Sérums invisibles, brumes à pulvériser sur le maquillage, sticks à lèvres glossy ou soins capillaires : la protection solaire entre dans une nouvelle ère.
Le SPF a désormais sa place attitrée aussi bien dans la salle de bains que dans le sac de plage. Et c’est tant mieux, car on ne cesse de le rappeler, les UV sont responsables de près de 80 % du vieillissement cutané visible. Mais l’enjeu dépasse la seule question esthétique. Selon Santé publique France, entre 141 200 et 243 500 cancers cutanés sont diagnostiqués chaque année, dont près de 18 000 mélanomes. Or, 85 % pourraient être évités grâce à une protection adaptée et une exposition raisonnée. Hélas, les bons réflexes ne sont pas toujours adoptés : 71 % des Français utilisent une crème solaire à la plage ou à la piscine, mais seulement un tiers en remettent toutes les deux heures. Pire, près de la moitié des 18-24 ans estiment pouvoir s’en passer *. Le bronzage est une réaction de défense de la peau quand celle-ci est agressée. Pas un signe de bonne santé. «Le produit solaire idéal est celui qu’on prend plaisir à réappliquer et qui sera adapté à chaque usage», résume Marina Alexandre-Audaire, dermatologue à l’hôpital Avicenne de Bobigny, près de Paris. Les marques l’ont bien compris et développent désormais des formules ultrasegmentées mêlant protection, soin et textures toujours plus sensorielles pour répondre à de nouveaux modes de vie : trajets à vélo, sport en extérieur, exposition urbaine quotidienne ou déjeuners en terrasse.
Le SPF est-il le nouveau skincare ?
Finies les textures grasses et blanchâtres. Les nouveaux SPF visage flirtent avec les codes duskincare en conjuguant des actifs comme la niacinamide, l’acide hyaluronique ou les antioxydants dans des sérums, fluides et brumes invisibles pensés pour le quotidien. «La protection devient nécessaire à partir d’un indice UV supérieur ou égal à 3», rappelle la dermatologue Marion Bourgaux, qui insiste aussi sur la quantité. «Nous n’utilisons pas suffisamment de SPF au quotidien. La dose appliquée le matin est inférieure à la quantité recommandée pour l’indice annoncé, et il faudrait en remettre toutes les deux heures.» Le bon geste ? Appliquer un sérum ou une crème avec un SPF 30, a minima, le matin et passer un stick ou vaporiser une brume SPF 50 plusieurs fois dans la journée. Sérums protecteurs prohydratation chez Avène, fluide ultraléger antipollution chez Clarins, stick matifiant chez Dior ou spray nomade chez Lancaster : tout est pensé pour faciliter l’observance, principal frein évoqué par les utilisateurs, devant même le prix. Bonne nouvelle : testées dermatologiquement et ophtalmologiquement, les formules visage conviennent aussi au contour des yeux et au décolleté. «Pour les peaux sensibles, les sticks ou les filtres minéraux restent les mieux tolérés», conseille la dermatologue.
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Faut-il protéger ses lèvres comme sa peau ?
La bouche fait partie des zones les plus vulnérables aux UV, mais reste largement négligée dans les routines de protection. «La peau y est plus fine et plus pauvre en mélanine, rappelle la Dre Marion Bourgaux. La lèvre inférieure est particulièrement à risque, car elle est la plus exposée.» À la clé : un vieillissement accéléré avec l’apparition de ridules et de taches pigmentaires sur le pourtour. Bon à savoir, les premières expositions peuvent également déclencher des poussées d’herpès labial en raison d’une baisse d’immunité locale provoquée par le soleil. Le réflexe à adopter : avoir un stick lèvres avec SPF à portée de main, et pas seulement au ski. « Mieux vaut privilégier des formules spécifiques, car on en ingère toujours un peu », conseille la dermatologue. Et surtout, il convient d’en appliquer à nouveau après les repas, la prise de boissons ou les baignades. Pour le plaisir, les nouvelles formules proches du gloss développées par Lanolips ou Ultra Violette laissent un effet brillant et coloré subtil.
Ectoin Barrier Repair Moisturiser SPF 50, Susanne Kaufmann. Le Fluide UV Invisible SPF 50+, Dior. Écran Urbain Multi-Protection SPF 50+, myBlend. Soin Solaire Anti-âge Sunleÿa, SPF 50+, Sisley. La Protection Solaire SPF 50, Augustinus Bader.
Pierre Tostain
Pourquoi des SPF dans les capillaires ?
Encore trop souvent oublié, le cuir chevelu doit aussi être protégé, surtout chez les personnes aux cheveux clairsemés, fins ou blancs, décolorés ou très clairs. «Les cancers cutanés sont fréquents sur le cuir chevelu», alerte Marion Bourgaux, qui recommande avant tout une protection physique avec chapeau ou casquette. Les UV fragilisent aussi directement la fibre capillaire. «Les cheveux sont particulièrement vulnérables lorsqu’ils sont colorés, clairs ou frisés. Le soleil ouvre les écailles, assèche la fibre et modifie la couleur», précise-t-elle. Résultat : chevelure terne, longueurs cassantes, poreuses et sujettes aux frisottis à la fin de l’été. Pour limiter ces méfaits, il existe chez Klorane ou Furterer des fluides, des brumes et des huiles sèches dotés d’un écran et d’actifs antioxydants qui protègent le cuir chevelu et préservent la qualité de la fibre et sa couleur, sans alourdir.
Le solaire idéal est celui qu’on prend plaisir à réappliquer.
Marina Alexandre-Audaire, dermatologue
Pourquoi les dermatologues insistent-ils autant sur les mains ?
Taches pigmentaires, perte de collagène, peau affinée… les mains sont les premières zones qui révèlent le photovieillissement. Il faut dire que leur exposition est quasi permanente, au volant, à vélo ou simplement lors des mouvements extérieurs quotidiens. Les formats sticks s’avèrent les plus efficaces pour protéger cette zone en quelques secondes, à condition de bien en mettre sur les doigts. «Par précaution, il faut renouveler l’application après chaque lavage de mains, même si la formule est dite résistante à l’eau», insiste la dermatologue.
Les nouveaux solaires sont-ils pensés pour le sport ?
Running entre midi et deux, trajets à vélo, tennis en extérieur ou randonnée le week-end : les activités physiques se développent, mais les réflexes de protection restent fragiles. Les sportifs se protègent encore insuffisamment, déplorent les dermatologues, qui évoquent notamment les risques lors de marathons ou de trails en pleine nature. Ce qui explique peut-être que les marques font des sportifs des égéries de choix. À commencer par les joueurs de tennis, qui ont dû affronter des températures caniculaires lors du dernier tournoi de Roland-Garros, comme Loïs Boisson pour SVR et Jannik Sinner pour La Roche-Posay. «Amateurs ou professionnels pensent à se réhydrater, mais pas à réappliquer leur crème solaire, note la Dre Marina Alexandre-Audaire. Un oubli problématique, notamment en altitude où le rayonnement UV augmente d’environ 10 % tous les mille mètres.» La nuque, les oreilles, les lèvres et les mains sont les zones le plus souvent oubliées. Les nouvelles générations de SPF misent sur des formules plus résistantes à la transpiration, à l’eau et aux frottements, comme l’eau solaire Sensitive Expert Plus de Garnier ou encore Sport BB SPF 50 de Shiseido, dont la technologie WetForce s’active au contact de l’eau.
Lait Solaire Peau Sensible Expert Sun Protect, SPF 50+, Shiseido. Sun Balm, SPF 50, Rudolph Care. Stick Pro-Résistance Anthelios UVSport, SPF 50+, La Roche-Posay. Lait de Soin Corps Prolongateur de Bronzage, Institut Esthederm.
Pierre Tostain
Le maquillage avec SPF est-il suffisant ?
Les fonds de teint, poudres et crèmes teintées dotés d’un SPF ne sont pas de simples gadgets. Mais utilisés seuls, ils ne permettent pas d’atteindre le niveau de protection recommandé, car les quantités appliquées sont trop faibles. Les dermatologues sont formels : une poudre ou un fond de teint indiquant un écran solaire apporte une protection complémentaire, mais ne remplace pas un soin solaire dédié. La bonne stratégie ? Considérer le maquillage avec SPF comme un bouclier supplémentaire dont l’indice vient renforcer la protection portée en dessous. Si les SPF ne s’additionnent pas mathématiquement (une crème SPF 50 recouverte d’une poudre SPF 15 ne donne pas un SPF 65), cette superposition permet de mieux couvrir certaines zones et de compenser en partie l’usure de la protection au fil de la journée. Le bon réflexe ? Appliquer chaque matin une protection solaire dédiée, puis utiliser une poudre, crème teintée ou fond de teint pour unifier l’épiderme tout en assurant une bonne protection sur la durée.
* Baromètre protection solaire FEBEA-OpinionWay 2026.