Sans pour autant que les prix se soient effondrés. Depuis 2020, ils ont même doublé dans la station touquettoise. Parce que les Anglais n’étaient pas les principaux clients de ce marché côtier, dominé par les Français. « Mais surtout parce qu’entre-temps, il y a eu le Covid », ajoute l’expert, suscitant un mouvement massif vers les campagnes. « Cela s’est même ressenti au Touquet, où le centre-ville a été délaissé au profit du quartier de la Forêt. Aujourd’hui seulement, la tendance commence à s’inverser. »
Les Belges ne négocient pas
Et il s’avère que, sur la première marche des acquéreurs étrangers, les Anglais ont été remplacés par les Belges. « Le marché reste majoritairement franco-français, porté par des acheteurs du Nord, de Lille, de Paris, mais aussi… de Bruxelles (évadés fiscaux, NdlR), poursuit Christophe Vermersch. Mais les Belges sont devenus notre première clientèle étrangère. D’abord à cause du recul des Britanniques, mais aussi parce qu’ils disposent d’un fort pouvoir d’achat et… ne négocient pas. Ils raflent donc les biens face aux Français, plus enclins à discuter les prix. »
Près de 250.000 Belges possèdent une résidence à l’étranger
Et ce n’est pas le nom à consonance flamande de son agence – Christophe Vermersch Immobilier – qui les attirerait davantage. « Mon nom ne prend qu’un ‘e’ à la fin, répond-il en souriant. Et la clientèle belge du Touquet est essentiellement francophone. » Une clientèle qui, selon lui, a parfois quitté le trop « bling-bling » Knokke-Le Zoute pour le plus discret Touquet. « Qui n’est pas moins ‘m’as-tu-vu’ que Knokke. Mais ici, on a le choix entre le calme et la fête. On peut se montrer, mais aussi se cacher. »
« La clientèle est de plus en plus riche, exigeante et jeune. Aujourd’hui, parmi les acheteurs, il y a davantage de quadragénaires que de retraités. »
« Et surtout, les prix y sont plus doux. » Ce qui reste à voir… « On peut trouver des biens à rafraîchir à partir de 7 000 euros/m² », détaille l’agent immobilier, confirmant de ce fait une médiane communale de 9 000 euros/m². « Mais dès qu’il s’agit de biens neufs ou rénovés, de bon standing et bien situés, les prix grimpent : entre 12 000 et 20 000 euros le m² pour un appartement neuf (début 2025, il y a eu une transaction à 25 000 euros le m² pour un appartement récent en front de mer) ; entre 9 000 et 12.000 euros/m² pour un bien à rénover ; entre 12 000 et 18 000 euros/m² s’il est rénové. Hormis les ventes destinées à sortir d’une indivision, la tendance est de mettre sur le marché des biens rénovés, voire décorés par un architecte d’intérieur. Car la clientèle est de plus en plus riche, exigeante et jeune. Aujourd’hui, parmi les acheteurs, il y a davantage de quadragénaires que de retraités. »
De 25 à 30 agences immobilières
Encore faut-il trouver ce que l’on cherche. « Il y a peu de disponibilité, reconnaît-il. Les délais d’attente peuvent être longs (un à deux ans). Et la moitié des ventes se fait hors marché, sans diffusion d’annonce. Assurément dans le segment des secondes résidences », insiste Christophe Vermersch.
Investissements à l’étranger : que recherchent les ultra-riches ?
Pour un parc d’environ 13 000 logements (dont deux tiers d’appartements et 80 % de secondes résidences), on aurait compté, en 2025, environ 350 ventes, soit 2,7 % du parc (observatoires fondés sur les DVF, demandes de valeurs foncières). Une proportion correspondant à un marché actif, davantage qu’à Hardelot ou Wimereux, sans atteindre le niveau spéculatif de certaines stations de ski. Reste que, sur ces quelque 350 ventes, seules 120 concerneraient des « biens recherchés » pour leur localisation, leur architecture, leur taille ou leur état. Un petit gâteau difficile à partager quand 25 à 30 agences immobilières se disputent le marché du Touquet, dont près d’une dizaine sur la seule avenue Saint-Jean. « Ici, les agents immobiliers vendent davantage une information qu’un bien. »