{"id":179230,"date":"2026-07-18T07:45:13","date_gmt":"2026-07-18T07:45:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/179230\/"},"modified":"2026-07-18T07:45:13","modified_gmt":"2026-07-18T07:45:13","slug":"a-roscoff-seabelife-cherche-comment-repousser-la-mort-des-cellules","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/179230\/","title":{"rendered":"\u00c0 Roscoff, SeaBeLife cherche comment repousser la mort des cellules"},"content":{"rendered":"<p>Face \u00e0 l\u2019\u00eele de Batz, les rochers de Roscoff ont vu d\u00e9filer des g\u00e9n\u00e9rations de chercheurs. Fond\u00e9e en 1872, la Station biologique est en effet l\u2019un des plus anciens centres europ\u00e9ens consacr\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tude du vivant marin. Elle d\u00e9pend aujourd\u2019hui du CNRS et de Sorbonne Universit\u00e9. Derri\u00e8re ses murs, on \u00e9tudie les algues, le plancton, les organismes marins\u2026 et les m\u00e9canismes qui conduisent une cellule \u00e0 mourir.<\/p>\n<p>C\u2019est ici que Morgane Rousselot a install\u00e9 <a target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\" href=\"https:\/\/www.seabelife.com\/fr\/\">SeaBeLife<\/a>, la biotech qu\u2019elle a cr\u00e9\u00e9e en 2019 avec Claire Delehouz\u00e9. Leur ambition tient en quelques mots\u00a0: emp\u00eacher des cellules de dispara\u00eetre lorsqu\u2019une maladie d\u00e9clenche leur destruction de mani\u00e8re brutale. \u00ab\u00a0SeaBeLife, c\u2019est plus de dix ann\u00e9es de recherche et le d\u00e9veloppement d\u2019une plateforme technologique unique, c\u2019est-\u00e0-dire une succession d\u2019\u00e9tudes, de tests qui a permis d\u2019aller chercher des mol\u00e9cules d\u2019int\u00e9r\u00eat th\u00e9rapeutique capables de bloquer la mort cellulaire\u00a0\u00bb, explique sa cofondatrice.<\/p>\n<p>                    <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/laboratoire_seabelife.jpg\" class=\"block max-w-full h-auto mx-auto rounded-3xl lazyload\" alt=\"Laboratoire moderne avec \u00e9quipement scientifique et vue sur un paysage enneig\u00e9 par la fen\u00eatre.\"  fetchpriority=\"auto\" loading=\"lazy\"\/><\/p>\n<p>\n        \u00a9<br \/>\n        J\u00e9r\u00e9my Lempin \/ WD\n    <\/p>\n<p>                            Un laboratoire avec vue imprenable sur la mer, \u00e0 Roscoff.<\/p>\n<p>                Quand la mort cellulaire s\u2019emballe<\/p>\n<p>Mourir fait partie de la vie d\u2019une cellule. Certaines s\u2019autod\u00e9truisent lorsqu\u2019elles sont endommag\u00e9es, devenues inutiles ou potentiellement dangereuses. Mais ces m\u00e9canismes peuvent aussi s\u2019emballer. Dans plusieurs maladies graves, deux formes de mort cellulaire r\u00e9gul\u00e9e, la n\u00e9croptose et la ferroptose, participent \u00e0 la destruction des tissus.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re passe notamment par l\u2019activation de la prot\u00e9ine RIPK1. La seconde est li\u00e9e \u00e0 une oxydation incontr\u00f4l\u00e9e des lipides des membranes cellulaires, favoris\u00e9e par le fer. SeaBeLife cherche des mol\u00e9cules capables de bloquer simultan\u00e9ment ces deux voies, plut\u00f4t que de ne viser qu\u2019un seul m\u00e9canisme.<\/p>\n<p>La technologie ne vient pas de nulle part. \u00ab\u00a0Au d\u00e9part, c\u2019est un projet collaboratif entre deux laboratoires acad\u00e9miques\u00a0\u00bb, rappelle Morgane Rousselot. L\u2019un se trouve \u00e0 <a target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\" href=\"https:\/\/www.sb-roscoff.fr\/fr\">la Station biologique de Roscoff,<\/a> l\u2019autre appartient \u00e0 l\u2019<a target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\" href=\"https:\/\/www.inserm.fr\/delegation\/grand-ouest\/\">Inserm \u00e0 Rennes<\/a>. En cherchant \u00e0 mieux comprendre les m\u00e9canismes de mort cellulaire, les scientifiques ont constitu\u00e9 une plateforme permettant de cribler des collections de mol\u00e9cules, puis d\u2019en rep\u00e9rer certaines susceptibles de prot\u00e9ger les cellules.<\/p>\n<p>                    <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/morgane_rousselot_-_photos_we_demain.jpg\" class=\"block max-w-full h-auto mx-auto rounded-3xl lazyload\" alt=\"Femme souriante en ext\u00e9rieur avec un foulard rouge, ciel bleu et paysage marin en arri\u00e8re-plan.\"  fetchpriority=\"auto\" loading=\"lazy\"\/><\/p>\n<p>\n        \u00a9<br \/>\n        J\u00e9r\u00e9my Lempin \/ WD\n    <\/p>\n<p>                            Morgane Rousselot, cofondatrice de la biotech SeaBeLife. Elle est ing\u00e9nieure en chimie dipl\u00f4m\u00e9e de l&rsquo;ENSCMu et docteur en biologie structurale.<\/p>\n<p>                Des mol\u00e9cules inspir\u00e9es par la mer<\/p>\n<p>Toutes les mol\u00e9cules \u00e9tudi\u00e9es ne viennent pas de l\u2019oc\u00e9an. Mais une partie des collections utilis\u00e9es par SeaBeLife est bien constitu\u00e9e de compos\u00e9s d\u2019origine marine. Une filiation que le nom de la soci\u00e9t\u00e9 revendique ouvertement. \u00ab\u00a0C\u2019est important pour nous d\u2019\u00eatre \u00e0 proximit\u00e9 de cet environnement marin qui nous inspire au quotidien\u00a0\u00bb, souligne Morgane Rousselot. Le site offre aussi \u00e0 la biotech des \u00e9quipements, des infrastructures et la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9changer avec les chercheurs qui poursuivent leurs travaux fondamentaux au m\u00eame endroit.<\/p>\n<p>La d\u00e9marche n\u2019implique toutefois pas d\u2019extraire en permanence de grandes quantit\u00e9s de mati\u00e8re dans l\u2019oc\u00e9an. Une fois une mol\u00e9cule int\u00e9ressante identifi\u00e9e, celle-ci est reproduite par synth\u00e8se chimique, puis modifi\u00e9e afin d\u2019am\u00e9liorer son efficacit\u00e9, sa stabilit\u00e9 ou son mode d\u2019administration. \u00ab\u00a0Nous sommes all\u00e9s chercher des mol\u00e9cules dans le milieu marin, on les a cribl\u00e9 avec cette plateforme technologique. Cela a permis de v\u00e9rifier si elles avaient un int\u00e9r\u00eat th\u00e9rapeutique. Si oui, nous les avons synth\u00e9tis\u00e9es. Le but est de les produire d\u2019une autre mani\u00e8re sans aller \u00e9puiser la ressource marine\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise la scientifique. La mer sert donc de biblioth\u00e8que initiale, non de gisement dans lequel il faudrait continuellement puiser.<\/p>\n<p>                    <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/photos_we_demain_-_jeremy_lempin.jpg\" class=\"block max-w-full h-auto mx-auto rounded-3xl lazyload\" alt=\"Coraux et \u00e9ponges vari\u00e9s dispos\u00e9s dans des bacs en plastique bleu pour observation scientifique.\"  fetchpriority=\"auto\" loading=\"lazy\"\/><\/p>\n<p>\n        \u00a9<br \/>\n        J\u00e9r\u00e9my Lempin \/WD\n    <\/p>\n<p>                            \u00c0 la Station biologique de Roscoff, SeaBeLife observe le vivant marin pour trouver de nouveaux traitements.<\/p>\n<p>                Deux maladies dans le viseur<\/p>\n<p>SeaBeLife concentre d\u00e9sormais ses efforts sur deux programmes. Le premier, baptis\u00e9 SBL01, cible l\u2019insuffisance h\u00e9patique aigu\u00eb, une d\u00e9faillance soudaine et potentiellement mortelle du foie. En septembre 2024, ce candidat a obtenu de l\u2019Agence europ\u00e9enne des m\u00e9dicaments une d\u00e9signation de m\u00e9dicament orphelin. Ce statut ne constitue ni une autorisation ni une preuve d\u2019efficacit\u00e9 chez l\u2019\u00eatre humain, mais il reconna\u00eet le caract\u00e8re rare de la maladie et ouvre l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un accompagnement r\u00e9glementaire sp\u00e9cifique.<\/p>\n<p>Le second candidat, SBL03, s\u2019attaque \u00e0 l\u2019atrophie g\u00e9ographique, une forme avanc\u00e9e de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence maculaire li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e2ge, ou DMLA s\u00e8che. Des cellules de la r\u00e9tine disparaissent progressivement, cr\u00e9ant des l\u00e9sions qui r\u00e9duisent irr\u00e9versiblement la vision centrale. \u00ab\u00a0Il y a un nombre consid\u00e9rable de patients qui sont en attente de ces traitements\u00a0\u00bb, insiste Morgane Rousselot.<\/p>\n<p>Deux m\u00e9dicaments inject\u00e9s dans l\u2019\u0153il sont autoris\u00e9s aux \u00c9tats-Unis pour ralentir la progression de cette maladie. En Europe, le pegcetacoplan a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9 par l\u2019Agence europ\u00e9enne des m\u00e9dicaments, qui a consid\u00e9r\u00e9 que le b\u00e9n\u00e9fice observ\u00e9 ne compensait pas suffisamment les risques associ\u00e9s aux injections r\u00e9guli\u00e8res. Une autre demande europ\u00e9enne, concernant l\u2019avacincaptad pegol, a \u00e9t\u00e9 retir\u00e9e par son fabricant.<\/p>\n<p>                Un gel plut\u00f4t qu\u2019une injection dans l\u2019\u0153il<\/p>\n<p>SeaBeLife veut emprunter une autre voie. SBL03 est formul\u00e9 sous la forme d\u2019un gel d\u00e9pos\u00e9 \u00e0 la surface de l\u2019\u0153il. Selon les r\u00e9sultats pr\u00e9cliniques annonc\u00e9s par l\u2019entreprise en janvier 2025, la mol\u00e9cule a atteint les tissus oculaires et prot\u00e9g\u00e9 la r\u00e9tine dans un mod\u00e8le animal de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence. Ces r\u00e9sultats sont prometteurs, mais ils n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9s chez l\u2019\u00eatre humain.<\/p>\n<p>Passer d\u2019une efficacit\u00e9 observ\u00e9e dans un laboratoire \u00e0 un m\u00e9dicament utilisable reste une course de fond. Il faut d\u00e9terminer la formulation, la dose, la toxicit\u00e9, la mani\u00e8re dont la mol\u00e9cule circule dans l\u2019organisme et les conditions dans lesquelles elle pourra \u00eatre fabriqu\u00e9e de fa\u00e7on reproductible.<\/p>\n<p>En d\u00e9cembre 2025, SeaBeLife a ainsi sign\u00e9 un accord avec Unither Pharmaceuticals (leader mondial dans le fa\u00e7onnage de doses unitaires liquides). Ce groupe fran\u00e7ais doit prendre en charge une partie du d\u00e9veloppement pharmaceutique de SBL03, son industrialisation et la fabrication des futurs lots pr\u00e9cliniques et cliniques. L\u2019objectif est de pr\u00e9parer le dossier n\u00e9cessaire \u00e0 un premier essai de phase 1. Il sont pr\u00e9vus pour 2027.<\/p>\n<p>Sur les rochers de Roscoff, l\u2019image est s\u00e9duisante : chercher dans le vivant marin de quoi repousser la mort. Mais pour que le traitement devienne r\u00e9alit\u00e9, le chemin est long et sem\u00e9 d\u2019emb\u00fbches. SeaBeLife poss\u00e8de des mol\u00e9cules, des r\u00e9sultats pr\u00e9cliniques et une strat\u00e9gie scientifique \u00e9tay\u00e9e par des publications scientiques, dont <a target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\" href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/s41420-025-02852-8\">une dans la revue Cell Death Recovery<\/a> (Nature) en d\u00e9cembre 2025. Mais elle doit encore franchir l\u2019\u00e9preuve d\u00e9cisive\u00a0: montrer que ce qui prot\u00e8ge une cellule ou une r\u00e9tine animale peut un jour prot\u00e9ger un patient.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Face \u00e0 l\u2019\u00eele de Batz, les rochers de Roscoff ont vu d\u00e9filer des g\u00e9n\u00e9rations de chercheurs. 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