{"id":174344,"date":"2026-07-14T11:23:11","date_gmt":"2026-07-14T11:23:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/174344\/"},"modified":"2026-07-14T11:23:11","modified_gmt":"2026-07-14T11:23:11","slug":"sarcopenie-comment-preserver-ses-muscles-par-lassiette","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/174344\/","title":{"rendered":"Sarcop\u00e9nie : comment pr\u00e9server ses muscles par l&rsquo;assiette ?"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-style: italic\" itemprop=\"description\">La sarcop\u00e9nie, ou fonte musculaire, ne concerne pas uniquement le grand \u00e2ge. Chez les personnes vivant avec un handicap moteur ou une maladie chronique, l&rsquo;alimentation peut contribuer \u00e0 ralentir son \u00e9volution et \u00e0 soutenir la force musculaire.<\/p>\n<p class=\"p1\">Se transf\u00e9rer du lit au fauteuil, pousser sur les accoudoirs pour se relever, franchir une rampe ou simplement porter un sac de courses\u2026 Ces gestes paraissent anodins. Pourtant, ils sollicitent une force musculaire dont les personnes vivant avec un handicap moteur mesurent chaque jour la valeur. Lorsqu&rsquo;elle diminue, ce sont souvent les gestes du quotidien qui deviennent plus difficiles. Si la r\u00e9\u00e9ducation et l&rsquo;activit\u00e9 physique adapt\u00e9e restent les piliers de la prise en charge, l&rsquo;alimentation m\u00e9rite, elle aussi, toute sa place.<\/p>\n<p>La sarcop\u00e9nie, une maladie musculaire souvent m\u00e9connue<\/p>\n<p class=\"p1\">\u00ab\u00a0D\u00e8s qu&rsquo;un muscle est moins utilis\u00e9, il s&rsquo;atrophie, explique le Dr Laurent Chevallier, m\u00e9decin nutritionniste au CHU de Montpellier et responsable du p\u00f4le nutrition de plusieurs cliniques. Regardez une personne qui reste plusieurs semaines avec une jambe dans le pl\u00e2tre. Il faut ensuite toute une r\u00e9\u00e9ducation pour retrouver son volume musculaire.\u00a0\u00bb Cette perte progressive de masse musculaire est appel\u00e9e sarcop\u00e9nie. Reprenant le consensus europ\u00e9en (EWGSOP2), la Haute autorit\u00e9 de sant\u00e9 (<a href=\"https:\/\/glossaire.handicap.fr\/definition-has-155\" title=\"Haute Autorit\u00e9 de Sant\u00e9 - Cliquer pour ouvrir le glossaire\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">HAS<\/a>) la d\u00e9finit comme une maladie musculaire marqu\u00e9e par une diminution de la force, puis de la masse et des performances physiques. Les premiers signes passent souvent inaper\u00e7us. Ils se manifestent par des difficult\u00e9s croissantes \u00e0 se lever, marcher, effectuer un transfert ou monter quelques marches. Souvent associ\u00e9e au vieillissement, la sarcop\u00e9nie peut \u00e9galement survenir plus t\u00f4t apr\u00e8s un AVC, dans la scl\u00e9rose en plaques, la maladie de Parkinson, certaines maladies neuromusculaires ou apr\u00e8s une immobilisation prolong\u00e9e.<\/p>\n<p>Pourquoi le handicap moteur peut favoriser la fonte musculaire ?<\/p>\n<p class=\"p1\">Le handicap moteur favorise l&rsquo;installation d&rsquo;un cercle vicieux. La fatigue, les douleurs ou les p\u00e9riodes d&rsquo;immobilisation limitent progressivement les activit\u00e9s physiques. Les transferts deviennent plus d\u00e9licats, l&rsquo;\u00e9quilibre plus fragile, l&rsquo;endurance diminue et le risque de chute augmente (<a href=\"https:\/\/informations.handicap.fr\/a-chute-des-seniors-premier-signal-d-entree-dans-le-handicap-38995.php\" onclick=\"javascript:tracking_innerlink(&#039;39443&#039;,&#039;&#039;,&#039;Lien_page&#039;,&#039;https:\/\/informations.handicap.fr\/a-chute-des-seniors-premier-signal-d-entree-dans-le-handicap-38995.php&#039;,&#039;https:\/\/www.handicap.fr\/tracking.php?s=1&#039;);\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Chute des seniors : premier signal d&rsquo;entr\u00e9e dans le handicap<\/a>). Cette r\u00e9duction des mouvements entretient \u00e0 son tour la perte musculaire. \u00ab\u00a0L&rsquo;alimentation joue un r\u00f4le majeur, insiste le Dr Laurent Chevallier. Si, en plus du manque de mouvement, les apports en prot\u00e9ines de qualit\u00e9 sont insuffisants, la fonte musculaire s&rsquo;aggrave.\u00a0\u00bb Ce constat est aujourd&rsquo;hui solidement \u00e9tay\u00e9. Ainsi, une m\u00e9ta-analyse publi\u00e9e en 2024 dans le Journal of nutrition, health and aging, portant sur dix essais randomis\u00e9s, montre qu&rsquo;un apport prot\u00e9ique adapt\u00e9, associ\u00e9 \u00e0 un travail musculaire, am\u00e9liore davantage la masse et la force musculaires que chacune de ces approches men\u00e9es s\u00e9par\u00e9ment. L&rsquo;alimentation ne remplace donc pas la r\u00e9\u00e9ducation, mais lui donne les moyens d&rsquo;\u00eatre plus efficace.<\/p>\n<p>Les prot\u00e9ines, les meilleures alli\u00e9es des muscles<\/p>\n<p class=\"p1\">De quelle quantit\u00e9 de prot\u00e9ines les muscles ont-ils vraiment besoin ? La r\u00e9ponse d\u00e9pend de l&rsquo;\u00e2ge, de l&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 et du niveau d&rsquo;activit\u00e9. L&rsquo;Agence nationale de s\u00e9curit\u00e9 sanitaire (Anses) recommande 0,83 g par kilo de poids corporel chez l&rsquo;adulte en bonne sant\u00e9. Mais lorsque le vieillissement, un handicap moteur ou une maladie chronique fragilisent les muscles, les besoins augmentent. \u00ab\u00a0Chez les personnes vivant avec un handicap moteur, on peut viser environ 1,2 g de prot\u00e9ines par kilo de poids corporel, estime le Dr Laurent Chevallier. Pour une personne de 60 kilos, cela repr\u00e9sente environ 72 grammes par jour. Il existe une id\u00e9e re\u00e7ue selon laquelle 100 grammes de steak apporteraient 100 grammes de prot\u00e9ines. En r\u00e9alit\u00e9, ils n&rsquo;en contiennent qu&rsquo;une trentaine de grammes. Le reste est constitu\u00e9 principalement d&rsquo;eau, mais aussi de lipides, de vitamines et de min\u00e9raux.\u00a0\u00bb Autre point essentiel, les prot\u00e9ines ne se stockent pas. \u00ab\u00a0Contrairement au sucre, l&rsquo;organisme ne les met pas en r\u00e9serve, poursuit-il. Si les apports sont insuffisants, il est contraint de puiser directement dans les muscles pour les besoins vitaux, le m\u00e9tabolisme de base.\u00a0\u00bb L&rsquo;essentiel n&rsquo;est donc pas seulement d&rsquo;en consommer suffisamment, mais aussi de les r\u00e9partir sur l&rsquo;ensemble de la journ\u00e9e. Un \u0153uf au petit-d\u00e9jeuner, une portion de poisson ou de volaille au d\u00e9jeuner, puis un fromage blanc ou un yaourt riche en prot\u00e9ines au d\u00eener seront souvent plus b\u00e9n\u00e9fiques qu&rsquo;un unique repas tr\u00e8s riche en viande. Reste \u00e0 savoir lesquelles privil\u00e9gier.<\/p>\n<p>Des prot\u00e9ines, oui\u2026 mais lesquelles ?<\/p>\n<p class=\"p1\">Toutes les prot\u00e9ines n&rsquo;ont pas la m\u00eame qualit\u00e9 nutritionnelle. \u00ab\u00a0Les prot\u00e9ines animales restent les plus int\u00e9ressantes parce qu&rsquo;elles apportent tous les acides amin\u00e9s indispensables que l&rsquo;organisme ne sait pas fabriquer, indique le sp\u00e9cialiste. Mais cela ne veut pas dire qu&rsquo;il faut manger de la viande \u00e0 tous les repas. Il faut varier entre viande, poisson, \u0153ufs et produits laitiers.\u00a0\u00bb Selon la table de composition Ciqual (consultable sur <a href=\"https:\/\/www.ciqual.anses.fr\" onclick=\"javascript:tracking_innerlink(&#039;39443&#039;,&#039;&#039;,&#039;Lien_page&#039;,&#039;www.ciqual.anses.fr&#039;,&#039;https:\/\/www.handicap.fr\/tracking.php?s=1&#039;);\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">www.ciqual.anses.fr<\/a>  ), les viandes, les volailles, les poissons, les \u0153ufs et les produits laitiers figurent parmi les aliments les plus riches en prot\u00e9ines.<\/p>\n<p>Quelles alternatives quand on ne mange pas de viande\u00a0?<\/p>\n<p class=\"p1\">Dans un contexte de r\u00e9duction de la consommation de viande, car responsable d&rsquo;une part importante des gaz \u00e0 effet de serre, trouver d&rsquo;autres sources de prot\u00e9ines peut sembler compliqu\u00e9. En r\u00e9alit\u00e9, pas forc\u00e9ment\u00a0! Certaines prot\u00e9ines v\u00e9g\u00e9tales, comme celles du soja, offrent \u00e9galement un profil int\u00e9ressant. Une alimentation v\u00e9g\u00e9tarienne ou v\u00e9g\u00e9talienne peut couvrir les besoins en prot\u00e9ines \u00e0 condition de varier les sources. Le tofu, fabriqu\u00e9 \u00e0 partir du soja, est particuli\u00e8rement int\u00e9ressant car il apporte des prot\u00e9ines compl\u00e8tes contenant tous les acides amin\u00e9s indispensables. Le tempeh, autre produit issu du soja ferment\u00e9, s&rsquo;ajoute au tableau des solutions v\u00e9g\u00e9tales.<\/p>\n<p>Les l\u00e9gumineuses comme les lentilles, les pois chiches ou les haricots rouges apportent des prot\u00e9ines, des fibres et des min\u00e9raux ; associ\u00e9es \u00e0 des c\u00e9r\u00e9ales comme le riz, le quinoa ou le pain complet, elles permettent d&rsquo;obtenir un apport \u00e9quilibr\u00e9 en acides amin\u00e9s. Les falafels \u00e0 base de pois chiches peuvent aussi trouver leur place dans une alimentation vari\u00e9e, \u00e0 condition d&rsquo;\u00eatre accompagn\u00e9s d&rsquo;autres sources de prot\u00e9ines et de ne pas constituer l&rsquo;unique apport du repas. Pour les personnes v\u00e9g\u00e9tariennes ou v\u00e9g\u00e9taliennes, la diversit\u00e9 des sources reste la cl\u00e9 pour couvrir les besoins, notamment lorsque les muscles sont fragilis\u00e9s. En cas de doute, il peut \u00eatre int\u00e9ressant de poser la question \u00e0 un m\u00e9decin nutritionniste.<\/p>\n<p>La richesse prot\u00e9inique des \u0153ufs\u00a0!<\/p>\n<p class=\"p1\">Les \u0153ufs m\u00e9ritent \u00e9galement une place \u00e0 part. Riches en prot\u00e9ines de grande qualit\u00e9 biologique, \u00e9conomiques et faciles \u00e0 pr\u00e9parer, ils sont souvent pr\u00e9cieux lorsque l&rsquo;app\u00e9tit diminue. \u00ab\u00a0Chez les personnes qui mangent moins, les \u0153ufs sont parfois plus faciles \u00e0 accepter que la viande.\u00a0\u00bb, souligne-t-il. L&rsquo;assiette ne se r\u00e9sume toutefois pas aux prot\u00e9ines. Les l\u00e9gumes de saison apportent fibres, vitamines et min\u00e9raux, tandis que les sardines ou le maquereau fournissent aussi de pr\u00e9cieux om\u00e9ga-3. Une combinaison simple qui trouve naturellement sa place dans les menus d&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Des menus d&rsquo;\u00e9t\u00e9 qui font du bien aux muscles<\/p>\n<p class=\"p1\">L&rsquo;\u00e9t\u00e9 est sans doute la saison la plus simple pour concilier fra\u00eecheur, plaisir et alimentation favorable aux muscles. Encore faut-il \u00e9viter un pi\u00e8ge fr\u00e9quent. Lorsque la chaleur coupe l&rsquo;app\u00e9tit, beaucoup se contentent de quelques fruits ou d&rsquo;un yaourt, au risque de ne pas couvrir leurs besoins en prot\u00e9ines. \u00ab\u00a0Quand il fait chaud, les personnes \u00e2g\u00e9es ou en situation de handicap mangent souvent moins, rappelle le m\u00e9decin. Pourtant, c&rsquo;est justement \u00e0 cette p\u00e9riode qu&rsquo;il faut veiller \u00e0 conserver des apports suffisants en prot\u00e9ines et \u00e0 bien s&rsquo;hydrater.\u00a0\u00bb Au petit-d\u00e9jeuner, un fromage blanc, un skyr ou deux petits-suisses accompagn\u00e9s de fruits de saison et d&rsquo;une poign\u00e9e d&rsquo;amandes apportent une premi\u00e8re ration de prot\u00e9ines. Pas besoin de c\u00e9der aux effets de mode : les petits-suisses restent une excellente option, souvent plus \u00e9conomique, avec une teneur en prot\u00e9ines comparable \u00e0 celle du skyr. \u00c0 midi, un gaspacho suivi d&rsquo;une salade de lentilles garnie d&rsquo;\u0153ufs, de thon ou de poulet compose un repas complet. Le soir, des sardines ou un filet de maquereau accompagn\u00e9s de l\u00e9gumes grill\u00e9s compl\u00e8tent facilement les apports de la journ\u00e9e.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des prot\u00e9ines, la qualit\u00e9<\/p>\n<p class=\"p1\">\u00ab\u00a0La qualit\u00e9 des aliments compte autant que leur teneur en prot\u00e9ines, pr\u00e9cise le Dr Laurent Chevallier. Lorsque c&rsquo;est possible, mieux vaut privil\u00e9gier des produits issus de l&rsquo;agriculture biologique ou peu expos\u00e9s aux pesticides. Les contaminants, comme le cadmium ou certains r\u00e9sidus de pesticides, favorisent le stress oxydatif et peuvent alt\u00e9rer le fonctionnement des mitochondries, essentielles au bon fonctionnement des muscles\u00a0\u00bb. En pratique, l&rsquo;objectif n&rsquo;est pas de viser une alimentation parfaite, mais de privil\u00e9gier, aussi souvent que possible, des aliments peu transform\u00e9s, vari\u00e9s et de bonne qualit\u00e9. Une approche qui soutient les muscles, mais aussi la sant\u00e9 dans son ensemble.\u00a0<\/p>\n<p>L&rsquo;autonomie se construit aussi dans l&rsquo;assiette<\/p>\n<p class=\"p1\">\u00ab\u00a0La meilleure boisson de l&rsquo;\u00e9t\u00e9, en dehors de l&rsquo;eau, c&rsquo;est le gaspacho, conclut le Dr Laurent Chevallier. Il apporte de l&rsquo;eau, mais aussi des min\u00e9raux, des vitamines et les polyph\u00e9nols des l\u00e9gumes. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, une alimentation adapt\u00e9e ne remplace ni la r\u00e9\u00e9ducation ni le mouvement. En revanche, elle en renforce les effets et contribue \u00e0 mieux pr\u00e9server les muscles.\u00a0\u00bb Bien manger ne fera pas dispara\u00eetre un handicap moteur. En revanche, cela peut aider \u00e0 conserver plus longtemps la force n\u00e9cessaire pour effectuer un transfert, pousser son fauteuil, pr\u00e9parer un repas ou porter un sac de courses. Des gestes auxquels on ne pense gu\u00e8re tant qu&rsquo;ils restent possibles, mais qui donnent, chaque jour, la mesure de notre autonomie.<\/p>\n<p>\u00a9 Ella Olsson\u00a0de\u00a0Pexels \/ Canva<\/p>\n<p>\n\t\tTh\u00e8mes : <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La sarcop\u00e9nie, ou fonte musculaire, ne concerne pas uniquement le grand \u00e2ge. 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