Mais cette sortie de secours laisse penser que Didier Reynders, inculpé pour blanchiment, pourrait lui aussi bénéficier d’une telle transaction à l’amiable malgré la gravité des faits qui lui sont reprochés. Plus de 800 000 euros versés en liquide sur plus de quinze ans. À cela s’ajoutent des flux e-Lotto dépassant les 200 000 euros de revenus. Au total, plus d’un million d’euros dont l’origine demeure, à ce stade, inexpliquée. Une mécanique financière, presque une routine, qui choque profondément. Le fait qu’elle soit pratiquée par un ministre des Finances et vice-Premier rend l’affaire d’autant plus explosive.

Affaire Reynders : la banque ING paie une transaction pénale à 1,6 million

Jamais Didier Reynders ne pourra effacer cette affaire sans s’expliquer. Un tel faisceau d’éléments appelle un procès. Pas une discrète transaction pénale qui ne nécessite aucune reconnaissance de culpabilité. L’élargissement de l’usage de ce mécanisme juridique aux affaires financières, soutenu par Didier Reynders en personne en 2011, visait à désengorger les tribunaux, accélérer les procédures, récupérer rapidement des montants. Fort bien, mais l’affaire Reynders touche au sommet de l’État, aux plus hautes responsabilités. Elle questionne aussi la capacité des institutions à traiter, sans trembler, les dérives potentielles de ceux qui les ont dirigées.

« Cette transaction pénale resserre l’étau autour de Didier Reynders »

Ce qui serait juridiquement justifiable, serait moralement indéfendable. Le risque est celui d’une justice à deux vitesses : rapide, discrète et transactionnelle pour les élites ; longue, exposée et implacable pour les autres. Didier Reynders a déjà payé un prix élevé : une réputation détruite, une carrière stoppée net, une disparition totale de la scène publique. Mais cela ne remplace pas la vérité judiciaire. Au-delà de toute sanction, les Belges sont en droit d’avoir une explication claire sur l’origine de ces montants.

Voilà pourquoi l’affaire Reynders fait office de test. Pour la justice d’abord, pour la politique ensuite. Sans procès, ils seraient tous les deux perdants…

L’encombrant Didier Reynders traumatise toujours le MR