« Mon enfant m’a été arrachée il y a sept ans. Il n’est pas trop tard pour arrêter l’enfer »
Si on en croit Rokia Traoré qui s’exprimait en mars dernier, au cours de son procès, la petite grandit dans sa famille maternelle au Mali où « elle est première de son école ». Mais le père n’a aucune preuve de ses dires – aucun bulletin, rien. Le cas échéant, c’est un double déchirement de la savoir là-bas, dans un pays aujourd’hui plongé dans une situation sécuritaire critique.
Comment organiser l’avenir de la petite ?
Après la séparation du couple au cours de l’été 2018, les tensions se sont critallisées autour de la garde d’Awa (prénom d’emprunt), née en 2015, qui a grandi au Mali en gardant des contacts étroits avec sa famille belge. Comment organiser l’avenir de la petite entre l’Europe et l’Afrique ? En 2019, Rokia Traoré a lancé de graves accusations d’attouchements sexuels contre Goossens. Cette plainte sera classée sans suite en Belgique. Le père saisit alors un juge de la famille, pour obliger la maman à respecter l’exercice conjoint de l’autorité parentale. La chanteuse Malienne n’a pas respecté les injonctions du tribunal de la famille.
Jan Goossens s’adresse ensuite à la justice pénale pour tenter de revoir sa fille. À partir d’octobre 2019, l’artiste malienne fait l’objet de plusieurs mandats d’arrêt européens pour enlèvement, séquestration et prise d’otage. Elle sera arrêtée à plusieurs reprises, en France et en Italie.
En octobre 2023, alors qu’elle réside à Bamako, elle est condamnée, par défaut, à deux ans de prison par la 55e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles pour non-représentation d’enfant.
Trente jours pour faire appel
Arrêtée à Rome, au printemps 2024, la Malienne est extradée vers la Belgique, en novembre 2024, où elle fait deux mois de détention préventive à la prison de Haren. En janvier 2025, elle est libérée suite à un accord amiable entre les parties sur l’avenir d’Awa.
Un processus de médiation, appuyé par le parquet de Bruxelles, avait permis à Jan Goossens de revoir sa fille pendant trois jours, en juin 2025. Ce furent d’excellentes retrouvailles. Les avocats des deux parties croisaient les doigts pour qu’enfin le conflit parental trouve une issue.
Mais depuis, Awa n’a plus vu ni entendu son papa. Rokia Traoré a fait opposition contre le jugement rendu par défaut. En mars dernier, un nouveau procès a donc eu lieu devant la même chambre, en sa présence cette fois. La chanteuse comparaissait libre. Mercredi, le tribunal a prononcé son jugement : deux ans de prison avec sursis. La condamnée a trente jours pour faire appel.