canada.
Dans les dernières années, le cinéaste a notamment réalisé plusieurs épisodes pour des émissions d’histoires de crimes réels (true crime) basées sur des reconstitutions d’événements, comme Homicides à Canal D ou encore The Detectives sur les ondes de CBC. Il a aussi lu une tonne de romans policiers et rencontré plusieurs agents de la paix.
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L’acteur et réalisateur Robin Aubert
Photo : Radio-Canada / Karine Dufour
Bienvenue à Kingston-Falls aurait pu être son septième long métrage, mais le réalisateur affirme que le format de la série lui a permis d’avoir les coudées franches et d’approfondir les personnages, ce qui n’est pas toujours évident au grand écran.
C’est bien beau de suivre une enquête, mais tu veux aussi t’attacher aux personnages. Je trouve que c’était une belle occasion de créer des personnages attachants, intéressants, inspirants et colorés, a-t-il expliqué.
Le fait que la série soit aussi particulière, c’est aussi parce qu’on m’a offert une carte blanche […] Je n’ai jamais eu cette même liberté-là au cinéma.
Bienvenue à Kingston-Falls, avec ses couleurs, ses défauts et ses qualités, c’est peut-être la chose la plus personnelle que j’aie faite.