{"id":161005,"date":"2026-07-01T16:57:17","date_gmt":"2026-07-01T16:57:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/161005\/"},"modified":"2026-07-01T16:57:17","modified_gmt":"2026-07-01T16:57:17","slug":"maltraitance-dans-lenfance-des-cicatrices-cerebrales-observees-a-ladolescence-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/161005\/","title":{"rendered":"Maltraitance dans l\u2019enfance\u00a0: des \u00ab\u00a0cicatrices\u00a0c\u00e9r\u00e9brales\u00a0\u00bb observ\u00e9es \u00e0 l\u2019adolescence"},"content":{"rendered":"<p>Selon l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9, six enfants sur dix de moins de 5 ans, soit 400 millions d\u2019enfants, souffrent r\u00e9guli\u00e8rement de ch\u00e2timents corporels et\/ou de violences psychologiques. La maltraitance infantile \u2013 les abus physiques, sexuels et \u00e9motionnels, ainsi que la n\u00e9gligence physique et affective \u2013 est reconnue comme un facteur de risque majeur de nombreux troubles psychiatriques, parmi lesquels la d\u00e9pression et les troubles du comportement. Aussi, de nombreuses recherches s\u2019int\u00e9ressent aux cons\u00e9quences, pour le cerveau, de ces maltraitances.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me limbique au c\u0153ur des investigations <\/p>\n<p>Il a ainsi \u00e9t\u00e9 montr\u00e9, chez les adultes, que ceux qui avaient subi des maltraitances pendant l\u2019enfance pr\u00e9sentaient des diff\u00e9rences dans la structure du cerveau, notamment concernant le volume de la mati\u00e8re grise, compos\u00e9e de cellules nerveuses, par rapport \u00e0 ceux qui n\u2019en avaient pas subi. Mais ces observations ne permettaient pas de savoir comment ces diff\u00e9rences se cr\u00e9aient. \u00ab\u00a0Une \u00e9quipe dirig\u00e9e par les chercheurs Inserm Jean-Luc Martinot et \u00c9ric\u00a0Artiges, au sein du laboratoire Trajectoires d\u00e9veloppementales et psychiatrie (Inserm\/ENS Paris-Saclay) et du Centre Borelli (CNRS\/Universit\u00e9 Paris-Saclay), a analys\u00e9 les donn\u00e9es d\u2019une vaste cohorte d\u2019adolescents suivis entre 14 et 18 ans. Ils ont cherch\u00e9 \u00e0 savoir si les exp\u00e9riences de maltraitance au cours de l\u2019enfance \u00e9taient associ\u00e9es \u00e0 des modifications c\u00e9r\u00e9brales persistantes au cours de l\u2019adolescence\u00a0\u00bb, explique l\u2019Inserm dans un communiqu\u00e9 publi\u00e9 le 1er juillet.<\/p>\n<p>Ils ont focalis\u00e9 leurs recherches sur le syst\u00e8me limbique, un ensemble de r\u00e9gions c\u00e9r\u00e9brales impliqu\u00e9es dans la m\u00e9moire, l\u2019apprentissage et la r\u00e9gulation des \u00e9motions. \u00ab\u00a0En raison de son r\u00f4le central dans le traitement des \u00e9motions, de la r\u00e9compense et du stress, le syst\u00e8me limbique constitue une cible privil\u00e9gi\u00e9e pour l\u2019\u00e9tude des effets neurobiologiques de la maltraitance infantile.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Des alt\u00e9rations sans att\u00e9nuation entre 14 et 18 ans <\/p>\n<p>Les donn\u00e9es portaient sur 634 adolescents dont 105 avaient subi des violences avant 14 ans. Les participants ont \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9s \u00e0 14 ans puis \u00e0 18 ans. Le volume de la mati\u00e8re grise ainsi que l\u2019activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s via l\u2019imagerie par r\u00e9sonnance magn\u00e9tique (IRM). Un questionnaire portant sur la sant\u00e9 mentale des participants a compl\u00e9t\u00e9 l\u2019\u00e9tude. Selon les <a href=\"https:\/\/www.cambridge.org\/core\/journals\/european-psychiatry\/article\/persistent-structural-alteration-of-the-extended-limbic-system-in-adolescents-with-childhood-maltreatment\/8C3A399980F38FAEE491A2983AD13A65\" rel=\"noopener nofollow\" target=\"_blank\">r\u00e9sultats<\/a> publi\u00e9s dans la revue European Psychiatry, les adolescents qui avaient subi des maltraitances au cours de l\u2019enfance pr\u00e9sentaient un volume de mati\u00e8re grise plus faible dans le syst\u00e8me limbique. A 14 ou 18 ans, les alt\u00e9rations observ\u00e9es \u00e9taient identiques, sugg\u00e9rant qu\u2019elles persistaient tout au long de l\u2019adolescence, sans m\u00eame s\u2019att\u00e9nuer.<\/p>\n<p>Ces adolescents pr\u00e9sentaient aussi des signes \u00e9vocateurs de d\u00e9pression, rapportaient des difficult\u00e9s \u00e9motionnelles et comportementales, comme des sympt\u00f4mes d\u2019hyperactivit\u00e9 et d\u2019inattention, des probl\u00e8mes relationnels avec leurs pairs et un niveau de comportement prosocial plus faible. Dans de pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e9tudes, les zones du cerveau concern\u00e9es par ces alt\u00e9rations avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 associ\u00e9es \u00e0 des troubles psychiatriques tels que la d\u00e9pression, l\u2019anh\u00e9donie (l\u2019absence de plaisir), le trouble de stress post-traumatique. Ce qui renforce l\u2019hypoth\u00e8se selon laquelle les modifications c\u00e9r\u00e9brales li\u00e9es \u00e0 la maltraitance infantile pourraient contribuer \u00e0 accro\u00eetre la vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 certains troubles psychiques.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il s\u2019agit de la plus grande \u00e9tude longitudinale men\u00e9e \u00e0 ce jour sur les \u201ccicatrices c\u00e9r\u00e9brales\u201d\u00a0chez les adolescents victimes de maltraitance infantile. Ces r\u00e9sultats soulignent la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9valuer de nouvelles strat\u00e9gies de pr\u00e9vention et d\u2019accompagnement cibl\u00e9es aupr\u00e8s d\u2019adolescents \u00e0 risque ayant \u00e9t\u00e9 victimes de maltraitance.\u00a0Autrement dit, les efforts de pr\u00e9vention devraient se concentrer sur les jeunes ayant des signes avant-coureurs de risque pour leur sant\u00e9 mentale ou physique \u00bb, explique Jean-Luc Martinot, directeur de recherche Inserm, co-dernier auteur de cette publication.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Selon l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9, six enfants sur dix de moins de 5 ans, soit 400 millions&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":161006,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[82],"tags":[51331,41,12,13,18,17,1130,1854,86,51333,33180,15298,51332,87],"class_list":["post-161005","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-sante","tag-cicatrices-cerebrales","tag-41","tag-be","tag-be-fr","tag-belgique","tag-belgium","tag-dans","tag-des","tag-health","tag-ladolescence","tag-lenfance","tag-maltraitance","tag-observees","tag-sante"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@be_fr\/116845782562421175","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/161005","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=161005"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/161005\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/161006"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=161005"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=161005"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=161005"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}