{"id":203254,"date":"2026-08-07T05:38:10","date_gmt":"2026-08-07T05:38:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/203254\/"},"modified":"2026-08-07T05:38:10","modified_gmt":"2026-08-07T05:38:10","slug":"le-coleoptere-qui-entend-le-feu-pourquoi-il-est-precieux-pour-la-recherche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/203254\/","title":{"rendered":"Le col\u00e9opt\u00e8re qui entend le feu: pourquoi il est pr\u00e9cieux pour la recherche"},"content":{"rendered":"<p>Depuis des semaines, <a href=\"https:\/\/fr.euronews.com\/2026\/08\/05\/feux-de-foret-leurope-sort-lartillerie-lourde-mais-est-ce-suffisant\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">de violents incendies de for\u00eat<\/a> ravagent de vastes r\u00e9gions d&rsquo;Europe. Des zones enti\u00e8res doivent \u00eatre \u00e9vacu\u00e9es, des habitants perdent leur domicile et des vies sont r\u00e9guli\u00e8rement fauch\u00e9es. La chaleur persistante aggrave encore la situation. Avec le changement climatique, la fr\u00e9quence et l&rsquo;intensit\u00e9 des incendies de for\u00eat augmentent, selon de nombreux chercheurs.<\/p>\n<p>          <img decoding=\"async\" class=\"c-ad__placeholder__logo\" src=\"https:\/\/static.euronews.com\/website\/images\/logos\/logo-euronews-stacked-outlined-72x72-grey-9.svg\" width=\"72\" height=\"72\" alt=\"\" loading=\"lazy\"\/><br \/>\n          PUBLICIT\u00c9<\/p>\n<p>          <img decoding=\"async\" class=\"c-ad__placeholder__logo\" src=\"https:\/\/static.euronews.com\/website\/images\/logos\/logo-euronews-stacked-outlined-72x72-grey-9.svg\" width=\"72\" height=\"72\" alt=\"\" loading=\"lazy\"\/><br \/>\n          PUBLICIT\u00c9<\/p>\n<p>Mais la science ne s&rsquo;int\u00e9resse depuis longtemps plus uniquement \u00e0 la question de savoir comment les incendies peuvent \u00eatre \u00e9teints. Elle examine aussi ce qui se passe ensuite \u2013 et quelles solutions la nature elle-m\u00eame offre. Un habitant discret de nos for\u00eats joue un r\u00f4le cl\u00e9 : le bupreste du pin noir.<\/p>\n<p>Un col\u00e9opt\u00e8re qui cherche le feu<\/p>\n<p>Le bupreste du pin noir (Melanophila acuminata) fait partie des rares animaux qui r\u00e9agissent sp\u00e9cifiquement aux incendies de for\u00eat. D\u00e8s qu&rsquo;un feu s&rsquo;est \u00e9teint, il gagne les zones br\u00fbl\u00e9es pour y pondre ses \u0153ufs. Lydia Sch\u00fcbel, biologiste et responsable de l&rsquo;inspection de la protection animale au sein du Tierschutzverein M\u00fcnchen e.V., explique \u00e0 Euronews pourquoi.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le col\u00e9opt\u00e8re vole vers les flammes parce que ses larves ne peuvent se d\u00e9velopper que dans des arbres r\u00e9cemment br\u00fbl\u00e9s. Les arbres sains disposent de m\u00e9canismes de d\u00e9fense contre lesquels les petites larves blanches ne peuvent rien.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce qui est remarquable, souligne Sch\u00fcbel, c&rsquo;est que ces animaux peuvent d\u00e9tecter un incendie \u00ab\u00a0jusqu&rsquo;\u00e0 au moins 80 km de distance\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La mani\u00e8re dont le col\u00e9opt\u00e8re rep\u00e8re les incendies fascine les chercheurs depuis des d\u00e9cennies. Des scientifiques de l&rsquo;universit\u00e9 de Bonn ont d\u00e9sormais montr\u00e9 que cet insecte peut litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0entendre\u00a0\u00bb le feu.<\/p>\n<p>Le col\u00e9opt\u00e8re poss\u00e8de, de part et d&rsquo;autre de son corps, des organes sensoriels particuliers. Ils sont constitu\u00e9s de minuscules cavit\u00e9s remplies de liquide. Lorsque le rayonnement thermique d&rsquo;un feu atteint ces structures, le liquide se dilate et d\u00e9forme de fines soies sensorielles. Le syst\u00e8me nerveux enregistre ces variations de pression de fa\u00e7on comparable \u00e0 des ondes sonores.<\/p>\n<p>Mod\u00e8le pour de nouveaux d\u00e9tecteurs d&rsquo;incendie<\/p>\n<p>C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce m\u00e9canisme qui pourrait \u00e0 l&rsquo;avenir aider aussi les humains.<\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, des chercheurs de l&rsquo;universit\u00e9 de Bonn travaillent \u00e0 reproduire techniquement l&rsquo;organe sensoriel du col\u00e9opt\u00e8re. Ce domaine de recherche s&rsquo;appelle la bionique : il consiste \u00e0 transposer les solutions de la nature vers des applications technologiques.<\/p>\n<p>Les scientifiques ont mis au point un simple capteur infrarouge inspir\u00e9 du col\u00e9opt\u00e8re. \u00c0 la place de l&rsquo;organe sensoriel naturel, ils utilisent une fine plaque de plastique qui se dilate tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement sous l&rsquo;effet du rayonnement thermique et transmet ce mouvement \u00e0 un capteur.<\/p>\n<p>Le responsable du projet, Helmut Schmitz, a expliqu\u00e9 dans un rapport sur l&rsquo;\u00e9tat des recherches que les seuls incendies de for\u00eat dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne causent des dommages se chiffrant en milliards d&rsquo;euros. Une d\u00e9tection la plus pr\u00e9coce possible pourrait aider \u00e0 pr\u00e9venir des m\u00e9ga-feux d\u00e9vastateurs. \u00c0 long terme, ces capteurs infrarouges bioniques pourraient donc contribuer \u00e0 la d\u00e9tection pr\u00e9coce des incendies.<\/p>\n<p>Selon les chercheurs, les premiers prototypes ne co\u00fbtaient que quelques euros et \u00e9taient donc nettement moins chers que les capteurs infrarouges classiques. S&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9galaient pas encore leurs performances, les scientifiques y voient n\u00e9anmoins une piste tr\u00e8s prometteuse.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l&rsquo;incendie, la for\u00eat repart de z\u00e9ro<\/p>\n<p>Mais la question de ce qui se passe apr\u00e8s un incendie pr\u00e9occupe aussi beaucoup de monde.<\/p>\n<p>Le bupreste du pin noir fait partie des esp\u00e8ces dites pyrophiles, des animaux qui tirent avantage du feu. Ses larves se nourrissent du bois mort et en acc\u00e9l\u00e8rent ainsi la d\u00e9composition.<\/p>\n<p>Selon Lydia Sch\u00fcbel, les nutriments retournent ainsi plus rapidement dans le sol forestier. Ce bois mort friable cr\u00e9e en m\u00eame temps des conditions favorables pour de nouvelles plantes.<\/p>\n<p>Le bupreste du pin noir n&rsquo;est pas le seul. \u00ab\u00a0Parmi les autres esp\u00e8ces animales pyrophiles pr\u00e9sentes en Allemagne figurent le carabe \u00e0 quatre points, le carabe des fosses, la punaise de l&rsquo;\u00e9corce de pin et la mouche de la fum\u00e9e\u00a0\u00bb, explique Sch\u00fcbel \u00e0 Euronews.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale, ces esp\u00e8ces sont consid\u00e9r\u00e9es comme de pr\u00e9cieux alli\u00e9s pour la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration des for\u00eats.<\/p>\n<p>Certaines plantes sont elles aussi adapt\u00e9es au feu, poursuit Sch\u00fcbel. Certaines pr\u00e9sentent des propri\u00e9t\u00e9s particuli\u00e8rement r\u00e9sistantes aux flammes, d&rsquo;autres n&rsquo;ouvrent leurs capsules de graines qu&rsquo;apr\u00e8s une forte chaleur, ce qui favorise une reforestation rapide.<\/p>\n<p>M\u00eame certaines esp\u00e8ces d&rsquo;oiseaux tirent temporairement parti de ces habitats modifi\u00e9s. Des esp\u00e8ces comme le torcol fourmilier, le pipit des arbres ou le rougequeue \u00e0 front blanc utilisent les arbres morts comme sites de nidification et trouvent particuli\u00e8rement facilement de la nourriture sur les espaces ouverts.<\/p>\n<p>Les incendies de for\u00eat restent des catastrophes naturelles aux cons\u00e9quences le plus souvent d\u00e9vastatrices. Ils montrent toutefois aussi \u00e0 quel point les \u00e9cosyst\u00e8mes peuvent \u00eatre r\u00e9sistants, et combien nous pouvons apprendre de la nature. Paradoxalement, un col\u00e9opt\u00e8re qui cherche le feu pourrait ainsi contribuer \u00e0 l&rsquo;avenir \u00e0 d\u00e9tecter plus t\u00f4t les incendies et \u00e0 en limiter les effets.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Depuis des semaines, de violents incendies de for\u00eat ravagent de vastes r\u00e9gions d&rsquo;Europe. 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