Le réalisateur d’Avatar a suivi la pop star de 24 ans durant ses quatre concerts à Manchester en juillet dernier, lors de sa tournée mondiale Hit Me Hard and Soft: The Tour.

L’alliance entre Billie Eilish et James Cameron a accouché d’un film concert en 3D qui brosse un portrait intime d’une star de la pop. L’art du réalisateur lui apporte une touche époustouflante. James Cameron a filmé les quatre concerts de Billie Eilish à Manchester en juillet, lors de sa tournée mondiale Hit Me Hard and Soft: The Tour. Elle avait rassemblé 106 dates en un an, et plus de 2,5 millions de spectateurs.

Techniquement, difficile de ne pas être saisi. Cameron maîtrise la profondeur de champ -le film a été réalisé en 3D-, la scénographie rectangulaire centrale, avec d’un côté les musiciens et de l’autre, deux choristes. Les plans sur la pop star, de près et de loin, se succèdent. Chaque chanson est accompagnée d’une couleur. Le talent de Billie, à la fois allongée sur le dos, propulsée dans les airs, où déambulant cachée dans un chariot, est capturée.

De Taylor Swift à Jul, comment les films-concerts sont devenus un filon en or pour les cinémas


Passer la publicité

Habillée comme une ado américaine, – tee-shirt ample avec un débardeur au-dessus, casquette à l’envers, lunettes, short, mitaines -, la star joue de la guitare sur un titre et du piano électrique sur un autre. Elle joue à cache-cache avec son public, longe la scène avant de réapparaître à l’autre extrémité de la salle.

Billie Eilish lors de sa tournée Hit Me Hard and Soft: The Tour.
HENRY HWU

Sur scène, la pop star déborde d’énergie. Elle interprète tous ses tubes, de Bad Guy  à Ocean Eyes, le titre qui l’a révélée, en passant par The Diner et Lovely. Cameron la baptise même de « diapason » du public, elle dit vouloir « être l’artiste dont je serais fan ». Ce ciné-concert accorde une large place aux coulisses. C’est le point fort du film. L’artiste s’échauffe en faisant des pompes sous la scène, raconte qu’elle se maquille elle-même, appelle son coach vocal. Des chapitres « avant le concert » donnent le rythme. Billie parle de la liberté vestimentaire, de la sexualisation des femmes, de la cause animale : « Je voudrais la liberté d’être un homme, torse nu ».

Fans en larmes

Le film privilégie les témoignages de fans en larmes et les plans contemplatifs sur la foule, parfois jusqu’à l’excès. Il choisit aussi de montrer ce mal du siècle : les milliers de portables levés dans le public. Pourtant, il est vendu comme l’antidote à la distance : « Les gens qui n’ont pas pu voir le show vivront l’expérience comme s’ils y étaient » promet Billie.

Pensé comme une forme de réinvention de la musique au cinéma, le film plaira indéniablement aux fans de Billie Eilish, pour qui chaque image sera un cadeau. Pour les observateurs plus détachés, il restera un beau travail technique au service d’un portrait un peu trop sage.

Déjà en 2021, Billie Eilish avait enregistré un de ses shows pour un documentaire diffusé sur Disney +, Happier Than Ever : A Love Letter to Los Angeles. Son homologue américaine Taylor Swift s’est, elle aussi, associée à la plateforme de streaming où son film a été diffusé en décembre, sur sa tournée record The Eras Tour . En France, les rappeurs Jul et SCH ont également diffusé sur grand écran leur concert au Stade de France et à l’Orange Vélodrome, dans les salles obscures.


Passer la publicité

Au cinéma le 7 et le 10 mai.