Le salaire brut moyen en Belgique dépasse les 4 000 euros
À la Chambre des représentants, les députés fédéraux qui exercent une fonction parlementaire spéciale (président d’assemblée ou de commission, chef de groupe, membre du Bureau, etc.) perçoivent une rémunération complémentaire, ainsi qu’une indemnité forfaitaire nette d’impôt correspondant à 60 % de cette rémunération.
Le député fédéral le mieux payé
À titre d’exemple, le chef d’un groupe politique d’au moins douze députés perçoit une rémunération complémentaire de 2 589,31 euros brut par mois, et des frais forfaitaires ad hoc de 1 553,59 euros net. Pour le président d’une commission parlementaire, ces montants sont de 970,99 euros brut et 582,60 euros net par mois.
Selon le tableau fournit par la Chambre, le président de l’assemblée, Peter De Roover (N-VA), qui est le député fédéral le mieux payé, touche un salaire global de 14 441,87 euros brut par mois (8 990,68 euros comme député + 5 451,19 euros pour son poste de président). Ainsi qu’une indemnité forfaitaire globale de 5 788,10 euros net par mois (2 517,39 euros comme député après une réduction de 5 % + 3 270,71 euros en tant que président).
La hauteur des frais forfaitaires, d’une part, et des rémunérations pour les fonctions spéciales, d’autre part, interrogent depuis plusieurs années. Le 21 mai 2025, conformément à l’accord du gouvernement Arizona, la Chambre annonçait : « Les membres du Bureau et les présidents de commission ne recevront plus à l’avenir d’indemnité forfaitaire, mais un système basé sur la présence sera mis en place. » Ce système, dont on ne connaît toujours pas les contours, demande encore à être concrétisé. La discussion politique semble au point mort pour le moment.
Voici la rémunération complète des parlementaires belgesUn gel des salaires jusqu’en 2029
Peter De Roover, par la voix de son porte-parole, se dit ouvert à des discussions sur une réforme des frais forfaitaires et des rémunérations liées aux fonctions spéciales. « L’accord de gouvernement prévoit de faire évoluer l’indemnité forfaitaire pour les fonctions spéciales vers une indemnité liée à la présence », rappelle-t-il.
« Les fonctions spéciales demandent un travail supplémentaire. Dans la majorité, on est tous d’accord pour considérer que ces fonctions méritent une rémunération complémentaire, poursuit le porte-parole. On ne constate d’ailleurs pas d’opposition à cet égard dans la population et nous sommes prêts à expliquer la raison de ces rémunérations. Nous sommes néanmoins ouverts à une amélioration du système. » Enfin, il rappelle que « les femmes et les hommes politiques ont déjà fait des efforts sur leurs rémunérations » depuis le début de la législature.
En plus de leur salaire, les députés perçoivent une indemnité pour frais exposés de 2 650 euros par mois, net d’impôt, qui équivaut à peu près au salaire médian net en Belgique.
Il est vrai que, sous l’impulsion de l’Arizona, les indemnités parlementaires sont gelées (non indexées) depuis mars 2025, et ce, jusqu’à la fin de la législature en 2029. En outre, le régime de pension des parlementaires, qui était très avantageux, a été aligné sur celui des fonctionnaires fédéraux. Tandis que l’indemnité de sortie pour les députés non réélus sera ramenée de 24 mois à 12 mois maximum.
En outre, la Chambre a étendu le régime de pénalités en cas d’absence non justifiée d’un député à une réunion parlementaire, en réduisant la rémunération, mais aussi l’indemnité forfaitaire et l’indemnité de déplacement (remboursement des déplacements). Enfin, il est prévu une suspension de l’indemnité forfaitaire après cinq semaines d’absence consécutives, justifiées ou non.
« On doit réformer en profondeur le système de rémunération des parlementaires »La frilosité du MR
La suite ? Dans la majorité Arizona, le MR est la formation la plus frileuse, nous dit-on, à l’idée de réformer les rémunérations pour fonctions spéciales et le système des frais forfaitaires. Le MR n’a pas répondu aux sollicitations de La Libre.
« Pour Vooruit, indiquent pour leur part les socialistes flamands, nous pouvons toujours continuer les réformes. Le statut des députés doit être aligné autant que possible sur le statut des employés. »
Le CD & V attend, lui, une initiative de Peter De Roover. « Pour le CD & V, il est clair que le politique aussi doit mettre sa pièce à l’édifice dans le contexte budgétaire actuel. Nous le faisons, par exemple, en réformant les pensions des parlementaires et en n’indexant pas leurs traitements. Par ailleurs, il a été convenu dans l’accord de coalition fédéral que les indemnités pour fonctions spéciales seraient également adaptées. Nous attendons que l’accord de coalition soit mis en œuvre et que le président de la Chambre, Peter De Roover, présente une proposition. »
Enfin, « Les Engagés sont favorables à la fiscalisation des indemnités forfaitaires, cela figure dans notre programme, souligne le parti. Cependant, cette modification doit s’intégrer dans une réforme globale du statut des députés qui doit intégrer, notamment, une harmonisation des rémunérations et autres avantages dans l’ensemble des assemblées. Nous proposons qu’un groupe de travail interparlementaire se mette en place pour aboutir à cette réforme globale. Les Engagés souhaitent également supprimer les indemnités complémentaires pour fonctions spéciales. Ce point figure aussi dans notre programme. »
Sollicitée par La Libre, la N-VA n’a pas donné sa position sur la problématique.
« Il faut absolument supprimer le régime fiscal privilégié des parlementaires »