Le roi Rukidi IV du Toro est décédé en fin de journée, ce 27 août 2026, à 34 ans. Des rumeurs concernant son état de santé ont commencé à circuler en début de journée. Monté sur le trône traditionnel à 3 ans, il était considéré comme le plus jeune roi au monde. Le Premier ministre assure qu’un héritier existe et sera prochainement dévoilé.
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Décès du plus jeune roi au monde
Ce 27 août 2026, plusieurs médias africains ont commencé à publier des articles concernant l’hospitalisation du roi Rukidi IV, aussi appelé roi Oyo. Il y a quelques semaines déjà, une rumeur avait circulé concernant son état de santé. Sur les réseaux sociaux, des journalistes de renom, comme Sudhir Byaruhnga de Nation Media, et même le député du Kasambya, David Kabanda, ont relayé des informations indiquant que le roi Rukidi était admis aux soins intensifs alors qu’il luttait contre un cancer. Plus tard dans la journée, le ministre ougandais des Collectivités locales Balam Barugahar, a précisé sur son compte X que le roi du Toro était « toujours et reste sous surveillance médicale » aux États-Unis.
Le roi Rukidi IV s’était déplacé à Oman en 2020 pour saluer le nouveau souverain, le sultan Haitham ben Tarik qui succédait à son cousin (Photo : Balkis Press/ABACAPRESS.COM)
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Dans l’après-midi, le bureau du Premier ministre du royaume du Toro a finalement publié un communiqué pour informer que « le roi Oyo est actuellement dans un état critique ». En fin de journée, le Premier ministre Calvin Armstrong Rwomiire Akiiki a annoncé que le roi Rukidi IV est décédé à 22 heures. « C’est une perte incommensurable pour la famille royale, le peuple de Tooro et la nation ougandaise. » Le Premier ministre a rappelé que « la continuité de la Couronne est assurée ». Selon lui, « Sa Majesté laisse un prince comme héritier, dont l’identité sera officiellement révélée en temps voulu, conformément aux traditions et coutumes du royaume de Toro. » Environ 8 millions de personnes sont considérées comme des sujets du roi du Toro, selon le site officiel de la monarchie. L’Ouganda compte 46 millions d’habitants.
Le roi Rukidi IV, ou roi Oyo, sur son trône, lors d’une audience, à l’âge de 4 ans (Photo : GARDNER DREW/SIPA)
Le roi Rukidi IV est né le 16 avril 1992. Il était le fils de Patrick David Matthew Kaboyo, connu sous le nom de règne d’Olimi III. Le 26 août 1995, le roi Olimi III est décédé soudainement à 49 ans, laissant pour successeur son fils de trois ans. Comme le veut la tradition, une semaine après le décès du roi, ont eu lieu les cérémonies de couronnement. Celles-ci comprennent un ensemble de rituels traditionnels et religieux, dont la simulation d’une bataille pour accéder à l’entrée du palais royal. L’enfant de trois ans a dû participer à ces différentes cérémonies, ce qui était assez inédit. Il figure même au Livre Guinness World des records comme le plus jeune monarque au monde. Plusieurs tuteurs ont agi en tant que régent jusqu’à sa majorité en 2010. Le journal ougandais Moniteur explique que la première régente fut sa mère, la reine mère Best Kemigisa, puis la princesse Elizabeth Bagaaya, le prince James Desmond Mugenyi et enfin, le président ougandais lui-même, Yoweri Museveni.
Le président de l’Ouganda de l’époque, Yoweri Museveni, à côté de la reine mère Best Kemigisa, lors de la cérémonie de couronnement organisée en 2020, lorsque le roi Rukidi est devenu majeur. Le président et la reine mère avaient tous deux assuré la régence (Photo : DESRUS BENEDICTE/SIPA)
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Le royaume du Toro est en deuil et attend l’annonce du successeur
Le royaume du Toro a gagné son indépendance en 1830, se détachant du royaume du Bunyoro. En 1894, les Britanniques placèrent l’Ouganda sous protectorat, un territoire formé de quatre royaumes : le Toro, le Bunyoro, le Buganda et le Busoga. Lorsque l’Ouganda trouva son indépendance en 1962, le pays devint une république avec à sa tête l’ancien roi du Buganda, Muteesi II. L’ancien roi agissait à présent en tant que président mais il laissa une certaine autonomie aux souverains des trois autres royaumes. À la fin de la présidence de Muteesi en 1966, les différents royaumes ont été abolis. Depuis 1993, les quatre royaumes bantous sont rétablis, bien que l’État fédéral d’Ouganda soit toujours une république.
Devenu roi du Toro à 3 ans, le roi Rukidi a eu droit à une cérémonie de couronnement à ses 18 ans, en 2010 (Photo : DESRUS BENEDICTE/SIPA)
L’article 246 de la Constitution ougandaise reconnaît l’existence des chefs traditionnels. Cet article prévoit que le chef puisse « bénéficier des privilèges et avantages qui peuvent lui être conférés par le gouvernement ». La Loi de 2011 sur l’institution des chefs traditionnels ou culturels précise de façon très précise le fonctionnement de ces royaumes traditionnels. Par exemple, lorsqu’un nouveau souverain traditionnel est reconnu, sa nomination doit paraître dans la Gazette, le journal officiel de publication des textes législatifs. La loi oblige ce monarque à garder une neutralité politique, comme tout autre souverain. Il peut traiter avec des autorités étrangères, seulement après en avoir reçu l’accord du gouvernement. Lui et son royaume peuvent faire usage de drapeaux, hymnes, seaux, devises et autres insignes.
Le palais Karuzika, aussi appelé Palais royal, est la résidence officielle du roi du Toro et le siège de la monarchie. Le palais est situé à Fort Portal (Photo : Kingdom of Tooro)
Rukidi III était le roi au moment où le royaume de Toro est passé sous le protectorat britannique. Son fils, Olimi III était le roi au moment où l’Ouganda a pris son indépendance en 1962, puis au moment où la monarchie a été abolie en 1966. C’était encore lui qui était roi lorsque la monarchie a été rétablie en 1993. Olimi III est décédé à en 1995. Père d’un fils, Rukidi et de deux filles, les princesses Ruth et Celia, son fils lui a succédé à 3 ans. La princesse Celia est décédée d’une leucémie à 3 ans. Très impliqué dans les œuvres humanitaires, son rôle en tant que souverain de cette monarchie traditionnelle est de valoriser la culture du Toro. Le titre de Roi est désigné localement comme Omukama.
Le roi du Toro dirige le royaume traditionnel avec l’aide d’un Premier ministre, qui se compose un véritable cabinet composé de ministre en charge de plusieurs portefeuilles. L’Orukurato est l’équivalent d’une assemblée parlementaire composée de chefs de clans, qui se réunit fréquemment pour discuter des affaires du royaume. La reine mère garde un rôle important et la fonction de « Batebe », aussi appelée « princesse royale », est accordée à la sœur du roi.
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Nicolas Fontaine
Rédacteur en chef
Nicolas Fontaine est un journaliste spécialisé dans les familles royales et l’histoire des monarchies européennes et mondiales. Nicolas Fontaine a fondé Histoires Royales, le premier média en ligne dédié à l’actualité des têtes couronnées en 2019.
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