Apparemment, c’est sa spécialité : il aime faire table rase pour repartir de zéro. Ce sera une nécessité absolue pour un Sporting qui sort, une fois de plus, d’une saison très moyenne.
Seul bémol : bâtir une toute nouvelle équipe coûte cher.
Nathan De Cat devrait rapporter gros, mais Sibierski devra laisser filer de nombreux joueurs gratuitement. Et pas seulement ceux en fin de contrat comme Thorgan Hazard. Comme il ne disposera pas d’une enveloppe illimitée, il devra faire preuve de créativité, et il en est conscient.
À en juger par sa conférence de presse, Sibierski a la motivation et les idées pour réussir. L’ex-joueur de Newcastle s’est montré convaincant et a prouvé qu’il est un connaisseur en la matière. Mais n’avions-nous pas eu le même sentiment lors des présentations officielles de ses prédécesseurs Michael Verschueren, Frank Arnesen, Peter Verbeke, Jesper Fredberg et même Olivier Renard ? Ils avaient tous un discours bien huilé et leurs arguments tenaient la route. Ils ont tous échoué.
Même avec une baguette magique, Sibierski ne pourra pas faire des miracles à court terme. Bâtir une équipe championne prend du temps. C’est pour cela que le CEO Kenneth Bornauw a parlé du « moyen terme ». Mais les supporters lui accorderont-ils ce temps ? L’année prochaine, cela fera dix ans qu’ils n’ont plus gagné le moindre prix. Un sacre en Coupe pourrait cependant donner un sérieux coup d’accélérateur au processus.
La crise est telle qu’il recevra carte blanche.
Vu que son nom est déjà tombé au mois de février, Sibierski a eu le temps pour comprendre ce que représente l’institution RSC Anderlecht. Le Sporting n’est pas Troyes et même pas Lens, le club où il a été directeur technique en 2012-2013. Aussi bien Troyes que Lens évoluaient en Ligue 2.
Les échos venus de France sont unanimes : Sibierski est un homme avec du potentiel. À lui de le prouver dans un grand club qui tente de survivre sans véritable patron sportif depuis 86 jours. La crise est telle que Sibierski recevra de toute façon carte blanche, dans les limites du raisonnable sur le plan financier.
Un constat doit toutefois permettre aux fans de rêver. Sibierski arrive tout droit de la galaxie City Football Group. Sa philosophie devrait donc présenter des similitudes avec celle de Vincent Kompany, qui avait dû quitter le club en 2022 avant de devenir l’un des meilleurs entraîneurs du monde.
Y aurait-il à nouveau un peu de l’ADN Kompany à Anderlecht ? En tout cas, il a parlé de « football dominant » et de son exigence de faire percer des jeunes dans l’équipe A. Rendez-vous en − disons − mai 2028 pour le bilan du nouveau patron français dont les fans espèrent qu’il deviendra leur messie..