{"id":121771,"date":"2026-05-28T10:53:10","date_gmt":"2026-05-28T10:53:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/121771\/"},"modified":"2026-05-28T10:53:10","modified_gmt":"2026-05-28T10:53:10","slug":"trump-prepare-un-retrait-militaire-massif-deurope-lotan-sous-pression","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/121771\/","title":{"rendered":"Trump pr\u00e9pare un retrait militaire massif d&rsquo;Europe: l&rsquo;Otan sous pression"},"content":{"rendered":"<p>27 mai 2026Aujourd&rsquo;hui \u00e0 15:37<\/p>\n<p>Mise \u00e0 jour \u00e027 mai 2026 19:59<\/p>\n<p>Washington envisage de r\u00e9duire fortement sa pr\u00e9sence militaire en Europe, selon des plans \u00e9voqu\u00e9s au sein de l&rsquo;Otan. Une perspective qui inqui\u00e8te les Alli\u00e9s, alors que les capacit\u00e9s am\u00e9ricaines restent centrales dans la d\u00e9fense du continent face \u00e0 la Russie.<\/p>\n<p>Le r\u00e9sum\u00e9<\/p>\n<p>L&rsquo;administration Trump pr\u00e9pare une r\u00e9duction spectaculaire de la pr\u00e9sence militaire am\u00e9ricaine en Europe: avions de chasse, bombardiers, drones et forces navales seraient retir\u00e9s ou red\u00e9ploy\u00e9s. Face \u00e0 une Russie mena\u00e7ante, les Europ\u00e9ens d\u00e9couvrent qu&rsquo;ils ne disposent ni des moyens ni du temps pour remplacer seuls le parapluie am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>Depuis son retour \u00e0 la Maison-Blanche, Donald Trump menace de retirer des troupes am\u00e9ricaines d&rsquo;Europe, que ce soit pour obtenir de ses alli\u00e9s une hausse des d\u00e9penses militaires ou les punir de ne pas soutenir son op\u00e9ration en Iran. Jusqu&rsquo;ici, l&rsquo;\u00e9tendue de ce retrait \u00e9tait une inconnue, hormis quelques signaux, comme le d\u00e9part de 5.000 soldats du territoire allemand.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La v\u00e9rit\u00e9 est que l&rsquo;Europe ne peut pas se passer de ces capacit\u00e9s a\u00e9riennes et navales dans sa configuration actuelle.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>Daniel Fiott<\/p>\n<p>Directeur du programme d\u00e9fense au Center for Security, Diplomacy and Strategy (CSDS).<\/p>\n<p>On en sait d\u00e9sormais davantage sur les plans am\u00e9ricains: ce retrait ira plus loin que quelques milliers d&rsquo;hommes. Vendredi dernier, lors d&rsquo;une r\u00e9union \u00e0 huis clos des directeurs politiques, \u00e0 l&rsquo;Otan, le conseiller du Pentagone, Alexander Velez-Green, a inform\u00e9 les alli\u00e9s des intentions de la Maison-Blanche. <\/p>\n<p>D&rsquo;apr\u00e8s le journal allemand Der Spiegel, Washington pr\u00e9voit de retirer du continent un tiers de ses avions de chasse, la moiti\u00e9 de ses bombardiers strat\u00e9giques et la totalit\u00e9 des drones de reconnaissance. Les sous-marins et une partie des destroyers affect\u00e9s \u00e0 l&rsquo;Alliance seront repositionn\u00e9s ailleurs sur le globe. La \u00ab\u00a0cavalerie\u00a0\u00bb, les forces rapides d\u00e9ploy\u00e9es en cas d&rsquo;attaque russe \u00e9clair, sera r\u00e9duite. Un tel d\u00e9sengagement, s&rsquo;il est effectif, marquerait une rupture strat\u00e9gique majeure pour l&rsquo;Europe.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;existe aucun calendrier pr\u00e9cis pour ce retrait, qui sera discut\u00e9 lors d&rsquo;une r\u00e9union de l&rsquo;Otan le 18 juin et au sommet d&rsquo;Ankara, les 7 et 8 juillet. <\/p>\n<p>Lire aussi<a class=\"c-inline-story__link\" href=\"https:\/\/www.lecho.be\/dossiers\/guerre-au-moyen-orient\/a-helsingborg-l-unite-de-l-otan-eprouvee-par-les-signaux-contradictoires-de-washington\/10661692.html\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">\u00c0 Helsingborg, l\u2019unit\u00e9 de l\u2019Otan \u00e9prouv\u00e9e par les signaux contradictoires de Washington<\/a><\/p>\n<p>Trump d\u00e9sarme l&rsquo;Europe<\/p>\n<p>Depuis la fin de la Guerre froide, les Europ\u00e9ens ont construit leur d\u00e9fense sur un postulat simple: en cas de crise majeure avec la Russie, Washington fournira les capacit\u00e9s critiques. <\/p>\n<p>Les arm\u00e9es europ\u00e9ennes disposent de forces terrestres importantes, mais elles d\u00e9pendent largement des Am\u00e9ricains pour les moyens dits \u00ab\u00a0de haute intensit\u00e9\u00a0\u00bb: renseignement satellitaire, drones, ravitaillement en vol, d\u00e9fense antimissile, bombardement strat\u00e9gique ou guerre sous-marine.<\/p>\n<p>Or ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment ces capacit\u00e9s que les \u00c9tats-Unis envisagent de retirer ou de r\u00e9duire drastiquement. Le signal politique est clair: l&rsquo;Europe devra apprendre \u00e0 se d\u00e9fendre avec beaucoup moins d&rsquo;appui am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me est que ces capacit\u00e9s sont extr\u00eamement difficiles \u00e0 remplacer en quelques ann\u00e9es. Les bombardiers strat\u00e9giques am\u00e9ricains, capables de frapper \u00e0 longue distance tout en portant la composante nucl\u00e9aire de l&rsquo;Otan, n&rsquo;ont aucun \u00e9quivalent europ\u00e9en. <\/p>\n<p>M\u00eame constat pour les sous-marins nucl\u00e9aires d&rsquo;attaque am\u00e9ricains ou les drones ISR (Intelligence, Surveillance and Reconnaissance), indispensables pour surveiller les mouvements russes sur le flanc Est.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La v\u00e9rit\u00e9 est que l&rsquo;Europe ne peut pas se passer de ces capacit\u00e9s a\u00e9riennes et navales dans sa configuration actuelle\u00a0\u00bb, analyse\u00a0Daniel Fiott, directeur du programme d\u00e9fense au Center for Security, Diplomacy and Strategy (CSDS). \u00ab\u00a0Cette perte est significative pour la dissuasion en Europe, mais tout d\u00e9pend d\u00e9sormais de la mani\u00e8re dont les Europ\u00e9ens cherchent \u00e0 combler ces d\u00e9ficits\u00a0\u00bb, poursuit-il.<\/p>\n<p>Un pari difficile \u00e0 tenir<\/p>\n<p>L&rsquo;Europe poss\u00e8de des industries de d\u00e9fense puissantes, comme Airbus, Dassault Aviation, BAE Systems ou Leonardo. Mais les \u00e9quipements des arm\u00e9es europ\u00e9ennes sont lacunaires: elles manquent d&rsquo;avions ravitailleurs, de capacit\u00e9s de transport strat\u00e9gique, de satellites militaires et de stocks de munitions longue port\u00e9e.<\/p>\n<p>Certains partis de la coalition, le CD&amp;V en t\u00eate, veulent r\u00e9duire l&rsquo;engagement des d\u00e9penses de d\u00e9fense belges \u00e0 1,8 % du PIB.<\/p>\n<p>La guerre en Ukraine r\u00e9v\u00e8le, depuis quatre ans, cette d\u00e9pendance structurelle. Sans les \u00c9tats-Unis, l&rsquo;Europe peinerait \u00e0 fournir des missiles Patriot, du renseignement en temps r\u00e9el ou une logistique capable de soutenir un conflit prolong\u00e9. Le retrait am\u00e9ricain va placer brutalement les Europ\u00e9ens face \u00e0 leurs insuffisances.<\/p>\n<p>Lire aussi<a class=\"c-inline-story__link\" href=\"https:\/\/www.lecho.be\/dossiers\/guerre-au-moyen-orient\/donald-trump-plonge-l-otan-dans-la-tourmente\/10655332.html\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Donald Trump plonge l&rsquo;Otan dans la tourmente<\/a><\/p>\n<p>La Belgique \u00e0 la marge<\/p>\n<p>Le d\u00e9sengagement am\u00e9ricain pourrait acc\u00e9l\u00e9rer une transformation longtemps repouss\u00e9e. Plusieurs pays ont d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9 des plans massifs de r\u00e9armement, sous l&rsquo;impulsion de la Commission europ\u00e9enne. L&rsquo;Allemagne investit dans une modernisation profonde de la Bundeswehr. La Pologne construit la plus grande arm\u00e9e terrestre europ\u00e9enne. La France pousse depuis des ann\u00e9es l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une autonomie strat\u00e9gique europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L&rsquo;Europe progresse. Les \u00c9tats-Unis signalent depuis longtemps une r\u00e9duction de leurs forces, ce qui explique le renforcement rapide des forces conventionnelles en Allemagne et en Pologne\u00a0\u00bb, estime Daniel Fiott. Mais \u00ab\u00a0le retrait am\u00e9ricain des capacit\u00e9s de frappe en profondeur et \u00e0 longue port\u00e9e est actuellement plus pr\u00e9occupant, car il s&rsquo;agit d&rsquo;une autre lacune militaire critique que l&rsquo;Europe ne peut combler rapidement, m\u00eame si l&rsquo;industrie et les gouvernements s&rsquo;y attellent\u00a0\u00bb, avertit l&rsquo;expert.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres pays posent question: la Belgique, longtemps lanterne rouge en investissements militaires, a promis l&rsquo;an dernier lors du sommet de l&rsquo;Otan \u00e0 La Haye de d\u00e9penser 2% de son PIB en d\u00e9fense. Mais certains partis de la coalition, le CD&amp;V en t\u00eate, veulent r\u00e9duire l&rsquo;engagement des d\u00e9penses de d\u00e9fense belges \u00e0 1,8% du PIB.<\/p>\n<p>Manque de coordination<\/p>\n<p>Par ailleurs, remplacer les capacit\u00e9s am\u00e9ricaines ne se r\u00e9sume pas \u00e0 acheter davantage d&rsquo;\u00e9quipements. Cela suppose une coordination industrielle et politique que l&rsquo;UE peine encore \u00e0 atteindre. Les arm\u00e9es europ\u00e9ennes restent fragment\u00e9es entre diff\u00e9rents mat\u00e9riels, doctrines et commandement: \u00e0 cette heure, seuls les \u00c9tats-Unis peuvent fournir \u00e0 l&rsquo;Otan une cha\u00eene de commandement op\u00e9rationnelle. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les \u00c9tats-Unis nous mettent en garde depuis longtemps contre cette perspective et il est temps que nos gouvernements et nos arm\u00e9es prennent la situation au s\u00e9rieux\u00a0\u00bb, r\u00e9sume Daniel Fiott. \u00ab\u00a0Cinq ans devraient suffire \u00e0 d\u00e9velopper des capacit\u00e9s conventionnelles de base, mais ces investissements doivent commencer d\u00e8s maintenant.\u00a0\u00bb Par contre, le remplacement des bombardiers et des sous-marins d&rsquo;attaque prendra du temps. Beaucoup plus de temps.<\/p>\n<p>L&rsquo;Europe peut combler une partie des vides laiss\u00e9s par Washington, mais pas imm\u00e9diatement. Pour certains \u00e9quipements critiques, il faudra au moins une d\u00e9cennie d&rsquo;investissements massifs. La v\u00e9ritable question n&rsquo;est donc plus de savoir si les Europ\u00e9ens veulent davantage d&rsquo;autonomie strat\u00e9gique, mais s&rsquo;ils ont encore le choix.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"27 mai 2026Aujourd&rsquo;hui \u00e0 15:37 Mise \u00e0 jour \u00e027 mai 2026 19:59 Washington envisage de r\u00e9duire fortement sa&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":121772,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[9],"tags":[1382,12,13,18,17,31,32],"class_list":["post-121771","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-international","tag-analyse","tag-be","tag-be-fr","tag-belgique","tag-belgium","tag-international","tag-world-news"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@be_fr\/116651832562198188","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/121771","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=121771"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/121771\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/121772"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=121771"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=121771"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=121771"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}