l’essentiel
Touchée par un cancer, le lymphome de Hodgkin, à l’été 2025, Angèle a créé son association pour soutenir ceux qui, comme elle, sont confrontés à la maladie. Elle raconte une vie qui a basculé du jour au lendemain et qui se reconstruit au fur et à mesure.

On se rend compte de la valeur de la vie. » À 20 ans, Angèle n’imaginait pas que l’été 2025 marquerait un tournant aussi brutal dans sa vie. Le 31 juillet, le diagnostic tombe : un lymphome de Hodgkin. Une épreuve qui la conduite à créer, pendant les premiers traitements, l’association Lueur d’Angèle à la fin du mois de septembre. L’objectif est clair : améliorer le quotidien des patients, notamment à l’hôpital Arnaud-de-Villeneuve, où elle a été prise en charge. Financés par la vente de bougies, des dons de particuliers, de commerçants, mais aussi par des initiatives locales comme la fête des Cornards, dont une soirée a permis de récolter des bénéfices, les fonds servent à financer des animations, des massages, des soins de bien-être du corps avec des esthéticiennes spécialisées ou encore la présence d’un coach sportif pour les patients.  » C’est quelque chose qui nous fait du bien et qui nous permet de rester motivés pour continuer de se battre « , raconte Angèle. Un premier don est prévu en mai 2026.

« On se retrouve seul »

« J’avais des douleurs aux poumons, au cœur, au bras gauche, j’avais du mal à respirer », se souvient la jeune femme originaire de Saint-Rome-de-Tarn. Après une série d’examens, la biopsie permet de mettre le doigt sur la maladie. Angèle enchaîne ensuite deux cures de chimiothérapie, alitée chez elle pendant plusieurs semaines. « C’est là que me vient l’idée de créer une association pour aider les personnes qui sont dans mon cas, pendant et aussi après le cancer. » Car pour elle, qui a bénéficié d’une troisième cure de chimiothérapie en fin d’année pour éviter une potentielle rechute, le plus difficile ne s’arrête pas aux traitements. « Après, on doit se remettre dans la vie active, nos visions de la vie ont changé et on se retrouve seul », déplore l’Aveyronnaise. « Parler de ça avec les gens concernés, c’est un soutien et ça redonne de l’espoir. » À l’avenir, Angèle souhaite organiser des séjours où les personnes en capacité de se déplacer puissent venir discuter de leur parcours et échanger.

« J’aime prendre soin des gens »

Aujourd’hui, la jeune femme organise sa vie autour de sa santé. Prothésiste ongulaire à Saint-Rome-de-Tarn en micro-entreprise pour pouvoir gérer les rendez-vous médicaux et les périodes de fatigue, elle aspire à devenir sapeur-pompier. « Je me remets en forme progressivement. J’en ai encore plus envie depuis ma maladie, parce que je me suis rendu compte que j’aime prendre soin des gens. » Sa vision de la vie a changé : « Rien ne garantit qu’on sera encore là demain. On prend de la maturité, ça ne fait pas de mal », sourit-elle. Et quand on lui pose la question de ce qu’on peut lui souhaiter pour la suite, elle répond sans détour : « De la réussite. Une guérison totale d’ici quelques années. Et surtout, de continuer à être heureuse, ça sera déjà bien. »

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