{"id":106826,"date":"2026-05-14T10:01:16","date_gmt":"2026-05-14T10:01:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/106826\/"},"modified":"2026-05-14T10:01:16","modified_gmt":"2026-05-14T10:01:16","slug":"notre-critique-de-butterfly-jam-kantemir-balagov-en-exil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/106826\/","title":{"rendered":"Notre critique de Butterfly Jam\u00a0: Kantemir Balagov en exil"},"content":{"rendered":"<p>\n    LA QUINZAINE DES CIN\u00c9ASTES &#8211; En ouverture de la Quinzaine, le r\u00e9alisateur russe qui avait fait sensation en 2017 au Festival de Cannes avec Tesnota. Une vie \u00e0 l\u2019\u00e9troit transpose son univers aux \u00c9tats-Unis. Il y est d\u00e9sormais r\u00e9fugi\u00e9.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Le retour de Kantemir Balagov \u00e0 Cannes suscitait une vraie attente. Accueilli cette ann\u00e9e en ouverture de la\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/festival-de-cannes\/avec-dupieux-cavalier-balagov-une-quinzaine-des-cineastes-pleine-d-ambition-au-festival-de-cannes-20260414\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"LEFIGARO\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Quinzaine des cin\u00e9astes<\/a>, section parall\u00e8le et n\u00e9anmoins prestigieuse o\u00f9 de futurs grands noms ont perc\u00e9 (Scorsese, Jarmusch, Dardenne\u2026), le r\u00e9alisateur russe avait fait sensation en s\u00e9lection officielle en 2017 avec Tesnota. Une vie \u00e0 l\u2019\u00e9troit. Le prodige de 26\u00a0ans filmait l\u2019enl\u00e8vement d\u2019un couple et ses cons\u00e9quences dans la communaut\u00e9 juive de sa ville natale, Naltchik, dans le Caucase du Nord, province \u00e0 des ann\u00e9es-lumi\u00e8re de Moscou et o\u00f9 l\u2019on parle kabarde. Un premier long-m\u00e9trage impressionnant, tout \u00e0 la fois trag\u00e9die familiale, thriller, chronique sociale et portrait de femme. Dans son film suivant, Une grande fille, prix de la mise en sc\u00e8ne dans la section Un\u00a0certain regard, il suivait deux jeunes infirmi\u00e8res russes au sortir du si\u00e8ge de Leningrad, en 1945, luttant pour leur survie.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Presque dix ans plus tard, l\u2019entretien qu\u2019avait accord\u00e9 au Figaro l\u2019ancien \u00e9l\u00e8ve d\u2019Alexandre Sokourov r\u00e9sonne d\u2019une tout autre fa\u00e7on. Quand on lui demandait son sentiment sur la campagne pr\u00e9sidentielle de 2018 en Russie et la victoire annonc\u00e9e de Poutine, il r\u00e9pondait\u00a0: \u00ab\u00a0Je me suis toujours consid\u00e9r\u00e9 comme apolitique. Je lis les journaux, mais il est extr\u00eamement dangereux chez nous d\u2019avoir un avis tranch\u00e9 sur ce qui doit \u00eatre et ce qui ne doit pas \u00eatre. Ce qui doit \u00eatre aujourd\u2019hui ne l\u2019est pas forc\u00e9ment demain, et inversement. J\u2019essaye de m\u2019abstraire de tout \u00e7a pour \u00e9crire et filmer.\u00a0\u00bb Avec l\u2019invasion de l\u2019Ukraine par la Russie en 2022, Balagov n\u2019a pas pu continuer \u00e0 ignorer la politique de son pays.<\/p>\n<p>                                            <a class=\"fig-a11y-skip\" href=\"#fig-a11y-skip-main-inarticle\" is=\"fig-a11y-skip\" data-trigger-mode=\"visible-once\"><br \/>\n    Passer la publicit\u00e9<br \/>\n<\/a>            <\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Il vivait encore en Russie quand il a commenc\u00e9 l\u2019\u00e9criture de Butterfly Jam en 2020. L\u2019histoire se d\u00e9roulait une nouvelle fois \u00e0 Naltchik. Apr\u00e8s avoir manifest\u00e9 contre l\u2019agression de la Russie vis-\u00e0-vis de l\u2019Ukraine, il a d\u00fb quitter le pays et s\u2019installer \u00e0 Los\u00a0Angeles. Il d\u00e9couvre alors qu\u2019une communaut\u00e9 kabarde vit \u00e0 Newark, dans le New Jersey, et adapte son sc\u00e9nario \u00e0 cette nouvelle r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Mais c\u2019est en France que Balagov a trouv\u00e9 refuge et soutien pour produire Butterfly Jam, comme\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lefigaro.fr\/cinema\/2017\/09\/19\/03002-20170919ARTFIG00206-andrei-zviaguintsev-le-non-dit-est-la-langue-du-cinema.php\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"LEFIGARO\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Andre\u00ef Zviaguintsev<\/a>, l\u2019autre r\u00e9alisateur russe tr\u00e8s attendu de cette 79e\u00a0\u00e9dition, lui aussi exil\u00e9, dont on d\u00e9couvrira Minotaure en comp\u00e9tition. Butterfly Jam est produit par Pascal Caucheteux (Why Not Productions), le producteur de\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lefigaro.fr\/cinema\/jacques-audiard-le-fils-de-l-ogre-sur-arte-20210523\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"LEFIGARO\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Jacques Audiard,<\/a>\u00a0et ce n\u2019est pas tout \u00e0 fait un hasard. Il y a quelque chose du Audiard premi\u00e8re p\u00e9riode chez Balagov. On pense \u00e0 De\u00a0battre mon c\u0153ur s\u2019est arr\u00eat\u00e9, sans le piano ni l\u2019inoubliable Niels Arestrup en p\u00e8re monstrueux.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Azik est une autre figure de p\u00e8re. Cuisinier dans un restaurant du New Jersey tenu par sa s\u0153ur Zalya (Riley Keough), il passe son temps \u00e0 boire, \u00e0 s\u2019endetter, \u00e0 rater le peu qu\u2019il entreprend. Barry Keoghan, l\u2019acteur irlandais du moment (Peaky Blinders\u00a0: L\u2019Immortel, futur Ringo Starr dans les Beatles de Sam Mendes), pr\u00eate \u00e0 ce p\u00e8re immature sa pr\u00e9sence fr\u00eale et intranquille. Le fils est un adolescent de 16\u00a0ans surnomm\u00e9 Pyteh. Il pratique la lutte, regarde son p\u00e8re avec un m\u00e9lange de piti\u00e9 et d\u2019inqui\u00e9tude. Autour d\u2019eux gravitent des personnages \u00e0 peine esquiss\u00e9s. Un propri\u00e9taire de restaurants ambitieux. Une lutteuse afro-am\u00e9ricaine complex\u00e9e. Et il y a Marat (Harry Melling, le masochiste fleur bleue de\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/cinema\/notre-critique-du-film-pillion-moto-maso-bobo-20260303\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"LEFIGARO\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Pillion<\/a> ), l\u2019ami d\u2019Azik, par qui la trag\u00e9die arrive sans pr\u00e9venir, malgr\u00e9 la frustration et les renoncements qui s\u2019accumulent dans la premi\u00e8re heure.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Butterfly Jam, film situ\u00e9 aux \u00c9tats-Unis, r\u00e9alis\u00e9 par un Russe et tourn\u00e9 dans le nord de la France avec des acteurs anglo-saxons, ne convainc pas tout \u00e0 fait. Il souffre sans doute des al\u00e9as de sa fabrication. Mais il rappelle que le cin\u00e9ma, malgr\u00e9 tout, est une terre d\u2019accueil pour les \u00eatres d\u00e9racin\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">La note du Figaro\u00a0: 2\/4<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"LA QUINZAINE DES CIN\u00c9ASTES &#8211; En ouverture de la Quinzaine, le r\u00e9alisateur russe qui avait fait sensation en&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":106827,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[97],"tags":[12,13,18,17,96,95,1294,106,1101,105,2509],"class_list":{"0":"post-106826","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-films","8":"tag-be","9":"tag-be-fr","10":"tag-belgique","11":"tag-belgium","12":"tag-divertissement","13":"tag-entertainment","14":"tag-festival-de-cannes","15":"tag-films","16":"tag-jacques-audiard","17":"tag-movies","18":"tag-vladimir-poutine"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@be_fr\/116572355594991723","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/106826","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=106826"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/106826\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/106827"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=106826"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=106826"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=106826"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}