Amaury Detroz

Par Amaury Detroz

Publié le 07 août à 06h03

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Le manque de pluie se fait durement sentir en Ardenne. Dans plusieurs cours d’eau, le niveau est tombé à des niveaux rarement observés ces dernières années. Une situation qui inquiète les riverains, les promeneurs et les agents du Département de la Nature et des Forêts (DNF), tant les conséquences sur la faune et la flore sont déjà visibles. Reportage de Cathline Delvaux et Michaël Harvie.


Des galets qui émergent, des rivières qui rétrécissent et un courant qui peine à s’écouler. En Ardenne, les effets du déficit de précipitations sautent aux yeux.

À Mirwart, dans la commune de Saint-Hubert, en province de Luxembourg, la Lomme a perdu près de 40 centimètres par endroits. Le cours d’eau n’occupe parfois plus que la moitié de son lit, une situation que les habitués de la région observent avec inquiétude.




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Hélène et Daniel, venus s’y promener, constatent une transformation qu’ils n’avaient encore jamais vue. « On a remarqué que, par rapport à il y a un mois, certains étangs ont dû être vidés. Tout affleure alors qu’avant, il y avait toujours de l’eau qui circulait. Maintenant, on voit tout ce qu’il y a au fond. »

Pour Nicolas, riverain de Mirwart, le constat est tout aussi frappant. « La hauteur d’eau normale est ici. Tout ça est normalement immergé », explique-t-il en montrant le lit de la rivière. « La petite faune souffre, les poissons souffrent. »

Le castor et la forêt en première ligne

La baisse du niveau de l’eau ne touche pas seulement les paysages. Elle menace aussi directement la biodiversité.

Dans la forêt de Saint-Hubert, le castor voit son habitat se transformer. Avec près d’un mètre d’eau en moins, ses installations sont désormais entièrement visibles.



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« Le bouleau couché là, les aulnes… normalement, tout ça devrait être sous l’eau », explique Thierry Petit, agent du Département de la Nature et des Forêts. « Le garde-manger du castor, les accès à la hutte, tout cela est habituellement immergé. Aujourd’hui, il n’y a plus d’eau. »

Les vastes massifs forestiers de la région souffrent eux aussi. Privés d’eau, certains arbres commencent déjà à perdre leurs feuilles, donnant à la forêt des allures d’automne en plein mois d’août.

« Comme si on était fin octobre »

Un changement qui n’a pas échappé à Xavier, un touriste suisse qui passe chaque année ses vacances en province de Luxembourg avec sa famille.

« On voit que les bouleaux sont tous secs, comme si on était fin octobre. Les hêtres aussi, à certains endroits, sont déjà rouges comme si on était en automne », raconte-t-il. « L’étang à côté de nous a perdu pratiquement un mètre d’eau. La rivière ne coule plus. »

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Pour Thierry Petit, cette sécheresse prolongée risque d’avoir des conséquences durables. « Ce petit réseau d’eau sert aussi de zone d’alimentation pour toute la diversité végétale qui l’entoure. Les arbres commencent à perdre leurs feuilles parce qu’ils sont en état de stress et cherchent à réduire leur transpiration. »

La Wallonie compte près de 24.000 kilomètres de cours d’eau, dont une grande partie est déjà sous pression. Si les précipitations ne reviennent pas rapidement, les prochaines semaines pourraient s’avérer particulièrement difficiles pour la faune et la flore.



province de Luxembourg
Saint-Hubert (prov. de Luxembourg)