{"id":209233,"date":"2026-08-12T02:31:29","date_gmt":"2026-08-12T02:31:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/209233\/"},"modified":"2026-08-12T02:31:29","modified_gmt":"2026-08-12T02:31:29","slug":"la-fin-doak-street-le-retour-decevant-mais-introspectif-du-realisateur-dit-follows","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/209233\/","title":{"rendered":"\u201cLa Fin d&rsquo;Oak Street\u201d, le retour d\u00e9cevant mais introspectif du r\u00e9alisateur d&rsquo;\u201cIt Follows\u201d"},"content":{"rendered":"<p>Des nouvelles de David Robert Mitchell, bien en peine d\u2019enclencher son grand retour, dans un film qui commente n\u00e9anmoins entre les lignes sa propre peur de dispara\u00eetre.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Que Kane Parsons, Curry Barker et les nouvelles coqueluches vingtenaires du cin\u00e9ma d\u2019horreur ne s\u2019endorment pas sur leurs lauriers. Leur succ\u00e8s est une mal\u00e9diction, d\u00e9sormais bien document\u00e9e. Le statut de prodige du thriller ind\u00e9pendant am\u00e9ricain produit souvent le m\u00eame r\u00e9sultat pass\u00e9 les deux ou trois premiers films : des projets incompris, biscornus, port\u00e9s par des cin\u00e9astes sans garde-fou et des studios aveugl\u00e9s par les promesses des d\u00e9buts. David Robert Mitchell, comme avant lui <a href=\"https:\/\/www.lesinrocks.com\/cinema\/richard-kelly-nous-raconte-la-folle-genese-de-donnie-darko-172391-09-07-2019\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Richard Kelly<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.lesinrocks.com\/cinema\/jeffs-nichols-75024-15-03-2016\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Jeff Nichols<\/a> et tant d\u2019autres, est pass\u00e9 de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du miroir en 2018 avec <a href=\"https:\/\/www.lesinrocks.com\/cinema\/under-the-silver-lake-168033-03-08-2018\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Under the Silver Lake<\/a>, r\u00eaverie bizarre oscillant entre le beau et le grotesque.\u00a0<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le vide qui a suivi ce \u201cgrand film malade\u201d, comme dit l\u2019expression consacr\u00e9e, est d\u2019abord la banale cons\u00e9quence de son \u00e9chec commercial, mais plus largement le syndrome d\u2019un cin\u00e9aste qui n\u2019a pas su s\u2019\u00e9tablir solidement, sinon dans les limbes. Il sort aujourd\u2019hui ce modeste projet d\u2019\u00e9pouvante, qui serait presque un film attachant si Mitchell en d\u00e9gainait un semblable tous les deux ans, mais qui apr\u00e8s pratiquement une d\u00e9cennie d\u2019attente, n\u2019est pas un rendu tr\u00e8s s\u00e9rieux. La Fin d\u2019Oak Street imagine un quartier suburbain typique des ann\u00e9es 1980 subitement projet\u00e9 par-del\u00e0 le temps et l\u2019espace au milieu du Jurassique. Totalement d\u00e9pass\u00e9e par ce bug interdimensionnel impensable, la famille dysfonctionnelle (deux \u00e9poux m\u00fbrs pour le divorce, et leurs deux enfants t\u00e9moins d\u00e9courag\u00e9s) au centre du r\u00e9cit n\u2019a d\u2019autre choix que de t\u00e2cher de survivre \u00e0 l\u2019invasion soudaine de pr\u00e9dateurs et d\u2019esp\u00e9rer qu\u2019un second glitch les ram\u00e8ne.<\/p>\n<p>Une angoisse de la disparition<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a plusieurs rapports au pass\u00e9 ici \u00e0 l\u2019\u0153uvre \u2013 voire en lutte ? D\u2019abord la nostalgie des ann\u00e9es 1980, disque franchement ray\u00e9 qui occupe tout le prologue, probablement \u00e0 mettre en partie au cr\u00e9dit du producteur <a href=\"https:\/\/www.lesinrocks.com\/series\/j-j-abrams-retrouve-le-petit-ecran-avec-duster-une-serie-retro-et-dejantee-664866-19-05-2025\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">J.J. Abrams<\/a> \u2013 c\u2019est le pire aspect du film, qui semble se forcer \u00e0 adopter les codes d\u2019un f\u00e9tichisme totalement d\u00e9mon\u00e9tis\u00e9 par sa surexploitation. Ensuite celle, plus discr\u00e8te, du cin\u00e9ma d\u2019\u00e9pouvante des ann\u00e9es 1950 : il y a dans le caract\u00e8re tr\u00e8s artificiel, presque th\u00e9orique de la situation imagin\u00e9e une dimension de cauchemar de poche \u00e0 la <a href=\"https:\/\/www.lesinrocks.com\/cinema\/jack-arnold-letrange-createur-37427-31-10-2000\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Jack Arnold<\/a>, de fantaisie horrifique artisanale que le r\u00e9cit manipule comme une maison de poup\u00e9es. Et enfin, peut-\u00eatre, un troisi\u00e8me regard dans le r\u00e9troviseur, v\u00e9hiculant une angoisse de la disparition qui serait celle de Mitchell lui-m\u00eame. <\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le cin\u00e9aste avait d\u00e9j\u00e0 adapt\u00e9 un cauchemar r\u00e9current avec It Follows ; il a sans doute recommenc\u00e9 avec cette parabole sur l\u2019impuissance, masculine notamment (Ewan McGregor, p\u00e8re aimant mais nul en tout, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment d\u00e9faillant face \u00e0 l\u2019adversit\u00e9 : le personnage le plus int\u00e9ressant du film), et sur une angoisse qu\u2019on imagine volontiers partag\u00e9e par ces r\u00e9alisateurs quinquag\u00e9naires \u00e9ternellement obs\u00e9d\u00e9s par leur enfance et en perte croissante de succ\u00e8s \u2013 celle de se retrouver coinc\u00e9s dans la pr\u00e9histoire, dans l\u2019indiff\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale, et sans rien pouvoir y faire. Une sorte de destin funeste, cruel et absurde qui \u00e0 d\u00e9faut de rendre le film passionnant, lui donne tout de m\u00eame un certain int\u00e9r\u00eat personnel. On esp\u00e8re mieux de la suite \u00e0 It Follows que Mitchell doit d\u00e9sormais tourner \u2013 m\u00eame si l\u00e0 aussi, il n\u2019a pas vraiment l\u2019air de s\u2019extirper du pi\u00e8ge du pass\u00e9.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Fin d\u2019Oak Street de David Robert Mitchell avec Anne Hathaway, Ewan McGregor, Maisy Stella\u2026 Sortie en salle le 12 ao\u00fbt.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Des nouvelles de David Robert Mitchell, bien en peine d\u2019enclencher son grand retour, dans un film qui commente&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":209234,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[97],"tags":[12,13,18,17,193,96,95,106,105],"class_list":["post-209233","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-films","tag-be","tag-be-fr","tag-belgique","tag-belgium","tag-cafeyn","tag-divertissement","tag-entertainment","tag-films","tag-movies"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@be_fr\/117080193907013028","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/209233","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=209233"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/209233\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/209234"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=209233"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=209233"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=209233"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}