{"id":213553,"date":"2026-08-15T07:19:11","date_gmt":"2026-08-15T07:19:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/213553\/"},"modified":"2026-08-15T07:19:11","modified_gmt":"2026-08-15T07:19:11","slug":"virus-intestinaux-nouvelles-armes-contre-les-bacteries-resistantes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/213553\/","title":{"rendered":"Virus intestinaux: nouvelles armes contre les bact\u00e9ries r\u00e9sistantes"},"content":{"rendered":"<p>Les virus qui ciblent et d\u00e9truisent s\u00e9lectivement les bact\u00e9ries &#8211; \u00e9galement appel\u00e9s bact\u00e9riophages, ou simplement phages &#8211; infectent les bact\u00e9ries tout en \u00e9pargnant les cellules humaines. Une fois qu&rsquo;ils se fixent \u00e0 une cellule bact\u00e9rienne, ils y injectent leur mat\u00e9riel g\u00e9n\u00e9tique, d\u00e9tournent la machinerie cellulaire et la contraignent \u00e0 produire de nouveaux phages jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la bact\u00e9rie \u00e9clate.<\/p>\n<p>          <img decoding=\"async\" class=\"c-ad__placeholder__logo\" src=\"https:\/\/static.euronews.com\/website\/images\/logos\/logo-euronews-stacked-outlined-72x72-grey-9.svg\" width=\"72\" height=\"72\" alt=\"\" loading=\"lazy\"\/><br \/>\n          PUBLICIT\u00c9<\/p>\n<p>          <img decoding=\"async\" class=\"c-ad__placeholder__logo\" src=\"https:\/\/static.euronews.com\/website\/images\/logos\/logo-euronews-stacked-outlined-72x72-grey-9.svg\" width=\"72\" height=\"72\" alt=\"\" loading=\"lazy\"\/><br \/>\n          PUBLICIT\u00c9<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me, c&rsquo;est que les bact\u00e9ries peuvent d\u00e9velopper des d\u00e9fenses contre les phages, tout comme elles acqui\u00e8rent une r\u00e9sistance aux antibiotiques.<\/p>\n<p>Ces nouveaux travaux sugg\u00e8rent que les phages disposent de leur propre contre-mesure \u00e9volutive.<\/p>\n<p>Certains des virus pr\u00e9sents dans l&rsquo;intestin humain peuvent g\u00e9n\u00e9rer tr\u00e8s rapidement des variations g\u00e9n\u00e9tiques parmi leur descendance, augmentant les chances qu&rsquo;au moins une partie survive lorsque les bact\u00e9ries ripostent, selon l&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/s41564-026-02445-w\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer nofollow noopener\">\u00e9tude (source en anglais)<\/a> publi\u00e9e jeudi dans la revue Nature Microbiology.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9couverte pourrait ouvrir une nouvelle voie dans la recherche d&rsquo;alternatives aux antibiotiques, alors que les infections r\u00e9sistantes aux m\u00e9dicaments deviennent de plus en plus difficiles \u00e0 traiter.<\/p>\n<p>Des chercheurs de la Michigan State University ont identifi\u00e9, dans le g\u00e9nome de bact\u00e9riophages, des r\u00e9gions jusqu&rsquo;ici sous-estim\u00e9es qui agissent comme des \u00ab\u00a0points chauds\u00a0\u00bb g\u00e9n\u00e9tiques, permettant aux virus de modifier \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition des g\u00e8nes cl\u00e9s au fil de leur r\u00e9plication.<\/p>\n<p>Cela laisse penser que ces r\u00e9gions aident les phages \u00e0 diversifier leurs strat\u00e9gies \u00e9volutives face aux d\u00e9fenses bact\u00e9riennes. Plut\u00f4t que de produire une population de virus g\u00e9n\u00e9tiquement identiques, ils g\u00e9n\u00e8rent une descendance vari\u00e9e, aux caract\u00e9ristiques diff\u00e9rentes, ce qui augmente la probabilit\u00e9 que certains puissent continuer \u00e0 infecter et \u00e0 tuer leurs h\u00f4tes bact\u00e9riens.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Cela change notre compr\u00e9hension de l&rsquo;\u00e9volution des phages\u00a0\u00bb, explique le coauteur Chris Waters, chercheur au sein du programme Ecology, Evolution, and Behavior de la Michigan State University. \u00ab\u00a0Au lieu de d\u00e9tourner leurs h\u00f4tes pour produire en masse des copies exactes d&rsquo;eux-m\u00eames, ils utilisent en r\u00e9alit\u00e9 ces points chauds de mutation pour cr\u00e9er une v\u00e9ritable m\u00e9nagerie\u00a0\u00bb, poursuit-il, en ajoutant que les phages \u00ab\u00a0jouent en quelque sorte la carte de la diversification\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Une \u00e9chappatoire g\u00e9n\u00e9tique<\/p>\n<p>Les chercheurs ont \u00e9tudi\u00e9 le bact\u00e9riophage T2, qui infecte la bact\u00e9rie E. coli, apr\u00e8s avoir examin\u00e9 un syst\u00e8me de d\u00e9fense bact\u00e9rien capable de reconna\u00eetre et de d\u00e9truire l&rsquo;ADN des phages envahisseurs.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9quipe a transf\u00e9r\u00e9 ce syst\u00e8me de d\u00e9fense dans des bact\u00e9ries E. coli en laboratoire et les a expos\u00e9es \u00e0 des phages.<\/p>\n<p>Mais cette protection n&rsquo;a pas dur\u00e9.<\/p>\n<p>En quelques heures, les phages ont commenc\u00e9 \u00e0 contourner les d\u00e9fenses bact\u00e9riennes. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Au bout de quelques heures, les phages finissaient toujours par prendre le dessus\u00a0\u00bb, raconte Waters. \u00ab\u00a0Nous ne comprenions pas pourquoi\u00a0\u00bb, ajoute-t-il.<\/p>\n<p>Lorsque les chercheurs ont s\u00e9quenc\u00e9 les virus r\u00e9sistants, ils ont retrouv\u00e9 des mutations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es dans un g\u00e8ne appel\u00e9 agt, en particulier dans un segment d&rsquo;ADN r\u00e9p\u00e9titif. \u00ab\u00a0Quand j&rsquo;ai vu les donn\u00e9es, je me suis dit : oh mon Dieu\u00a0\u00bb, se souvient Waters. <\/p>\n<p>Cette s\u00e9quence s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00eatre ce que les scientifiques appellent un locus de contingence, une r\u00e9gion hautement mutable o\u00f9 la machinerie de copie de l&rsquo;ADN peut d\u00e9raper lorsqu&rsquo;elle r\u00e9plique des s\u00e9quences r\u00e9p\u00e9t\u00e9es.<\/p>\n<p>Il en r\u00e9sulte une mutation de d\u00e9calage de cadre, r\u00e9versible, qui peut modifier la fa\u00e7on dont les instructions du g\u00e8ne sont lues.<\/p>\n<p>Certains phages gagnent une r\u00e9p\u00e9tition suppl\u00e9mentaire, d&rsquo;autres en perdent une. Il s&rsquo;ensuit une population compos\u00e9e de diff\u00e9rentes versions du virus, potentiellement dot\u00e9es de capacit\u00e9s variables pour \u00e9chapper aux d\u00e9fenses bact\u00e9riennes.<\/p>\n<p>Les chercheurs ont constat\u00e9 que ces r\u00e9gions r\u00e9p\u00e9titives accumulaient des mutations des milliers de fois plus rapidement que le reste du g\u00e9nome du phage.<\/p>\n<p>Et ce m\u00e9canisme ne se limite pas \u00e0 un seul virus.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 des exp\u00e9riences d&rsquo;\u00e9volution et \u00e0 des s\u00e9quen\u00e7ages de g\u00e9nomes, l&rsquo;\u00e9quipe a mis en \u00e9vidence des loci de contingence similaires chez le phage T4 d&rsquo;E. coli. Elle a aussi montr\u00e9 que de simples r\u00e9p\u00e9titions de s\u00e9quence \u00e9taient largement r\u00e9pandues dans une grande diversit\u00e9 de phages d&rsquo;E. coli, m\u00eame si leur abondance variait selon les g\u00e8nes et leurs fonctions.<\/p>\n<p>Peut-il aider \u00e0 traiter les superbact\u00e9ries ?<\/p>\n<p>Ces travaux interviennent alors que scientifiques et d\u00e9cideurs cherchent des alternatives aux antibiotiques.<\/p>\n<p>La phagoth\u00e9rapie n&rsquo;a rien de nouveau. Des phages \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9s \u00e0 des fins th\u00e9rapeutiques d\u00e8s les ann\u00e9es 1920 pour traiter des infections bact\u00e9riennes, mais l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour cette approche a d\u00e9clin\u00e9 apr\u00e8s la g\u00e9n\u00e9ralisation d&rsquo;antibiotiques comme la p\u00e9nicilline.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, la mont\u00e9e des r\u00e9sistances aux antimicrobiens ravive cet int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p>Cet engouement tient en partie \u00e0 la sp\u00e9cificit\u00e9 des phages. Alors que de nombreux antibiotiques peuvent tuer des bact\u00e9ries b\u00e9n\u00e9fiques en plus du pathog\u00e8ne cibl\u00e9, certains phages sont hautement s\u00e9lectifs et n&rsquo;attaquent que des esp\u00e8ces ou souches bact\u00e9riennes particuli\u00e8res.<\/p>\n<p>Mais cette sp\u00e9cificit\u00e9 constitue aussi une faiblesse : les bact\u00e9ries peuvent d\u00e9velopper une r\u00e9sistance \u00e0 un phage donn\u00e9, rendant potentiellement un traitement inefficace.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats obtenus \u00e0 la Michigan State University ouvrent la possibilit\u00e9, \u00e0 terme, d&rsquo;exploiter les strat\u00e9gies \u00e9volutives propres aux virus pour rendre les traitements par phages plus robustes.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Si nous parvenons \u00e0 exploiter ce type de stratag\u00e8mes \u00e9volutifs, nous pourrions d\u00e9velopper des phagoth\u00e9rapies plus efficaces face \u00e0 la crise de la r\u00e9sistance aux antibiotiques\u00a0\u00bb, estime Waters.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous ne parviendrons jamais \u00e0 \u00e9liminer totalement la r\u00e9sistance\u00a0\u00bb, poursuit-il. \u00ab\u00a0Mais si nous comprenons mieux comment les bact\u00e9ries se prot\u00e8gent contre l&rsquo;infection par les phages et comment les phages ripostent, nous pourrons peut-\u00eatre la r\u00e9duire au minimum.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Les virus qui ciblent et d\u00e9truisent s\u00e9lectivement les bact\u00e9ries &#8211; \u00e9galement appel\u00e9s bact\u00e9riophages, ou simplement phages &#8211; infectent&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":213554,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[82],"tags":[12,13,18,17,86,3372,87],"class_list":["post-213553","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-sante","tag-be","tag-be-fr","tag-belgique","tag-belgium","tag-health","tag-les-soins-de-sante","tag-sante"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@be_fr\/117098313688289179","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/213553","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=213553"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/213553\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/213554"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=213553"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=213553"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=213553"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}