Côté vie privée, l’infante a offert le premier mariage royal depuis le retour de la monarchie — elle épouse Jaime de Marichalar, fils du comte de Ripalda, le 18 mars 1995 — puis, douze ans plus tard, en 2009, le premier divorce de la famille royale espagnole. Le couple a eu deux enfants, Felipe de Marichalar y Borbón (28 ans) et Victoria de Marichalar y Borbón (25 ans), influenceuse dans le domaine de la mode.
L’infante Elena occupe aujourd’hui la troisième place dans l’ordre de succession, doublée par ses nièces : la princesse Leonor (20 ans) et l’infante Sofia (19 ans). La princesse des Asturies, hautement populaire et unanimement appréciée, conserve son titre d’héritière présomptive du trône espagnol : elle ne sera pas la première reine d’Espagne, mais la première femme à régner sur la péninsule ibérique en plus de deux cents ans (sa prédécesseure, Isabella II, a régné de 1833 à 1868).

Rare sortie familiale : le roi Felipe VI, la reine Letizia, la princesse Sofia, la reine émérite Sofia, la princesse Leonor et l’infante Elena, à Palma de Mallorca, le 1er août 2018.
Carlos R. Alvarez
La loi sur la succession au trône espagnol votée en 1978 n’a jamais été révisée. Un tel projet nécessiterait de dissoudre et le Sénat et le Congrès, puis d’obtenir l’aval de deux tiers des parlementaires par le biais d’un vote et, enfin, l’approbation générale sous la forme d’un référendum. Un processus que les politiques ibériques ne sont pas encore enclins à entamer. Aussi, la question reste tapie dans l’ombre, menaçant de ressurgir au centre des débats dans quelques années. Leonor d’Espagne, princesse moderne, accordera-t-elle aux princesses espagnoles la reconnaissance qu’elles méritent ?
Aiko du Japon, la princesse reniée qui pourrait sauver le trône japonais
Une simple ligne de la loi de la maison impériale, votée en 1947, menace la pérennité du trône du Chrysanthème : « Le trône impérial du Japon est réservé aux descendants mâles légitimes de la lignée mâle des ancêtres impériaux ». En effaçant tout à fait les femmes, la loi, répondant aux règles de primogéniture agnatique, se heurte aujourd’hui à sa limite : que faire lorsque le chromosome XY a été dénombré une unique fois chez les nouveau-nés de la famille impériale depuis 1965 ?
L’empereur du Japon, Naruhito, 66 ans, a en tout et pour tout deux héritiers possibles : son frère, Fumihito, âgé de 60 ans, et le fils de celui-ci, son neveu donc, Hisahito d’Akishino, 19 ans. Il existe bien un oncle, Masahito de Hitachi, mais ses 90 printemps en font un successeur peu probable. En l’état, la famille impériale vivra si ce jeune prince de 19 ans destiné au trône a un jour un garçon.