{"id":123868,"date":"2026-05-30T02:36:07","date_gmt":"2026-05-30T02:36:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/123868\/"},"modified":"2026-05-30T02:36:07","modified_gmt":"2026-05-30T02:36:07","slug":"on-pensait-savoir-ce-quon-trouverait-en-retournant-autour-de-la-lune-les-donnees-dartemis-ii-viennent-de-prouver-le-contraire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/123868\/","title":{"rendered":"On pensait savoir ce qu&rsquo;on trouverait en retournant autour de la Lune : les donn\u00e9es d&rsquo;Artemis II viennent de prouver le contraire"},"content":{"rendered":"<p>Dix jours. C\u2019est tout ce qu\u2019il a fallu \u00e0 quatre <a href=\"https:\/\/sciencepost.fr\/le-soleil-n-est-pas-jaune-les-astronautes-qui-le-voient-depuis-l-espace-le-decrivent-autrement\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">astronautes<\/a> pour r\u00e9\u00e9crire l\u2019histoire et bousculer des d\u00e9cennies de certitudes sur l\u2019environnement lunaire. Artemis II, du 1er au 11 avril 2026, \u00e9tait un survol habit\u00e9 de la Lune, le premier vol humain au-del\u00e0 de l\u2019orbite basse depuis Apollo 17 en 1972, et le premier vol habit\u00e9 du programme Artemis pilot\u00e9 par la NASA. Les livres de physique avaient d\u00e9crit l\u2019espace profond. Les sondes y avaient navigu\u00e9 pendant des d\u00e9cennies. Et pourtant, quand des humains s\u2019y sont retrouv\u00e9s \u00e0 bord du vaisseau Orion baptis\u00e9 Integrity, ce qu\u2019ils ont ramen\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas tout \u00e0 fait ce qu\u2019on attendait.<\/p>\n<p style=\"font-weight:700;font-size:1.05em;margin:0 0 0.7em 0;color:#333;\">\u00c0 retenir<\/p>\n<p>Des ph\u00e9nom\u00e8nes lumineux jamais observ\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s \u00e0 la surface lunaire pendant le survol<br \/>\nLes astronautes ont explor\u00e9 des r\u00e9gions polaires de la Lune jamais contempl\u00e9es par l\u2019humanit\u00e9<br \/>\nDes donn\u00e9es cruciales sur la r\u00e9action du corps humain en espace profond red\u00e9finiront les futures missions<\/p>\n<p style=\"font-weight:700;margin:0 0 0.5em 0;color:#333;font-size:0.95em;\">Sommaire<\/p>\n<p><a href=\"#le-vol-le-plus-loin-de-l-histoire-humaine\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Le vol le plus loin de l\u2019histoire humaine<\/a><br \/>\n<a href=\"#des-flashs-inattendus-sur-la-lune\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Des flashs inattendus sur la Lune<\/a><br \/>\n<a href=\"#le-bouclier-thermique-la-grande-incertitude-resolue\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Le bouclier thermique : la grande incertitude r\u00e9solue<\/a><br \/>\n<a href=\"#le-corps-humain-en-espace-profond-terrain-inconnu\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Le corps humain en espace profond : terrain inconnu<\/a><\/p>\n<p>Le vol le plus loin de l\u2019histoire humaine<\/p>\n<p>Les Am\u00e9ricains Christina Koch, Victor Glover et Reid Wiseman, ainsi que le Canadien Jeremy Hansen, ont voyag\u00e9 plus loin dans l\u2019espace qu\u2019aucun humain avant eux : \u00e0 plus de 406 000 kilom\u00e8tres de la Terre, soit plus de 1 000 fois plus loin que la Station spatiale internationale. Pour situer l\u2019\u00e9chelle : l\u2019ISS tourne \u00e0 environ 400 km d\u2019altitude. Ces quatre astronautes se sont retrouv\u00e9s \u00e0 une distance \u00e9quivalente \u00e0 faire le tour de la Terre dix fois de suite, horizontalement, dans le vide absolu.<\/p>\n<p>Quand Orion a bascul\u00e9 derri\u00e8re la Lune, l\u2019\u00e9quipage a atteint la plus grande distance jamais parcourue par des \u00eatres humains, \u00e0 un peu plus de 406 000 kilom\u00e8tres. C\u2019est quelque 6 600 kilom\u00e8tres plus loin qu\u2019Apollo 13 en 1970. Un record battu discr\u00e8tement, sans fanfare, dans l\u2019obscurit\u00e9 totale de la face cach\u00e9e de notre satellite.<\/p>\n<p>Cette face cach\u00e9e, justement. Les quatre astronautes ont observ\u00e9 directement l\u2019h\u00e9misph\u00e8re de la Lune qui se situe en permanence du c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9 \u00e0 la Terre, avec un point de vue panoramique bien sup\u00e9rieur \u00e0 celui de leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs d\u2019Apollo. Les vols Apollo passaient \u00e0 110 kilom\u00e8tres d\u2019altitude au-dessus du sol lunaire, l\u00e0 o\u00f9 Artemis II se maintenait \u00e0 environ 6 400 kilom\u00e8tres, offrant une vue circulaire compl\u00e8te incluant les r\u00e9gions polaires. Une g\u00e9ographie que les humains n\u2019avaient jamais contempl\u00e9e \u00e0 l\u2019\u0153il nu dans son int\u00e9gralit\u00e9.<\/p>\n<p>Des flashs inattendus sur la Lune<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 que commence l\u2019inattendu. Pendant leur survol de la face cach\u00e9e, en pleine \u00e9clipse de Soleil, l\u2019\u00e9quipage a observ\u00e9 quatre flashs \u00e0 la surface de la Lune, deux rep\u00e9r\u00e9s par le pilote, un ou deux par Jeremy Hansen, \u00e0 proximit\u00e9 et au sud de l\u2019\u00e9quateur lunaire, et m\u00eame pr\u00e8s du p\u00f4le Sud.<\/p>\n<p>Leur exp\u00e9rience a permis d\u2019imm\u00e9diatement \u00e9carter l\u2019hypoth\u00e8se de reflets du Soleil sur des particules provenant des propulseurs. Selon les astronautes, ces flashs n\u2019\u00e9taient autres que de tr\u00e8s brefs \u00e9clairs dus \u00e0 l\u2019impact de m\u00e9t\u00e9orites \u00e0 la surface de la Lune. Une \u00ab\u00a0nouvelle incroyable\u00a0\u00bb pour le centre de contr\u00f4le de mission. Observer en temps r\u00e9el des impacts m\u00e9t\u00e9oritiques sur la Lune, \u00e0 l\u2019\u0153il nu, depuis une capsule en orbite haute : personne n\u2019avait pr\u00e9vu \u00e7a dans le programme scientifique.<\/p>\n<p>Environ 21 % de la face cach\u00e9e de la Lune a \u00e9t\u00e9 visible pour les quatre astronautes. Ils ont beaucoup comment\u00e9 les diff\u00e9rences de luminosit\u00e9 : le reflet du Soleil sur les pics de zones non \u00e9clair\u00e9es, des petits crat\u00e8res beaucoup plus illumin\u00e9s, des sommets de crat\u00e8res \u00e0 l\u2019apparence neigeuse. Un chercheur en plan\u00e9tologie a soulign\u00e9 qu\u2019Artemis II a pu identifier certaines zones d\u2019int\u00e9r\u00eat autour du p\u00f4le Sud, une r\u00e9gion que les missions pr\u00e9c\u00e9dentes n\u2019avaient jamais explor\u00e9e, les alunissages d\u2019Apollo s\u2019\u00e9taient tous effectu\u00e9s aux alentours de l\u2019\u00e9quateur, sur la face visible.<\/p>\n<p>Le bouclier thermique : la grande incertitude r\u00e9solue<\/p>\n<p>Avant m\u00eame le d\u00e9collage, l\u2019inqui\u00e9tude principale des ing\u00e9nieurs ne portait pas sur la Lune, mais sur le retour. Le bouclier thermique de la mission pr\u00e9c\u00e9dente, Artemis I, avait subi des dommages inattendus apr\u00e8s sa r\u00e9cup\u00e9ration en 2022 : des fissures et une carbonisation plus importante que pr\u00e9vu avaient sem\u00e9 le doute sur la capacit\u00e9 du bouclier \u00e0 prot\u00e9ger un \u00e9quipage humain lors d\u2019une rentr\u00e9e atmosph\u00e9rique \u00e0 pr\u00e8s de 35 fois la vitesse du son.<\/p>\n<p>La solution adopt\u00e9e par la NASA : modifier la trajectoire de rentr\u00e9e. La vitesse \u00e9lev\u00e9e lors du retour d\u2019Artemis I avait pi\u00e9g\u00e9 des gaz chauds dans les couches superficielles du bouclier, endommageant certaines parties et cr\u00e9ant des cavit\u00e9s inattendues. En adoptant une trajectoire incluant un premier freinage atmosph\u00e9rique, puis un rebond, et enfin une v\u00e9ritable entr\u00e9e dans l\u2019atmosph\u00e8re, la NASA a \u00e9vit\u00e9 que cela ne se reproduise.<\/p>\n<p>La capsule a travers\u00e9 l\u2019atmosph\u00e8re \u00e0 une vitesse initiale d\u2019environ 38 405 km\/h, cr\u00e9ant un nuage de plasma incandescent qui a bloqu\u00e9 toute transmission pendant six minutes. Les quatre astronautes ont subi une force \u00e9quivalente \u00e0 3,9 fois la gravit\u00e9 terrestre et le bouclier thermique a atteint environ 1 649 \u00b0C. R\u00e9sultat ? Les conclusions du rapport d\u2019analyse se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es plus que rassurantes : le bouclier thermique n\u2019a subi aucun d\u00e9g\u00e2t structurel important et a parfaitement jou\u00e9 son r\u00f4le.<\/p>\n<p>Le bouclier a \u00e9t\u00e9 transport\u00e9 au Marshall Space Flight Center \u00e0 Huntsville, en Alabama, pour une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0autopsie\u00a0\u00bb technique, incluant des scans internes aux rayons X et des extractions d\u2019\u00e9chantillons pour comprendre comment le mat\u00e9riau s\u2019est comport\u00e9 au niveau microscopique. Le succ\u00e8s du bouclier, coupl\u00e9 aux excellentes performances de la fus\u00e9e SLS, d\u00e9montre que les le\u00e7ons d\u2019Artemis I ont \u00e9t\u00e9 parfaitement int\u00e9gr\u00e9es.<\/p>\n<p>Le corps humain en espace profond : terrain inconnu<\/p>\n<p>Pendant leur mission, les astronautes ont servi \u00e0 la fois de scientifiques et de sujets de recherche, participant \u00e0 cinq \u00e9tudes explorant les effets du voyage en espace profond sur le corps humain, le mental et le comportement, des exp\u00e9riences indispensables pour maintenir les astronautes en bonne sant\u00e9 sur des missions plus longues.<\/p>\n<p>Les astronautes ont \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s \u00e0 deux types de rayonnements : les rayons cosmiques galactiques, des particules de haute \u00e9nergie \u00e9manant principalement des restes d\u2019\u00e9toiles massives ayant explos\u00e9 en supernova, et les particules \u00e9nerg\u00e9tiques rejet\u00e9es par le Soleil. L\u2019ISS b\u00e9n\u00e9ficie de l\u2019effet tampon de la magn\u00e9tosph\u00e8re, qui prot\u00e8ge la Terre en filtrant certains rayons cosmiques et particules projet\u00e9es par le Soleil, un bouclier naturel dont Orion \u00e9tait totalement priv\u00e9 au-del\u00e0 de la Lune.<\/p>\n<p>Des scientifiques ont pr\u00e9lev\u00e9 des \u00e9chantillons de salive des astronautes avant, pendant et apr\u00e8s la mission pour tester leur syst\u00e8me immunitaire et mesurer l\u2019impact des radiations, de l\u2019isolement et de la distance depuis la Terre. Cette mission a aussi permis de mieux comprendre les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques spatiales auxquelles seront confront\u00e9es les futures missions. Ces \u00e9chantillons aident les scientifiques \u00e0 identifier des biomarqueurs signalant des changements du syst\u00e8me immunitaire dus aux stress combin\u00e9s de la radiation et de l\u2019isolement, et permettent aussi d\u2019examiner si des virus dormants se r\u00e9activent dans l\u2019espace, comme cela avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment.<\/p>\n<p>Un d\u00e9tail passe souvent sous silence dans les comptes rendus officiels : les quatre astronautes ont v\u00e9cu pendant dix jours dans une capsule de 9 m\u00b2 habitables, avec coin cuisine, petit appareil de musculation et des toilettes qui ont, d\u00e8s les premi\u00e8res heures du vol, pos\u00e9 probl\u00e8me. La logistique du corps humain en espace profond reste un chantier entier, et Artemis II a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 sur ce point des donn\u00e9es que personne n\u2019avait pu collecter depuis 1972. Une mission spatiale ne se termine pas au retour des astronautes sur Terre, et la NASA continue d\u2019analyser les donn\u00e9es d\u2019Artemis II bien apr\u00e8s l\u2019amerrissage du 11 avril. Ce que ces chiffres diront sur la physiologie humaine en espace profond conditionnera directement la dur\u00e9e et la faisabilit\u00e9 des futurs s\u00e9jours sur la Lune \u2014 et, un jour, du voyage vers Mars.<\/p>\n<p class=\"source-link\">Sources\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.wsws.org\/fr\/articles\/2026\/04\/12\/mjod-a12.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">wsws.org<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.franceinfo.fr\/replay-jt\/france-2\/13-heures\/mission-artemis-ii-decollage-reussi-pour-les-astronautes-en-route-pour-une-expedition-de-dix-jours-en-direction-de-la-lune_7911131.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">franceinfo.fr<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Dix jours. 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