{"id":115117,"date":"2026-05-22T07:39:20","date_gmt":"2026-05-22T07:39:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/115117\/"},"modified":"2026-05-22T07:39:20","modified_gmt":"2026-05-22T07:39:20","slug":"proces-falzone-les-infirmieres-urgentistes-ont-ete-applaudies-par-le-public-la-famille-de-florian-devise-les-remercie-davoir-change-la-pastille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/115117\/","title":{"rendered":"Proc\u00e8s Falzone\u00a0: Les infirmi\u00e8res urgentistes ont \u00e9t\u00e9 applaudies par le public, la famille de Florian Devise les remercie d&rsquo;avoir chang\u00e9 la pastille"},"content":{"rendered":"<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Tr\u00e8s vite, les t\u00e9l\u00e9phones explosent d&rsquo;appels. Des voix paniqu\u00e9es, confuses, parfois incoh\u00e9rentes. Certains parlent d&rsquo;une bombe, d&rsquo;autres d&rsquo;un objet ayant travers\u00e9 la foule. Personne ne comprend encore vraiment ce qui vient de se produire. Puis un coll\u00e8gue, gille \u00e0 Binche, prononce un mot qui glace imm\u00e9diatement l&rsquo;op\u00e9ratrice : un ramassage. \u00c0 cet instant, elle sait d\u00e9j\u00e0 que ce n&rsquo;est pas un banal accident de roulage. Que la nuit vient de basculer dans l&rsquo;horreur.<\/p>\n<p>L&rsquo;attentat<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Quand la premi\u00e8re \u00e9quipe arrive sur place, le doute n&rsquo;existe plus. \u00ab\u00a0La premi\u00e8re chose que je dis \u00e0 mes coll\u00e8gues : on a un attentat. On est pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 \u00e7a\u00a0\u00bb. Malgr\u00e9 l&rsquo;exp\u00e9rience, malgr\u00e9 les formations, l&rsquo;\u00e9motion gagne chacun. Les appels deviennent tous semblables, tous empreints de panique et de sanglots. Deux lignes seulement restent ouvertes : celle de Paolo Falzone\u2026 et celle de sa maman.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.dhnet.be\/regions\/centre\/2026\/05\/21\/proces-falzone-la-richesse-de-ce-proces-est-davoir-pu-laisser-les-victimes-sexprimer-dans-un-proces-qui-se-deroule-parfaitement-OJR3L6ADABFNDDWRGTXYR3F24Q\/\" target=\"_self\" class=\"ap-StoryInterstitialLink ap-StoryElement ap-StoryElement--mb\" rel=\"nofollow noopener\">Proc\u00e8s Falzone : Les victimes ont pu s&rsquo;exprimer librement dans un proc\u00e8s qui se d\u00e9roule parfaitement<\/a><\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Un agent tente d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment de rappeler Paolo, sans succ\u00e8s. Alors l&rsquo;op\u00e9ratrice reste avec sa m\u00e8re au t\u00e9l\u00e9phone. Elle comprend peu \u00e0 peu que son fils a 32 ans. Elle imaginait un jeune conducteur, elle d\u00e9couvre un homme au milieu d&rsquo;un drame inimaginable. \u00ab\u00a0Je lui parle de maman \u00e0 maman\u00a0\u00bb, confie-t-elle. Au bout du fil, la femme d\u00e9couvre peu \u00e0 peu le d\u00e9sastre. L&rsquo;op\u00e9ratrice l&rsquo;accompagne jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elle arrive pr\u00e8s de la voiture.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Pendant ce temps, les h\u00f4pitaux de la r\u00e9gion sont plac\u00e9s en \u00e9tat d&rsquo;alerte. Les secours affluent de partout. Les bilans tombent les uns apr\u00e8s les autres, chaque nouvelle information apportant son lot de stupeur. Et pourtant, au milieu de cette temp\u00eate humaine, un lien invisible unit les intervenants. \u00ab\u00a0Ce qu&rsquo;on vit \u00e0 cet instant T, c&rsquo;est entre nous, c&rsquo;est notre histoire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Apr\u00e8s sa garde, sur la route du retour, l&rsquo;op\u00e9ratrice craque. Elle pleure au t\u00e9l\u00e9phone avec son mari, submerg\u00e9e par le stress, l&rsquo;adr\u00e9naline qui retombe et les images qui ne quittent plus son esprit.<\/p>\n<p>Deux h\u00e9ro\u00efnes<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Puis viennent les t\u00e9moignages des infirmi\u00e8res urgentistes. Deux femmes d\u00e9j\u00e0 confront\u00e9es aux attentats de Bruxelles. Deux professionnelles aguerries. Pourtant, cette nuit-l\u00e0 les a profond\u00e9ment boulevers\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Quand l&rsquo;appel tombe, elles comprennent imm\u00e9diatement que leurs capacit\u00e9s risquent d&rsquo;\u00eatre d\u00e9pass\u00e9es. Dans le v\u00e9hicule d&rsquo;urgence, elles changent leur mani\u00e8re d&rsquo;intervenir. \u00ab\u00a0Nous sommes sur un plan catastrophe\u00a0\u00bb. Les gestes deviennent m\u00e9caniques, dict\u00e9s par les proc\u00e9dures apprises pour les pires sc\u00e9narios.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Mais rien ne pr\u00e9pare vraiment \u00e0 ce qu&rsquo;elles d\u00e9couvrent en haut de la rue des Canadiens.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">D&rsquo;abord Fr\u00e9d\u00e9ric D&rsquo;Andrea, d\u00e9j\u00e0 pris en charge. Puis, en redescendant, la sc\u00e8ne enti\u00e8re appara\u00eet. \u00ab\u00a0C&rsquo;est un carnage\u00a0\u00bb. Des corps allong\u00e9s partout. Le silence \u00e9trange d&rsquo;un chaos fig\u00e9. \u00ab\u00a0C&rsquo;est un chaos tr\u00e8s calme, bizarrement\u00a0\u00bb. Cette phrase r\u00e9sonne longtemps dans la salle, laissant derri\u00e8re elle un frisson palpable.<\/p>\n<p>Poste m\u00e9dical avanc\u00e9<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Une autre \u00e9quipe SMUR trie d\u00e9j\u00e0 les victimes. Les urgentistes se r\u00e9partissent les r\u00f4les sans un mot inutile. Chacun agit, port\u00e9 par l&rsquo;urgence absolue. Un poste m\u00e9dical avanc\u00e9 est ouvert dans le home L&rsquo;Espoir. Les victimes affluent. Les d\u00e9cisions doivent \u00eatre prises en quelques secondes. Qui sauver en priorit\u00e9. Qui peut encore \u00eatre aid\u00e9. Qui ne le peut plus.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">L&rsquo;une des infirmi\u00e8res craque en \u00e9voquant ce moment. \u00ab\u00a0C&rsquo;est de la m\u00e9decine de guerre\u00a0\u00bb, souffle-t-elle avec \u00e9motion. Malgr\u00e9 les formations, malgr\u00e9 l&rsquo;exp\u00e9rience, elle avoue avoir \u00e9t\u00e9 plus marqu\u00e9e par Str\u00e9py que par les attentats de Bruxelles. Cette fois, les familles \u00e9taient l\u00e0. Tout pr\u00e8s. Les regards, les supplications, les cris accompagnaient chaque d\u00e9cision. \u00ab\u00a0Il a fallu prendre des d\u00e9cisions difficiles, sans m\u00eame pouvoir adresser des mots, si importants\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Sa coll\u00e8gue parle alors de ce sentiment d&rsquo;impuissance qui l&rsquo;habite encore. \u00ab\u00a0Parfois, un mot change tout\u00a0\u00bb. Mais cette nuit-l\u00e0, il n&rsquo;y avait m\u00eame plus de mots possibles. Il y avait cette famille demandant de sauver Monsieur D&rsquo;Andrea. Ce compagnon qui demandait pourquoi personne n&rsquo;agissait encore pour Madame Gara, alors qu&rsquo;un macaron noir indiquait d\u00e9j\u00e0 qu&rsquo;il n&rsquo;y avait plus rien \u00e0 faire.<\/p>\n<p>Une Binchoise<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">L&rsquo;une des infirmi\u00e8res, originaire de Binche et profond\u00e9ment attach\u00e9e au folklore, raconte alors le geste qui continue de la hanter : elle a d\u00fb d\u00e9couper un costume de gille pour tenter de sauver une victime. Pour elle, ce costume repr\u00e9sente bien plus qu&rsquo;un v\u00eatement. Il est un symbole sacr\u00e9 du carnaval, du respect, de l&rsquo;identit\u00e9 d&rsquo;une ville enti\u00e8re. Depuis ce jour, dit-elle, elle ne regarde plus jamais le carnaval de la m\u00eame mani\u00e8re.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Puis, au milieu de cette douleur, un moment suspendu bouleverse l&rsquo;audience.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.dhnet.be\/regions\/centre\/2026\/05\/21\/proces-falzone-un-temoin-affirme-avoir-vu-paolo-falzone-sourire-pres-de-sa-voiture-juste-apres-le-drame-BCNHSSBCERGS3FJ3DNQDYQM7R4\/\" target=\"_self\" class=\"ap-StoryInterstitialLink ap-StoryElement ap-StoryElement--mb\" rel=\"nofollow noopener\">Proc\u00e8s Falzone : Un t\u00e9moin affirme avoir vu Paolo sourire pr\u00e8s de sa voiture, juste apr\u00e8s le drame<\/a><\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">La famille de Florian Devise prend la parole pour remercier les deux infirmi\u00e8res. Elles ont chang\u00e9 \u00ab\u00a0la couleur de la pastille de Florian\u00a0\u00bb. Il est pris en charge rapidement, et sauv\u00e9. Son p\u00e8re, la voix tremblante, leur dit simplement : \u00ab\u00a0S&rsquo;il est \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de nous aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 vous\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Florian et ses proches se l\u00e8vent alors pour embrasser les deux. Le public se l\u00e8ve pour applaudir ces deux h\u00e9ro\u00efnes, Julie et Caroline.<\/p>\n<p>Des professionnels marqu\u00e9s \u00e0 vie<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Un pompier ambulancier d&rsquo;Ath a \u00e9t\u00e9 d\u00e9p\u00each\u00e9 rue des Canadiens. Tr\u00e8s vite, il a compris qu&rsquo;un drame d&rsquo;une ampleur exceptionnelle venait de se produire dans la r\u00e9gion du Centre. Habitu\u00e9 aux interventions li\u00e9es aux accidents de la route, il a imm\u00e9diatement per\u00e7u que la situation d\u00e9passait tout ce qu&rsquo;il avait connu jusque-l\u00e0.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Un secouriste exp\u00e9riment\u00e9, engag\u00e9 au poste m\u00e9dical avanc\u00e9, raconte avoir \u00e9t\u00e9 submerg\u00e9 par l&rsquo;\u00e9motion une fois sa mission termin\u00e9e. \u00ab\u00a0En Italie, j&rsquo;ai v\u00e9cu des avalanches et des tremblements de terre. L\u00e0-bas, les causes \u00e9taient naturelles. \u00c0 Str\u00e9py, la cause \u00e9tait humaine.\u00a0\u00bb Ce professionnel retient avant tout la solidarit\u00e9 et la bienveillance qui ont marqu\u00e9 cette journ\u00e9e, m\u00eame si l&rsquo;\u00e9motion reste encore tr\u00e8s pr\u00e9sente aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Une m\u00e9decin de Charleroi, forte de vingt ann\u00e9es d&rsquo;exp\u00e9rience, a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 appel\u00e9e sur les lieux. \u00c0 son arriv\u00e9e, elle a crois\u00e9 un homme qui la suppliait de sauver son p\u00e8re. Affect\u00e9e au poste m\u00e9dical avanc\u00e9, elle s&rsquo;est retrouv\u00e9e confront\u00e9e \u00e0 un tr\u00e8s grand nombre de bless\u00e9s. \u00ab\u00a0Il fallait prendre des d\u00e9cisions rapidement et tenter de faire les choses correctement\u00a0\u00bb, confie-t-elle avec \u00e9motion. Elle souligne le calme et l&rsquo;entraide qui r\u00e9gnaient parmi les \u00e9quipes de secours. Comme d&rsquo;autres intervenants, elle \u00e9voque une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0m\u00e9decine de guerre\u00a0\u00bb et un profond sentiment d&rsquo;impuissance face \u00e0 l&rsquo;ampleur de la trag\u00e9die. \u00ab\u00a0Quelle horreur\u2026 c&rsquo;est vraiment une horreur\u00a0\u00bb, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Un ambulancier du SMUR d&rsquo;un h\u00f4pital carolor\u00e9gien, actif depuis plus de vingt ans, a lui aussi \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 au poste m\u00e9dical avanc\u00e9. Il se souvient de six corps sans vie et de nombreux bless\u00e9s. Cette intervention l&rsquo;a profond\u00e9ment marqu\u00e9. \u00ab\u00a0Apr\u00e8s le d\u00e9briefing, organis\u00e9 deux jours plus tard, on voulait me mettre sur une voie de garage. J&rsquo;ai craqu\u00e9. Quelques jours apr\u00e8s, le 1er avril, j&rsquo;ai appel\u00e9 mon chef pour lui dire que je ne dormais plus. On m&rsquo;a r\u00e9pondu que je devais fumer un joint pour me d\u00e9tendre.\u00a0\u00bb Lorsqu&rsquo;il a repris le travail, il fonctionnait en pilote automatique, hant\u00e9 par les images de Str\u00e9py. En ao\u00fbt, son corps a fini par c\u00e9der. Avec courage, il a ensuite entrepris une formation d&rsquo;aide-soignant.<\/p>\n<p class=\"ap-StoryElement ap-StoryElement--mb ap-StoryText\">Un autre pompier est intervenu directement sur le v\u00e9hicule impliqu\u00e9. Il a particip\u00e9 \u00e0 l&rsquo;extraction des victimes, dont Fifa, dont l&rsquo;\u00e9tat se d\u00e9gradait rapidement. \u00ab\u00a0Nous avons d\u00fb d\u00e9couper le pare-brise pour extraire la personne d\u00e9c\u00e9d\u00e9e afin de pouvoir porter secours \u00e0 celle qui \u00e9tait en urgence vitale. Je ne me souviens m\u00eame plus de l&rsquo;\u00e9tat du pare-brise\u00a0\u00bb, explique-t-il. Il \u00e9voque un profond sentiment d&rsquo;impuissance ainsi qu&rsquo;une grande empathie envers les familles touch\u00e9es. Selon lui, beaucoup de pompiers connaissaient au moins une personne pr\u00e9sente au carnaval ce jour-l\u00e0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Tr\u00e8s vite, les t\u00e9l\u00e9phones explosent d&rsquo;appels. Des voix paniqu\u00e9es, confuses, parfois incoh\u00e9rentes. 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