{"id":204203,"date":"2026-08-07T19:10:23","date_gmt":"2026-08-07T19:10:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/204203\/"},"modified":"2026-08-07T19:10:23","modified_gmt":"2026-08-07T19:10:23","slug":"parler-la-meme-langue-que-son-medecin-pourrait-prolonger-lesperance-de-vie-la-rotonde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/204203\/","title":{"rendered":"Parler la m\u00eame langue que son m\u00e9decin pourrait prolonger l&rsquo;esp\u00e9rance de vie \u2013 La Rotonde"},"content":{"rendered":"<p>Cr\u00e9dit visuel : \u00c9lodie Ah-Wong<\/p>\n<p>Article r\u00e9dig\u00e9 par Rafa\u00eblle Lazure \u2013 Journaliste<\/p>\n<p>Une nouvelle \u00e9tude men\u00e9e par des chercheuses et chercheurs de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa (U d\u2019O)\u00a0 et de l\u2019Universit\u00e9 du Manitoba d\u00e9montre que la langue utilis\u00e9e dans la relation entre un patient et son m\u00e9decin pourrait avoir des r\u00e9percussions bien plus importantes sur la sant\u00e9 \u00e0 long terme. <\/p>\n<p>Impact de la langue sur la sant\u00e9<\/p>\n<p>Publi\u00e9e en juillet dernier dans la revue <a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/ajeadvances\/article\/2\/3\/uuag026\/8722896\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">AJE Advances: Research in Epidemiology<\/a>, l\u2019\u00e9tude a suivi 50 375 personnes pendant une p\u00e9riode pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 15 ans. Les r\u00e9sultats r\u00e9v\u00e8lent que les francophones vivant hors Qu\u00e9bec qui re\u00e7oivent des soins en fran\u00e7ais pr\u00e9sentent un risque de mortalit\u00e9 r\u00e9duit de 11% tandis que cette r\u00e9duction atteint 27% chez les personnes allophones lorsqu\u2019elles sont soign\u00e9es dans leur langue.\u00a0<\/p>\n<p>Derri\u00e8re ces r\u00e9sultats se trouve une importante question : est-ce que la capacit\u00e9 de communiquer avec son m\u00e9decin dans sa propre langue peut influencer la qualit\u00e9 des soins re\u00e7us ? C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce que l\u2019\u00e9quipe de recherche, dirig\u00e9e par le Dr Michael Reaume, ancien r\u00e9sident en n\u00e9phrologie \u00e0 l\u2019U d\u2019O et maintenant chercheur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Manitoba, a voulu examiner.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, les chercheurs ont utilis\u00e9 les donn\u00e9es de l\u2019<a href=\"http:\/\/www.statcan.gc.ca\/cgi-bin\/imdb\/p2SV_f.pl?Function=getSurvey&amp;SDDS=3226&amp;lang=en&amp;db=imdb&amp;adm=8&amp;dis=2\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Enqu\u00eate sur la sant\u00e9 dans les collectivit\u00e9s canadiennes<\/a> men\u00e9e par <a href=\"https:\/\/www.statcan.gc.ca\/fr\/debut\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Statistique Canada<\/a> entre 2003 et 2014. Les personnes participantes ont \u00e9t\u00e9 regroup\u00e9es selon leur langue principale parl\u00e9e \u00e0 la maison, puis compar\u00e9es selon qu\u2019elles recevaient ou non des soins m\u00e9dicaux dans cette m\u00eame langue.\u00a0<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude s\u2019est concentr\u00e9e sur les populations susceptibles de rencontrer des barri\u00e8res linguistiques dans le syst\u00e8me de sant\u00e9 canadien, notamment les francophones vivant \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du Qu\u00e9bec, les anglophones du Qu\u00e9bec et les personnes parlant une langue autochtone ou une autre langue.<\/p>\n<p>Une meilleure communication pour de meilleurs soins<\/p>\n<p>Selon le Dr Reaume, l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments centraux qui pourraient expliquer ces r\u00e9sultats est la qualit\u00e9 de la communication entre le patient et son m\u00e9decin.\u00a0<\/p>\n<p style=\"font-size: 20px;line-height: 2;text-align: center;font-family:Headland One;font-weight:400;font-style:normal\">\u00ab\u00a0Pour avoir une bonne relation th\u00e9rapeutique patient-m\u00e9decin, il faut premi\u00e8rement que le patient comprenne ce que le m\u00e9decin dit, il faut que le m\u00e9decin comprenne ce que le patient dit. Le patient doit avoir confiance que son m\u00e9decin pose le bon diagnostic et propose un plan de traitement qui est le meilleur pour lui ou elle.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Francophones hors Qu\u00e9bec : l\u2019acc\u00e8s aux soins en fran\u00e7ais reste in\u00e9gal<\/p>\n<p>Bien que l\u2019\u00e9tude d\u00e9montre l\u2019importance de recevoir des soins dans sa langue, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces services demeure variable \u00e0 travers le pays. Au Canada, les communaut\u00e9s francophones vivant en situation minoritaire font face \u00e0 des r\u00e9alit\u00e9s diff\u00e9rentes selon leur r\u00e9gion.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s les donn\u00e9es, les francophones hors Qu\u00e9bec sont g\u00e9n\u00e9ralement mieux desservis en Ontario et au Nouveau-Brunswick que dans plusieurs autres provinces. Cette diff\u00e9rence s\u2019explique par la pr\u00e9sence de communaut\u00e9s francophones plus concentr\u00e9es et par l\u2019existence d\u2019institutions de sant\u00e9 capables d\u2019offrir des services bilingues.<\/p>\n<p>Dans la r\u00e9gion d\u2019Ottawa, la pr\u00e9sence d\u2019institutions comme l\u2019<a href=\"https:\/\/hopitalmontfort.com\/fr\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">H\u00f4pital Montfort<\/a> joue un r\u00f4le important dans l\u2019offre de soins en fran\u00e7ais. Seul h\u00f4pital universitaire francophone de l\u2019Ontario, l\u2019\u00e9tablissement contribue \u00e0 maintenir une capacit\u00e9 de soins en fran\u00e7ais tout en formant des professionnels de la sant\u00e9 capables de travailler dans les deux langues officielles.<\/p>\n<p>Cependant, la disponibilit\u00e9 des services en fran\u00e7ais ne signifie pas que tous les patients francophones y ont automatiquement acc\u00e8s. Le d\u00e9fi demeure notamment dans le jumelage entre les besoins linguistiques des patients et les comp\u00e9tences des professionnels disponibles.<\/p>\n<p>Des solutions aux besoins linguistiques des patients<\/p>\n<p>Pour le Dr Reaume, am\u00e9liorer l\u2019acc\u00e8s aux soins dans la langue de pr\u00e9f\u00e9rence des patients n\u00e9cessite d\u2019abord de mieux identifier leurs besoins. Une des principales mesures qu\u2019il propose serait d\u2019ajouter la langue de pr\u00e9f\u00e9rence sur les cartes sant\u00e9 provinciales.\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab Si on veut essayer de jumeler des patients \u00e0 des m\u00e9decins qui parlent ces langues-l\u00e0, mais aussi \u00eatre capable d\u2019offrir des services d\u2019interpr\u00e9tation aux patients, il faut savoir quels patients veulent recevoir des soins dans une langue autre que l\u2019anglais ou le fran\u00e7ais \u00bb, explique-t-il.<\/p>\n<p>Une autre priorit\u00e9 serait de mieux documenter les comp\u00e9tences linguistiques des professionnels de la sant\u00e9. Actuellement, il peut \u00eatre difficile pour un m\u00e9decin de savoir \u00e0 quel coll\u00e8gue diriger un patient qui souhaite recevoir des soins dans une langue pr\u00e9cise.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude met \u00e9galement de l\u2019avant l\u2019importance d\u2019assurer un acc\u00e8s constant \u00e0 des services d\u2019interpr\u00e9tation professionnels. Selon les chercheurs, avoir recours \u00e0 des proches ou \u00e0 des membres de la famille comme interpr\u00e8tes peut limiter la qualit\u00e9 des \u00e9changes m\u00e9dicaux, notamment parce que ces personnes ne poss\u00e8dent pas toujours la formation n\u00e9cessaire pour traduire des informations complexes li\u00e9es \u00e0 la sant\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Si on \u00e9tait capable de faire ces trois choses-l\u00e0 dans toutes les provinces et tous les territoires, je pense qu\u2019on serait capable de mieux servir les communaut\u00e9s linguistiques minoritaires \u00bb conclut le Dr Reaume.<\/p>\n<p>Cette \u00e9tude rappelle ainsi que la langue utilis\u00e9e dans le syst\u00e8me de sant\u00e9 n\u2019est pas seulement une question de pr\u00e9f\u00e9rence, mais aussi un facteur pouvant influencer la qualit\u00e9 des soins re\u00e7us. Alors que les communaut\u00e9s linguistiques minoritaires continuent de cro\u00eetre au Canada, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des services adapt\u00e9s \u00e0 leurs r\u00e9alit\u00e9s demeure un enjeu important.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Cr\u00e9dit visuel : \u00c9lodie Ah-Wong Article r\u00e9dig\u00e9 par Rafa\u00eblle Lazure \u2013 Journaliste Une nouvelle \u00e9tude men\u00e9e par des&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":204204,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[82],"tags":[62921,12,13,18,17,198,86,13844,9074,87],"class_list":["post-204203","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-sante","tag-acces-aux-soins-de-sante","tag-be","tag-be-fr","tag-belgique","tag-belgium","tag-communication","tag-health","tag-langue","tag-longevite","tag-sante"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@be_fr\/117055810751166948","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/204203","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=204203"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/204203\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/204204"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=204203"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=204203"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=204203"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}