Ce jeudi matin, avant l’audience, une manifestation de soutien s’était organisée devant le palais de justice. Quelques dizaines de personnes y avaient pris part.
À l’audience correctionnelle du 24 juin dernier, Grégory Lenoci, avait lâché cette formule définitive. « Si la Justice avait fait son travail, Marc P. serait aujourd’hui devant vous. Et moi, je serais auprès de ma famille. »
Mais c’est bien les menottes aux poignets que ce Jambois de 49 ans est arrivé ce matin devant le tribunal correctionnel de Namur.
L’homme aux antécédents judiciaires nombreux et variés devait en effet répondre de tentative de meurtre sur son voisin, Marc P., le 24 juillet 2025.
Mais il faut remonter deux jours auparavant pour mieux appréhender ce dossier aussi délicat que dérangeant. Aussi pour la Justice namuroise.
Le 22 juillet, Marc P. invite le fils de la compagne de Lenoci, un garçonnet âgé de sept ans, à venir jouer chez lui à « Minecraft », un jeu vidéo très populaire.

Grégory Lenoci au tribunal correctionnel de Namur le jeudi 20 août 2026. ©EDA
Lenoci dit que, de retour à la maison, l’enfant a une allure un peu étrange. Il fera comprendre qu’il a été victime d’abus et Marc P. aurait été l’auteur de ces drôles de jeux sexuels. Le voisin a déjà été condamné à 37 mois de prison pour des faits de pédophilie et il ne peut plus rester seul en présence de mineurs non accompagnés d’adultes.
Le bouillant Grégory Lenoci doit inévitablement réagir. Et c’est assez logique. Il choisit d’abord la bonne option et décide de balancer tout à la police de Namur. Incompréhensions, lenteurs toutes relatives… le quadragénaire à la carrure de fer passe la vitesse supérieure et décide littéralement de « convoquer » le suspect. Il fera venir chez lui son voisin le 24 juillet à 16h30. Les choses ne tarderont pas à dégénérer. Lenoci va tabasser Marc P., il filmera même une partie de cette scène ultraviolente et balancera les images sur les réseaux. Le voisin sera laissé quasiment pour mort. Plus d’un an plus tard, Marc P. est toujours dans le même état végétatif.
Du côté de la défense, Me Gras et Turk avaient fait valoir les nombreux efforts fournis par leur client pour remonter la pente. Avec un certain succès puisque l’homme avait retrouvé une vie familiale stable, du boulot… « Il a tout fait pour ne pas passer à l’acte », relevaient aussi les conseils de Grégory Lenoci. Pour la défense, on a mis le nerveux Jambois dans une situation intenable. Impossible pour lui, pour les avocats du prévenu, de rester insensibles. Sa réaction ultraviolente et ses conséquences terribles pour la victime lui valent cependant une très lourde peine de dix-sept ans de prison, ce qui empêche même toute mesure éventuelle de sursis.
Sanction qu’il pourra encore contester devant la cour d’appel de Liège.