{"id":109846,"date":"2026-05-17T12:21:09","date_gmt":"2026-05-17T12:21:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/109846\/"},"modified":"2026-05-17T12:21:09","modified_gmt":"2026-05-17T12:21:09","slug":"rafiki-fariala-en-un-mot-un-geste-et-un-silence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/109846\/","title":{"rendered":"Rafiki Fariala en un mot, un geste et un silence"},"content":{"rendered":"<p>\n                        Comme dans son film \u00ab\u00a0Congo Boy\u00a0\u00bb, la vie de Rafiki Fariala est l\u2019histoire d\u2019un jeune Congolais r\u00e9fugi\u00e9 en Centrafrique avec ses petits fr\u00e8res et s\u0153urs, dont les parents se trouvent en prison pour avoir franchi ill\u00e9galement la fronti\u00e8re. Depuis, il a r\u00e9ussi un parcours \u00e9poustouflant. En 2019, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 21 ans, il tourne \u00ab\u00a0You and Me\u00a0\u00bb, une travers\u00e9e de 29 minutes de la soci\u00e9t\u00e9 centrafricaine \u00e0 Bangui, en compagnie d\u2019un jeune couple. En 2022, son documentaire \u00ab\u00a0Nous, \u00e9tudiants\u00a0\u00bb est tellement percutant qu\u2019il est censur\u00e9 apr\u00e8s avoir d\u00e9nonc\u00e9 les abus dans son universit\u00e9. Et aujourd\u2019hui, il se retrouve en s\u00e9lection officielle du Festival de Cannes avec \u00ab\u00a0Congo Boy\u00a0\u00bb.        <\/p>\n<p class=\"m-pub-dates\">Publi\u00e9 le : 17\/05\/2026 &#8211; 11:42<\/p>\n<p>    5 min    Temps de lecture\n<\/p>\n<p>Attention, vous allez pleurer\u00a0! Rafiki Fariala raconte avec une sinc\u00e9rit\u00e9 d\u00e9sarmante son histoire sous forme de fiction avec Bradley Fiomona Dembeasset dans le r\u00f4le principal. Ce dernier incarne Robert, son alter ego, avec brio et une \u00e9nergie qui transperce le grand \u00e9cran. Pour le jeune acteur centrafricain, c\u2019est le premier r\u00f4le dans un film et il l\u2019interpr\u00e8te avec un grand charisme et une \u00e9nergie d\u00e9bordante\u00a0: \u00ab\u00a0Cette \u00e9nergie vient s\u00fbrement d&rsquo;une ressemblance de cette histoire avec moi. Mon p\u00e8re aussi ne veut pas trop que je fasse de la musique. J\u2019ai l&rsquo;impression de parler \u00e0 mon p\u00e8re. Rafiki a v\u00e9cu cette histoire, donc il \u00e9tait l\u00e0 pour me diriger, pour me dire quoi faire. Moi, j&rsquo;avais une tr\u00e8s belle connexion avec lui.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p> Les douleurs et les difficult\u00e9s, les espoirs et le courage <\/p>\n<p>Le tout est admirablement film\u00e9, avec une cam\u00e9ra qui ne l\u00e2che pas une miette de ce tourbillon qu\u2019est la ville de Bangui, o\u00f9 la survie ne tient qu&rsquo;\u00e0 un fil et o\u00f9 le Congo se trouve juste derri\u00e8re les collines si belles \u00e0 regarder. \u00ab\u00a0Le Congo Boy Robert veut faire de la musique, mais ses parents veulent plut\u00f4t qu&rsquo;il puisse faire la m\u00e9decine, raconte Rafiki Fariala. Ses parents sont en prison. Il se retrouve tout seul \u00e0 nourrir ses petits fr\u00e8res et s\u0153urs. Il va faire un concours de musique, laver des voitures, faire ses \u00e9tudes et chercher \u00e0 trouver une solution pour ses parents.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans son introspection, les images vibrent avec les habitants et les habitats souvent d\u00e9labr\u00e9s, la vie, crachotante, et la violence incessante. Un quotidien tiraill\u00e9 entre sapeurs et violeurs, entre le grand c\u0153ur des uns et la corruption facile des autres. Dans Congo Boy, chacune des sc\u00e8nes respire les douleurs et les difficult\u00e9s, les espoirs et le courage. \u00ab\u00a0J\u2019ai cach\u00e9 mon identit\u00e9, avoue Rafiki Fariala. Je n\u2019ai pas dit \u00e0 mes amis que je suis Congolais. Personne ne savait que j&rsquo;\u00e9tais un r\u00e9fugi\u00e9 congolais en Centrafrique. C&rsquo;\u00e9tait interdit. Mes parents ne voulaient pas que je le dise, parce que ce n&rsquo;\u00e9tait pas prudent. J&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire ce projet \u00e0 la premi\u00e8re personne et, apr\u00e8s, j&rsquo;ai \u00e9crit le sc\u00e9nario \u00e0 la troisi\u00e8me personne au nom de Robert.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Etudes, dipl\u00f4me, cravate, veste\u2026\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>Congo Boy est aussi l\u2019histoire d\u2019un p\u00e8re souhaitant le meilleur pour son fils qu\u2019il incite \u00e0 \u00e9tudier m\u00eame la nuit. M\u00eame derri\u00e8re les barreaux de sa prison, il n\u2019envisage pas de l\u00e2cher son fils avant que celui-ci ait son bac et r\u00e9aliser le grand r\u00eave de son g\u00e9niteur\u00a0: devenir le p\u00e8re d\u2019un m\u00e9decin. \u00ab\u00a0L&rsquo;ancienne g\u00e9n\u00e9ration a sa mani\u00e8re de voir les choses\u00a0: \u00e9tudes, dipl\u00f4me, cravate, veste\u2026 Pour eux, c&rsquo;est \u00e7a la vie. Mais ce n&rsquo;est pas forc\u00e9ment \u00e7a la vie que tu veux faire. J&rsquo;ai fait des \u00e9tudes pour faire plaisir \u00e0 mes parents, mais aujourd&rsquo;hui je fais du cin\u00e9ma. Je n&rsquo;ai pas fait d&rsquo;\u00e9cole de cin\u00e9ma et je me retrouve aujourd\u2019hui \u00e0 Cannes. \u00c7a veut dire que c&rsquo;est possible.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans le film, son alter ego Robert se sent pouss\u00e9 par d\u2019autres r\u00eaves. La nuit, il met sa casquette rouge et sa cha\u00eene de coquillages et s\u2019\u00e9chappe dans les bo\u00eetes de rap pour \u00e9lectriser la foule et forcer son destin sous son nom d\u2019artiste Big-R. Un peu comme Bradley Fiomona Dembeasset a d\u00e9croch\u00e9 ce r\u00f4le de r\u00eave dans Congo Boy. \u00ab\u00a0Cela a d\u00e9but\u00e9 dans mon lyc\u00e9e. J&rsquo;allais en cours, j&rsquo;avais cours comme d&rsquo;habitude, et Rafiki et toute l&rsquo;\u00e9quipe \u00e9taient l\u00e0. Ils \u00e9taient l\u00e0 pour rechercher des jeunes qui pourraient interpr\u00e9ter ce r\u00f4le. Et moi j&rsquo;\u00e9tais l\u00e0.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Un jour, \u00e7a ira. Il faut se battre \u00bb <\/p>\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 du personnage de Robert, sa musique tient \u00e9galement un r\u00f4le principal et porte l\u2019histoire du film. Avec ses petits fr\u00e8res et s\u0153urs, ils chantent ensemble leur \u00ab\u00a0combat pour la paix\u00a0\u00bb. Une berceuse r\u00e9ussit \u00e0 faire oublier au petit Daniel la guerre qui fait rage \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Et Robert continue \u00e0 chanter m\u00eame sous le coup de feu des rebelles terrorisant la ville. Quand il chante \u00ab\u00a0la langue et les dents se mordent, mais se s\u00e9parent jamais\u00a0\u00bb, il reprend les mots de sa tante et perp\u00e9tue ainsi la tradition et la transmission. Chaque \u00e9preuve le rapproche de son r\u00eave qui para\u00eet si impossible. Pour Rafiki Fariala, le fil rouge de sa vie r\u00e9sonne dans le refrain d\u2019une chanson\u00a0: \u00ab\u00a0Un jour, \u00e7a ira. Il faut se battre \u00bb. \u00ab\u00a0\u00c0 travers la musique, j&rsquo;ai pu respirer, mais aussi parce que j&rsquo;ai eu espoir, parce que j&rsquo;ai r\u00e9ussi \u00e0 me battre. Il ne faut pas l\u00e2cher. Si on l\u00e2che, on meurt.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 vents et mar\u00e9es, le jeune Congo Boy r\u00e9ussit \u00e0 frayer son chemin, montre patte blanche en faisant son coming out en tant que Congolais, dans un pays o\u00f9 les r\u00e9fugi\u00e9s congolais ont tr\u00e8s mauvaise r\u00e9putation. Un d\u00e9fi que Rafiki Fariala a relev\u00e9 m\u00eame avant le d\u00e9but du film, dans son avant-propos affich\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran\u00a0: \u00ab\u00a0Bangui est ma ville, mon abri\u00a0\u00bb. Un hommage d\u00e9chirant \u00e0 sa nouvelle patrie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Comme dans son film \u00ab\u00a0Congo Boy\u00a0\u00bb, la vie de Rafiki Fariala est l\u2019histoire d\u2019un jeune Congolais r\u00e9fugi\u00e9 en&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":109847,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[97],"tags":[6203,12,13,18,17,29565,40054,133,419,27080,96,95,106,105,13241,40056,40055,40057,1224],"class_list":["post-109846","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-films","tag-afrique","tag-be","tag-be-fr","tag-belgique","tag-belgium","tag-cannes-2026","tag-centrafrique","tag-cinema","tag-culture","tag-culture-afrique","tag-divertissement","tag-entertainment","tag-films","tag-movies","tag-notre-selection","tag-un-geste","tag-un-mot","tag-un-silence","tag-videos"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@be_fr\/116589892920416604","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/109846","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=109846"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/109846\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/109847"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=109846"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=109846"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=109846"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}