Le tribunal viennois a considéré que ces exactions avaient été commises dans un cadre de « torture systématique organisée par l’État » et que les deux hommes ont soit ordonné, soit laissé faire les mauvais traitements. Les faits établis, qui remontent à une période allant d’avril 2011 à mars 2013, concernent une vingtaine de victimes, des opposants au régime Assad.

La vie secrète de Bachar al-Assad à Moscou, entre luxe et isolement : « Poutine a peu de patience »Contestation et fuite

Alors qu’il a décidé de contester sa condamnation en appel, Abou Roukbah a choisi de fuir l’Autriche, où il était arrivé et avait demandé l’asile en 2014 après avoir fui la Syrie. Il est donc revenu illégalement dans son pays natal au début de ce mois, dans le village de Nawa situé dans la province de Deraa, d’où il est originaire. C’est de cet ancien gouvernorat du sud de la Syrie qu’était partie la révolte populaire pacifique en mars 2011, qui allait muter en impitoyable guerre civile treize années durant. Sa famille avait célébré son retour au village.

Les forces du renseignement intérieur l’y ont arrêté, en coordination avec le département du contre-terrorisme, a annoncé mardi soir l’agence de presse officielle syrienne Sana. D’après celle-ci, Moussab Abou Roukbah était entré illégalement en Syrie après avoir fui l’Autriche et les autorités l’avaient localisé à Nawa. L’homme s’est vu déférer aux autorités compétentes pour l’accomplissement des procédures légales préalables à des poursuites judiciaires, a-t-elle encore précisé. Mais, à ce stade, son sort est encore incertain : fera-t-il l’objet de poursuites en Syrie ou l’Autriche demandera-t-elle son maintien en détention ou son extradition ?

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Un porte-parole du tribunal viennois l’ayant reconnu coupable a déclaré à l’agence Reuters que Moussab Abou Roukbah n’avait pas été considéré comme présentant un risque de fuite avant son procès, car il résidait en Autriche depuis 2014 et y avait déposé une demande d’asile avec sa famille.

Il n’avait dès lors été ni placé en détention provisoire durant le procès ni soumis à d’autres restrictions. Quant à son départ d’Autriche, il n’a enfreint ni la législation autrichienne ni les décisions de justice, la procédure d’appel étant toujours en cours.

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