« Pour ne rien arranger, du côté de Belga Films, depuis 2019, on enregistre aussi une baisse de revenus de 30 % et une augmentation des charges de 19 % à cause de l’indexation automatique. Et quand on demande de l’aide aux pouvoirs publics, on nous répond qu’en tant que fleuron du cinéma belge, on est trop important et qu’on n’a pas droit aux subsides, parce qu’on n’était pas déjà subventionné. Hallucinant. C’était donc devenu intenable. Désormais, c’est au curateur de déterminer si quelqu’un d’autre reprendra le cinéma White ou pas. »

Des stars montantes d’Hollywood pour Blake et Mortimer

Voilà comment une société historique de notre 7e art – il s’agissait du plus ancien distributeur belge, actif depuis 1937 – disparaît. Mais il en faut beaucoup plus pour abattre Patrick Vandenbosch, bien décidé à relancer de plus belle le cinéma belge.

Belga Films, au cœur de l’écosystème du cinéma belge, tombe en faillite, ainsi que White Cinema au centre commercial Docks

« Avec Umedia, j’ai racheté à 50-50 Belga Studios. Notre prochain gros projet reste donc La Marque jaune, l’adaptation des aventures de Blake et Mortimer imaginées par Edgar P. Jacob. Avec un casting extraordinaire. Vincent Cassel incarnera le diabolique Pr Septimus, Phil Dunster, de la série Ted Lasso, prêtera ses traits au Pr Mortimer, Corey Mylchreest, vu dans La Reine Charlotte : un chapitre Bridgerton, sera son complice, le capitaine Blake, et Rupert Friend, que les fans de Hitman connaissent bien, jouera le redoutable Olrik. Pas mal de ‘rising stars’, donc. »

guillement

Actuellement, la production est en souffrance, car les distributeurs ne veulent plus prendre de risques et les télévisions achètent moins de films. »

Un fonds de production destiné à lever 75 millions d’euros

Du très lourd, en effet. Et ce n’est pas tout. « On crée aussi un fonds de production, Pyxis Entertainment Venture, détenu à 20 % par Belga Studios et 20 % par Umedia, le reste venant d’investisseurs étrangers. L’objectif est de lever 75 millions d’euros d’ici juin, afin de financer à 35 % des projets de films. Actuellement, la production est en souffrance, car les distributeurs ne veulent plus prendre de risques et les télévisions, dont les audiences baissent, achètent moins de films. Nous, on veut accélérer le process de mise en production. »

La dernière idée (très onéreuse) de Paramount pour rafler Warner Bros

Et pour la distribution, il sait déjà à qui faire appel, puisqu’il devient actionnaire majoritaire d’Independent Films, basé aux Pays-Bas. « On aura un département en Belgique, conclut-il. L’objectif reste de distribuer une quinzaine de longs métrages dans un registre grand public. »