{"id":23886,"date":"2026-03-01T11:25:10","date_gmt":"2026-03-01T11:25:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/23886\/"},"modified":"2026-03-01T11:25:10","modified_gmt":"2026-03-01T11:25:10","slug":"gil-kd-la-daronne-du-street-art-a-tours","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/23886\/","title":{"rendered":"Gil KD, la daronne du street art \u00e0 Tours"},"content":{"rendered":"<p>Sa silhouette est gracile, son visage lumineux. L\u2019artiste de rue Gil KD s\u2019affiche au grand jour apr\u00e8s avoir longtemps \u0153uvr\u00e9 dans l\u2019ombre. Pour les Tourangeaux, elle est surtout une signature\u00a0: trois lettres capitales, accompagnant chacun de ses dessins peints sur le mobilier urbain.<\/p>\n<p>Des personnages exclusivement f\u00e9minins, baptis\u00e9s les \u00ab\u00a0Filles du vent\u00a0\u00bb. Ils ont fleuri dans le centre-ville de Tours il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es. Les Tourangeaux sont rapidement tomb\u00e9s sous le charme de ces demoiselles \u00e9l\u00e9gantes et po\u00e9tiques apparaissant myst\u00e9rieusement au petit matin sur une bo\u00eete aux lettres, un rideau de fer ou une porte m\u00e9tallique.<\/p>\n<p>L\u2019identit\u00e9 de leur auteur \u00e9tait elle aussi myst\u00e9rieuse. \u00ab\u00a0La plupart des personnes pensaient qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un artiste masculin\u00a0\u00bb, s\u2019amuse aujourd\u2019hui Gil KD en se rem\u00e9morant les commentaires laiss\u00e9s sur les r\u00e9seaux sociaux au d\u00e9but des ann\u00e9es 2010.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La rue m\u2019a donn\u00e9 une vraie visibilit\u00e9\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 cette \u00e9poque, Gil KD est infirmi\u00e8re dans l\u2019Est tourangeau, inconnue dans le milieu du street art. \u00ab\u00a0Je me disais qu\u2019\u00e0 Tours, il n\u2019y avait pas assez de cr\u00e9ations de street art par rapport \u00e0 d\u2019autres villes.\u00a0\u00bb Pouss\u00e9e par son compagnon, Bruno, la quinquag\u00e9naire d\u00e9cide de passer \u00e0 l\u2019action. Clandestinement, avec ses bombes de peinture et ses pochoirs g\u00e9ants, elle se met \u00e0 parcourir le centre-ville pour r\u00e9aliser ses cr\u00e9ations. \u00ab\u00a0Je voulais surtout faire quelque chose de color\u00e9, je ne me disais pas \u201c Je vais tout bousculer, choquer\u00a0\u201d, non pas du tout, insiste Gil KD. Ma premi\u00e8re Fille du vent, je l\u2019ai faite sur un rideau m\u00e9tallique, rue de la Grosse tour, c\u2019\u00e9tait un b\u00e2timent qui \u00e9tait vou\u00e9 \u00e0 la destruction.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Comme les graffeurs, Gil KD op\u00e8re toujours de la m\u00eame fa\u00e7on. \u00ab\u00a0Je vais pocher entre 6\u00a0h et 6\u00a0h\u00a030 le dimanche matin, quand il n\u2019y a personne dehors. Jamais la nuit, j\u2019ai trop la trouille.\u00a0\u00bb Ses pochoirs pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 l\u2019avance, chez elle \u00e0 Saint-Martin-le-beau, lui permettent de r\u00e9aliser ses silhouettes en un temps record, \u00ab\u00a0en 20 minutes, c\u2019est fini\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le dessin n\u2019est pas apparu subitement dans la vie de Gil KD. \u00ab\u00a0Je dessine depuis que je suis enfant.\u00a0\u00bb Fille de parents horticulteurs install\u00e9s \u00e0 Saint-Martin-le-Beau, petite, elle est scolaris\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole de Saint-Cyr-sur-Loire, dont le directeur n\u2019est autre que son grand-p\u00e8re. \u00ab\u00a0C\u2019est lui qui m\u2019a appris \u00e0 dessiner. Le soir, apr\u00e8s mes devoirs, je dessinais \u00e0 la craie sur des feuilles Canson noires.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Adolescente, Gil KD r\u00eavait d\u2019embrasser une carri\u00e8re artistique. Ses parents, beaucoup moins. \u00ab\u00a0Pour eux, on n\u2019en vivait pas.\u00a0\u00bb \u00c0 la place, elle choisit les \u00e9tudes d\u2019infirmi\u00e8re et monte exercer \u00e0 Paris dans les ann\u00e9es 1980, \u00ab\u00a0pour me sortir du carcan patriarcal.\u00a0\u00bb C\u2019est l\u00e0-bas qu\u2019elle croise la route des pionniers du graff. \u00ab\u00a0Leur repaire c\u2019\u00e9tait les Magasins g\u00e9n\u00e9raux, un terrain vague.\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>La bande d\u2019artistes de rue est compos\u00e9e uniquement de gar\u00e7ons. Pour s\u2019int\u00e9grer, la jeune femme coupe ses cheveux, porte des pantalons et des rangers\u00a0: \u00ab\u00a0Un vrai gar\u00e7on manqu\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb On la rebaptise Gil, un pr\u00e9nom qui ne la quittera plus. \u00ab\u00a0J\u2019aime bien cette ambigu\u00eft\u00e9 de porter un pr\u00e9nom mixte\u00a0\u00bb, confie celle qui pr\u00e9f\u00e8re ne pas divulguer son pr\u00e9nom d\u2019origine. Avec cette nouvelle identit\u00e9, elle s\u2019autorise \u00e0 transgresser les r\u00e8gles\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019\u00e9tais sous le joug d\u2019une \u00e9ducation \u00e0 l\u2019ancienne&#8230;. <\/p>\n<p>    Cet article a \u00e9t\u00e9 tronqu\u00e9. Abonnez-vous pour lire l&rsquo;article complet sur notre site.<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"margin: 0 !important; padding: 0 !important; font-size: 12px !important;\">Cet article a \u00e9t\u00e9 tronqu\u00e9. Abonnez-vous pour lire l&rsquo;article complet.<\/p>\n<p>    <a href=\"https:\/\/www.lanouvellerepublique.fr\/abonnements\" style=\"display: inline-block; margin-top: 5px !important; padding: 6px 12px !important; background: #cb1c27; color: white; text-decoration: none; border-radius: 4px; font-size: 12px !important;\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><br \/>\n      S&rsquo;abonner<br \/>\n    <\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Sa silhouette est gracile, son visage lumineux. 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