{"id":204251,"date":"2026-08-07T19:52:09","date_gmt":"2026-08-07T19:52:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/204251\/"},"modified":"2026-08-07T19:52:09","modified_gmt":"2026-08-07T19:52:09","slug":"le-coleoptere-qui-entend-le-feu-un-atout-precieux-pour-la-recherche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/204251\/","title":{"rendered":"Le col\u00e9opt\u00e8re qui entend le feu: un atout pr\u00e9cieux pour la recherche"},"content":{"rendered":"<p>Depuis des semaines, de violents <a href=\"https:\/\/fr.euronews.com\/2026\/08\/05\/feux-de-foret-leurope-sort-lartillerie-lourde-mais-est-ce-suffisant\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">incendies de for\u00eat<\/a> ravagent de vastes r\u00e9gions d&rsquo;Europe. Des r\u00e9gions enti\u00e8res doivent \u00eatre \u00e9vacu\u00e9es, des habitants perdent leur maison et, \u00e0 plusieurs reprises, des personnes trouvent la mort. La chaleur persistante aggrave encore la situation. Avec le changement climatique, la fr\u00e9quence et l&rsquo;intensit\u00e9 des feux de for\u00eat augmentent, selon de nombreux chercheurs.<\/p>\n<p>          <img decoding=\"async\" class=\"c-ad__placeholder__logo\" src=\"https:\/\/static.euronews.com\/website\/images\/logos\/logo-euronews-stacked-outlined-72x72-grey-9.svg\" width=\"72\" height=\"72\" alt=\"\" loading=\"lazy\"\/><br \/>\n          PUBLICIT\u00c9<\/p>\n<p>          <img decoding=\"async\" class=\"c-ad__placeholder__logo\" src=\"https:\/\/static.euronews.com\/website\/images\/logos\/logo-euronews-stacked-outlined-72x72-grey-9.svg\" width=\"72\" height=\"72\" alt=\"\" loading=\"lazy\"\/><br \/>\n          PUBLICIT\u00c9<\/p>\n<p>Pourtant, la science ne s&rsquo;int\u00e9resse pas uniquement \u00e0 la question de savoir comment les <a href=\"https:\/\/fr.euronews.com\/2026\/08\/05\/feux-de-foret-leurope-sort-lartillerie-lourde-mais-est-ce-suffisant\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">incendies peuvent \u00eatre \u00e9teints<\/a>. Elle \u00e9tudie aussi ce qui se passe ensuite, et quelles solutions la nature elle-m\u00eame a en r\u00e9serve. Un habitant discret de nos for\u00eats joue un r\u00f4le cl\u00e9: le bupreste du pin noir.<\/p>\n<p>Un col\u00e9opt\u00e8re en qu\u00eate de feu<\/p>\n<p>Le bupreste du pin noir (Melanophila acuminata) fait partie des rares animaux qui r\u00e9agissent sp\u00e9cifiquement aux feux de for\u00eat. \u00c0 peine un incendie est-il \u00e9teint qu&rsquo;il gagne les zones br\u00fbl\u00e9es pour y pondre ses \u0153ufs. Lydia Sch\u00fcbel, biologiste et responsable de l&rsquo;inspection de la protection animale au sein de l&rsquo;association de protection des animaux de Munich, explique \u00e0 Euronews pourquoi.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le col\u00e9opt\u00e8re vole vers les flammes, car ses larves ne peuvent se d\u00e9velopper que dans des arbres fra\u00eechement br\u00fbl\u00e9s. Les arbres sains disposent de m\u00e9canismes de d\u00e9fense contre lesquels les petites larves blanches ne peuvent rien.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce qui est particulier, souligne Sch\u00fcbel, c&rsquo;est que ces animaux per\u00e7oivent l&rsquo;incendie \u00ab\u00a0jusqu&rsquo;\u00e0 au moins 80 km de distance\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La mani\u00e8re pr\u00e9cise dont ce col\u00e9opt\u00e8re rep\u00e8re les incendies fascine les chercheurs depuis des d\u00e9cennies. Des scientifiques de l&rsquo;universit\u00e9 de Bonn ont d\u00e9sormais montr\u00e9 que l&rsquo;insecte peut, au sens propre, \u00ab\u00a0entendre\u00a0\u00bb le feu.<\/p>\n<p>De chaque c\u00f4t\u00e9 de son corps, le col\u00e9opt\u00e8re poss\u00e8de des organes sensoriels sp\u00e9cifiques. Ils se composent de minuscules cavit\u00e9s remplies de liquide. Lorsque le rayonnement thermique d&rsquo;un feu atteint ces structures, le liquide se dilate et d\u00e9forme de fines soies sensorielles. Le syst\u00e8me nerveux enregistre ces variations de pression de fa\u00e7on comparable aux ondes sonores.<\/p>\n<p>Mod\u00e8le pour de nouveaux d\u00e9tecteurs d&rsquo;incendie<\/p>\n<p>C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce m\u00e9canisme qui doit, \u00e0 l&rsquo;avenir, aider aussi les humains.<\/p>\n<p>Depuis les ann\u00e9es 2000, des chercheurs de l&rsquo;universit\u00e9 de Bonn travaillent \u00e0 reproduire techniquement l&rsquo;organe sensoriel du col\u00e9opt\u00e8re. Ce domaine de recherche s&rsquo;appelle la bionique: il consiste \u00e0 transposer des solutions issues de la nature \u00e0 des applications techniques.<\/p>\n<p>Les scientifiques ont mis au point un simple capteur infrarouge inspir\u00e9 du col\u00e9opt\u00e8re. Au lieu de l&rsquo;organe sensoriel naturel, ils utilisent une fine plaque de plastique qui se dilate l\u00e9g\u00e8rement sous l&rsquo;effet du rayonnement thermique et transmet ce mouvement \u00e0 un capteur.<\/p>\n<p>Le chef de projet, Helmut Schmitz, a expliqu\u00e9 dans un rapport sur l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;avancement des recherches que les incendies de for\u00eat causent, rien que dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne, des d\u00e9g\u00e2ts se chiffrant en milliards. Une d\u00e9tection la plus pr\u00e9coce possible pourrait contribuer \u00e0 \u00e9viter des m\u00e9gafeux d\u00e9vastateurs. \u00c0 long terme, les capteurs infrarouges bioniques pourraient ainsi jouer un r\u00f4le dans la d\u00e9tection pr\u00e9coce des incendies.<\/p>\n<p>Selon les chercheurs, les premiers prototypes ne co\u00fbtaient que quelques euros et \u00e9taient donc nettement moins chers que les capteurs infrarouges classiques. Certes, ils n&rsquo;atteignaient pas encore leurs performances, mais les scientifiques y voient une piste prometteuse.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l&rsquo;incendie, la for\u00eat repart de z\u00e9ro<\/p>\n<p>Mais la question de ce qui se passe apr\u00e8s un incendie pr\u00e9occupe \u00e9galement beaucoup de monde.<\/p>\n<p>Le bupreste du pin noir fait partie des esp\u00e8ces dites pyrophiles, c&rsquo;est-\u00e0-dire des animaux qui tirent profit du feu. Ses larves se nourrissent du bois mort et en acc\u00e9l\u00e8rent ainsi la d\u00e9composition.<\/p>\n<p>Selon Lydia Sch\u00fcbel, cela permet aux nutriments de retourner plus rapidement dans le sol forestier. Le bois mort, devenu plus friable, cr\u00e9e en m\u00eame temps des conditions favorables \u00e0 de nouvelles plantes.<\/p>\n<p>Le bupreste du pin noir n&rsquo;est pas seul. \u00ab\u00a0Parmi les autres esp\u00e8ces pyrophiles pr\u00e9sentes en Allemagne figurent le col\u00e9opt\u00e8re coureur \u00e0 quatre points, le carabe des fosses, la punaise de l&rsquo;\u00e9corce du pin et la mouche de la fum\u00e9e\u00a0\u00bb, explique Sch\u00fcbel \u00e0 Euronews.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale, elles sont consid\u00e9r\u00e9es comme de pr\u00e9cieux auxiliaires pour la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration des for\u00eats.<\/p>\n<p>Certaines plantes sont elles aussi adapt\u00e9es au feu, poursuit Sch\u00fcbel. Certaines poss\u00e8dent des caract\u00e9ristiques particuli\u00e8rement r\u00e9sistantes au feu, d&rsquo;autres n&rsquo;ouvrent leurs capsules de graines qu&rsquo;apr\u00e8s une forte chaleur, ce qui permet une reforestation rapide.<\/p>\n<p>M\u00eame certaines esp\u00e8ces d&rsquo;oiseaux profitent temporairement de ces habitats modifi\u00e9s. Des esp\u00e8ces comme le torcol fourmilier, le pipit des arbres ou le rougequeue \u00e0 front blanc utilisent les arbres morts comme sites de nidification et trouvent particuli\u00e8rement facilement de la nourriture sur les espaces d\u00e9gag\u00e9s.<\/p>\n<p>Les incendies de for\u00eat restent des catastrophes naturelles aux cons\u00e9quences le plus souvent d\u00e9vastatrices. Ils montrent cependant aussi \u00e0 quel point les \u00e9cosyst\u00e8mes peuvent \u00eatre r\u00e9sistants, et combien nous pouvons apprendre de la nature. C&rsquo;est un col\u00e9opt\u00e8re en qu\u00eate de feu qui pourrait, \u00e0 l&rsquo;avenir, contribuer \u00e0 d\u00e9tecter plus t\u00f4t les incendies et \u00e0 en limiter les cons\u00e9quences.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Depuis des semaines, de violents incendies de for\u00eat ravagent de vastes r\u00e9gions d&rsquo;Europe. 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