{"id":10884,"date":"2026-02-18T14:00:07","date_gmt":"2026-02-18T14:00:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/10884\/"},"modified":"2026-02-18T14:00:07","modified_gmt":"2026-02-18T14:00:07","slug":"une-etude-evoque-40-de-risque-de-victimes-liees-aux-debris-spatiaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/10884\/","title":{"rendered":"une \u00e9tude \u00e9voque 40 % de risque de victimes li\u00e9es aux d\u00e9bris spatiaux"},"content":{"rendered":"<p>Le d\u00e9lire des m\u00e9gaconstellations a explos\u00e9 au beau milieu des ann\u00e9es 2010, lorsque Elon Musk et SpaceX annonc\u00e8rent <a href=\"https:\/\/www.presse-citron.net\/mon-aventure-starlink-ep-3-3-un-an-apres-voici-les-3-lecons-a-retenir\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">le projet Starlink<\/a>. Ce n\u2019\u00e9tait que le d\u00e9but de la fi\u00e8vre, qui provoqua une br\u00e8che dans laquelle nombre d\u2019acteurs se sont engouffr\u00e9s ; m\u00eame si Starlink reste la reine, elle a \u00e9t\u00e9 suivie par d\u2019autres, motiv\u00e9s par les m\u00eames ambitions\u00a0: la connectivit\u00e9 globale. Amazon avec <a href=\"https:\/\/www.presse-citron.net\/amazon-leo-le-concurrent-de-starlink-prepare-une-seconde-vague-de-satellites-pour-un-total-de-7-700\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Amazon Leo<\/a> (anciennement Kuipler), <a href=\"https:\/\/www.presse-citron.net\/6-choses-a-savoir-sur-eutelsat-le-rival-europeen-de-starlink\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Eutelsat en Europe<\/a>, Blue Origin et <a href=\"https:\/\/www.presse-citron.net\/blue-origin-jeff-bezos-defie-starlink-terawave-connexion-6-tbps\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">son projet TerraWave<\/a>, la Chine avec <a href=\"https:\/\/www.presse-citron.net\/la-chine-donne-le-coup-denvoi-pour-son-concurrent-de-starlink-voici-ce-quon-sait\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">sa constellation Guowang (China SatNet)<\/a> ou Qianfan\u2026 Actuellement, ce sont plus de 15\u00a0000 satellites qui encombrent le ciel, sans compter les dizaines de milliers de d\u00e9bris spatiaux qui tournent \u00e0 toute vitesse autour de notre plan\u00e8te.<\/p>\n<p>En une d\u00e9cennie seulement, nous avons multipli\u00e9 par 11 le nombre d\u2019engins en orbite, qui est aujourd\u2019hui compl\u00e8tement congestionn\u00e9e. Les nouveaux Conquistadors du New Space, profitant d\u2019un vide juridique total, ont fait de la souverainet\u00e9 spatiale un permis de polluer sans aucune contrepartie. Les retomb\u00e9es (sans mauvais jeu de mot) pourraient \u00eatre tr\u00e8s graves selon cette \u00e9tude men\u00e9e par une \u00e9quipe de chercheurs de l\u2019Universit\u00e9 de la Colombie-Britannique (UBC). Publi\u00e9e le 4 f\u00e9vrier 2026 dans <a href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/pii\/S0265964626000044\" target=\"_blank\" rel=\"false noopener nofollow\">la revue Space Policy<\/a>, l\u2019\u00e9quipe a mod\u00e9lis\u00e9 le cycle de vie de onze m\u00e9gaconstellations, repr\u00e9sentant un total colossal de 73\u00a0369 engins. Selon leurs calculs, la probabilit\u00e9 de voir un civil ou un avion de ligne se faire frapper par un d\u00e9bris de satellite s\u2019\u00e9l\u00e8ve aujourd\u2019hui \u00e0 40\u00a0%.<\/p>\n<p> Le grand mensonge de la d\u00e9sint\u00e9gration thermique <\/p>\n<p>Les satellites \u00e9tant compos\u00e9s majoritairement d\u2019aluminium, lorsqu\u2019ils retombent dans l\u2019atmosph\u00e8re, ils sont cens\u00e9s br\u00fbler int\u00e9gralement sous l\u2019effet de la friction. C\u2019est l\u2019argument num\u00e9ro un des industriels pour contourner les exigences de s\u00e9curit\u00e9 impos\u00e9es par les autorit\u00e9s de l\u2019aviation civile et se d\u00e9douaner de toute responsabilit\u00e9 si un probl\u00e8me a lieu un jour. C\u2019est oublier un peu vite que d\u2019autres m\u00e9taux rentrent aussi dans la conception d\u2019un satellite : du titane, de l\u2019acier inoxydable, du b\u00e9ryllium ou du carbure de silicium.<\/p>\n<p>Si l\u2019aluminium fond effectivement autour de 660\u00b0 C, ces m\u00e9taux poss\u00e8dent un point de fusion beaucoup plus haut (autour de 2\u00a0000 \u00b0 C), et survivraient sans aucun mal \u00e0 une rentr\u00e9e atmosph\u00e9rique. \u00ab\u00a0Notre compr\u00e9hension des processus de combustion orbitale est tout sauf une science exacte\u00a0\u00bb, explique Ewan Wright, auteur principal de l\u2019\u00e9tude.<\/p>\n<p>Si, effectivement, la chance qu\u2019un d\u00e9bris spatial touche quelqu\u2019un au sol est statistiquement tr\u00e8s faible, cet argument ne tient plus la route si l\u2019on suit la Loi de Murphy. Tout ce qui a une probabilit\u00e9 non nulle d\u2019arriver finira n\u00e9cessairement par se produire puisque la croissance exponentielle des flottes de satellites augmente statistiquement le risque d\u2019impact au sol. \u00ab\u00a0Si ne serait-ce qu\u2019un petit fragment de d\u00e9bris de chaque satellite survit \u00e0 la rentr\u00e9e, la probabilit\u00e9 que quelqu\u2019un soit touch\u00e9 pourrait \u00eatre consid\u00e9rable\u00a0\u00bb, alerte le chercheur.<\/p>\n<p> Le Point Nemo ou le crash al\u00e9atoire\u00a0: le pari ind\u00e9cent des op\u00e9rateurs <\/p>\n<p>Autre probl\u00e8me identifi\u00e9 par l\u2019\u00e9tude\u00a0: le caract\u00e8re totalement al\u00e9atoire de ces retours sur Terre. Actuellement, l\u2019immense majorit\u00e9 des satellites terminent leur vie en rentr\u00e9e incontr\u00f4l\u00e9e, car ils n\u2019ont plus assez de carburant pour atteindre le Point Nemo. Situ\u00e9 dans le Pacifique Sud, c\u2019est l\u2019endroit le plus \u00e9loign\u00e9 de toute terre \u00e9merg\u00e9e, un cimeti\u00e8re spatial id\u00e9al pour faire s\u2019\u00e9craser les engins spatiaux.<\/p>\n<p>Mais nos Space-Bros, pour ne pas alourdir leurs satellites et r\u00e9duire leurs marges de profits, refusent d\u2019embarquer des r\u00e9serves de carburant d\u00e9di\u00e9es \u00e0 une d\u00e9sorbitation contr\u00f4l\u00e9e et s\u2019en remettent \u00e0 la gravit\u00e9. La plupart des satellites plongent donc au gr\u00e9 de la tra\u00een\u00e9e atmosph\u00e9rique et d\u00e9rivent jusqu\u2019\u00e0 ce que les couches hautes de l\u2019atmosph\u00e8re le happent. Il disperse alors ses restes incandescents sur des milliers de kilom\u00e8tres, souvent le long de corridors a\u00e9riens ou au-dessus de zones habit\u00e9es. C\u2019est le destin de 70\u00a0% des satellites en orbite basse, qui n\u2019ont aucune capacit\u00e9 de rentr\u00e9e contr\u00f4l\u00e9e.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi les auteurs de l\u2019\u00e9tude appellent \u00e0 une r\u00e9vision des normes internationales, incluant une \u00e9valuation du risque cumulatif\u00a0: on ne peut plus se permettre de juger la dangerosit\u00e9 d\u2019un seul satellite, mais de la flotte \u00e0 laquelle il appartient. Pour forcer la main des industriels, les chercheurs militent pour une interdiction pure et simple des rentr\u00e9es incontr\u00f4l\u00e9es pour tout engin dont une partie pourrait survivre \u00e0 la rentr\u00e9e atmosph\u00e9rique.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Bon courage\u00a0!\u00a0\u00bb, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse leur dire, car m\u00eame si leur proposition est la seule qui soit intellectuellement honn\u00eate et pertinente, ils s\u2019attaquent \u00e0 un mur en b\u00e9ton arm\u00e9. Le lobbying du New Space a le bras long et surtout, il a l\u2019oreille des gouvernements qui ne jurent que par la souverainet\u00e9 num\u00e9rique et la supr\u00e9matie technologique. Pour les \u00c9tats-Unis (exemple pris compl\u00e8tement au hasard), brider SpaceX ou Amazon avec des normes de s\u00e9curit\u00e9 trop strictes, c\u2019est prendre le risque de voir ses champion nationaux se faire distancer par la Chine, qui, elle, ne s\u2019embarrassera pas de suivre la moindre r\u00e8gle. On en reparlera quand un vieux bout de fus\u00e9e sovi\u00e9tique ou un panneau solaire de satellite en fusion traversera l\u2019aile d\u2019un Boeing 747 en plein vol ou s\u2019\u00e9crasera en plein milieu d\u2019une banlieue riche de Los Angeles. Le Wi-Fi pour tous vaut bien quelques dommages collat\u00e9raux, non\u00a0?<\/p>\n<p>  Une \u00e9tude estime que le risque d\u2019impact de d\u00e9bris spatiaux sur des civils ou des avions pourrait atteindre 40\u00a0%. Le nombre de satellites en orbite a explos\u00e9, rendant l\u2019espace congestionn\u00e9 et augmentant le risque de d\u00e9bris incontr\u00f4l\u00e9s. Les chercheurs appellent \u00e0 une r\u00e9vision des normes internationales sur la d\u00e9sorbitation des satellites pour r\u00e9duire ce danger.   <\/p>\n<p class=\"text-base text-neutral-700 dark:text-neutral-300\">\ud83d\udccd Pour ne manquer aucune actualit\u00e9 de Presse-citron, suivez-nous sur <a href=\"https:\/\/news.google.com\/publications\/CAAqBggKMIPiNTC70wU?hl=fr&amp;gl=FR&amp;ceid=FR%3Afr\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Google Actualit\u00e9s<\/a> et <a href=\"https:\/\/whatsapp.com\/channel\/0029VaCkGuz4NViitBXbEr0b\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">WhatsApp<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le d\u00e9lire des m\u00e9gaconstellations a explos\u00e9 au beau milieu des ann\u00e9es 2010, lorsque Elon Musk et SpaceX annonc\u00e8rent&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":10885,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[70],"tags":[3797,12,13,18,17,1918,220,73,71,75,72,228,76,74],"class_list":{"0":"post-10884","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-sciences-et-technologies","8":"tag-a-la-une","9":"tag-be","10":"tag-be-fr","11":"tag-belgique","12":"tag-belgium","13":"tag-espace","14":"tag-satellite","15":"tag-science","16":"tag-science-and-technology","17":"tag-sciences","18":"tag-sciences-et-technologies","19":"tag-starlink","20":"tag-technologies","21":"tag-technology"},"share_on_mastodon":{"url":"","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10884","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10884"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10884\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10885"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10884"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10884"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10884"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}