{"id":241165,"date":"2026-09-06T09:21:16","date_gmt":"2026-09-06T09:21:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/241165\/"},"modified":"2026-09-06T09:21:16","modified_gmt":"2026-09-06T09:21:16","slug":"le-rouge-et-le-noir-sur-france-2-stendhal-essore-en-4-episodes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/241165\/","title":{"rendered":"\u00ab Le Rouge et le Noir \u00bb sur France 2 : Stendhal essor\u00e9 en 4 \u00e9pisodes"},"content":{"rendered":"<p>Le Rouge et le Noir version France T\u00e9l\u00e9visions \u00e9tait l\u2019un des rendez-vous de la rentr\u00e9e du groupe public : 4 \u00e9pisodes, une coproduction franco-belge tourn\u00e9e entre l\u2019\u00cele-de-France, les Hauts-de-France et l\u2019Auvergne-Rh\u00f4ne-Alpes, 600 costumes, un passage par Canneseries en avril, une bande-annonce matraqu\u00e9e tout l\u2019\u00e9t\u00e9. Le lancement du 31 ao\u00fbt a rassembl\u00e9 environ 2,5 millions de t\u00e9l\u00e9spectateurs, une 3e place derri\u00e8re \u00ab L\u2019amour est dans le pr\u00e9 \u00bb et \u00ab Camping Paradis \u00bb. Pour une case \u00e9v\u00e9nement adoss\u00e9e \u00e0 l\u2019un des sommets du roman fran\u00e7ais, c\u2019est peu.<\/p>\n<p>Un roman de 500 pages en 4 \u00e9pisodes<\/p>\n<p>Le sc\u00e9nario de Georges-Marc Benamou et Gilles Taurand conserve la charpente : Verri\u00e8res, l\u2019adult\u00e8re avec Louise de R\u00eanal, le s\u00e9minaire de Besan\u00e7on, l\u2019h\u00f4tel de La Mole, la grossesse de Mathilde, la lettre qui pr\u00e9cipite la chute. Le reste passe \u00e0 la trappe. Les man\u0153uvres de Julien aupr\u00e8s de Mme de Fervaques pour rendre Mathilde jalouse disparaissent, et avec elles une bonne part de la m\u00e9canique de calcul qui fait le personnage. Les strates politiques et religieuses de la Restauration, c\u0153ur battant du livre, sont r\u00e9duites \u00e0 un d\u00e9cor.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019inverse, la s\u00e9rie ajoute : Louise de R\u00eanal finit au couvent, \u00e9pilogue que Stendhal n\u2019a jamais \u00e9crit. Et certaines sc\u00e8nes ne sont pas coup\u00e9es mais retourn\u00e9es. Le vase japonais que Julien brise dans le roman, image de son amour saccag\u00e9, c\u2019est ici Mathilde qui le lui casse sur la t\u00eate. Le geste change de main, donc de sens. Les dialogues, eux, ont \u00e9t\u00e9 modernis\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 ce que T\u00e9l\u00e9-Loisirs y voie \u00ab un Gossip Girl en costumes \u00bb. La formule est cruelle mais elle circule, et personne \u00e0 France T\u00e9l\u00e9visions n\u2019a jug\u00e9 utile de la contester.<\/p>\n<p>Victor Belmondo, un Julien Sorel sans feu<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me central tient en un nom. Victor Belmondo, 32 ans, h\u00e9rite d\u2019un r\u00f4le \u00e9crit pour un gar\u00e7on de 18 ans d\u00e9vor\u00e9 d\u2019ambition, un pl\u00e9b\u00e9ien qui hait sa condition et br\u00fble de la quitter. \u00c0 l\u2019\u00e9cran, il traverse les \u00e9pisodes avec une \u00e9l\u00e9gance molle et une diction sourde. Les spectateurs qui d\u00e9posent leurs avis sur Allocin\u00e9 ne s\u2019y trompent pas : le mot qui revient est \u00ab fade \u00bb, suivi de \u00ab plat \u00bb, \u00ab inexpressif \u00bb, \u00ab transparent \u00bb. Beaucoup s\u2019arr\u00eatent au 2e \u00e9pisode. La majorit\u00e9 des notes publi\u00e9es depuis le 21 ao\u00fbt oscillent entre 0,5 et 2 sur 5.<\/p>\n<p>\n        Publicit\u00e9<\/p>\n<p>La comparaison avec G\u00e9rard Philipe, chez Claude Autant-Lara en 1954, revient dans presque toutes les critiques. Elle est injuste, mais elle est in\u00e9vitable d\u00e8s lors qu\u2019on annonce une adaptation \u00ab fid\u00e8le \u00bb. Le petit-fils de Jean-Paul Belmondo n\u2019a pas choisi son patronyme ; il a choisi ce r\u00f4le-l\u00e0, qui exige exactement ce qu\u2019il ne donne pas.<\/p>\n<p>Autour de lui, l\u2019attelage est d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9. Virginie Ledoyen, 49 ans, campe une Louise de R\u00eanal que plusieurs spectateurs jugent trop \u00e2g\u00e9e pour le r\u00f4le, et surtout priv\u00e9e de toute chair passionnelle : le couple ne d\u00e9gage rien, ce qui est un obstacle s\u00e9rieux dans une histoire qui repose enti\u00e8rement l\u00e0-dessus. Camille Razat en Mathilde de La Mole a du temp\u00e9rament mais une articulation qui laisse filer les mots. Patrick Timsit en monsieur de R\u00eanal, Patrick Mille et Romane Bohringer sont les 3 noms que m\u00eame les avis les plus assassins \u00e9pargnent. C\u2019est peu pour une distribution de cette ampleur.<\/p>\n<p>Le lac du Bourget pour la Franche-Comt\u00e9<\/p>\n<p>Le soin apport\u00e9 \u00e0 l\u2019image est r\u00e9el, personne ne le conteste. Ga\u00ebl Morel, ancien acteur d\u2019Andr\u00e9 T\u00e9chin\u00e9, a refus\u00e9 le spectaculaire clinquant qui plombe la plupart des fictions fran\u00e7aises en costumes, et quelques spectateurs saluent cette sobri\u00e9t\u00e9 : p\u00e9nombre, nuances, absence de surlignage. Le proc\u00e9d\u00e9 exige toutefois des acteurs habit\u00e9s pour ne pas virer \u00e0 l\u2019atonie.<\/p>\n<p>Reste une d\u00e9cision qui h\u00e9risse les lecteurs de Stendhal : Verri\u00e8res, le bourg franc-comtois o\u00f9 tout commence, est figur\u00e9 par le ch\u00e2teau de Chindrieux, en Savoie, au nord du lac du Bourget. Ce n\u2019est pas un d\u00e9tail de rep\u00e9rage. Le milieu provincial de Franche-Comt\u00e9, sa hi\u00e9rarchie sociale, sa mesquinerie de notables, c\u2019est la matrice qui fabrique Julien Sorel. D\u00e9placer le d\u00e9cor, c\u2019est effacer ce qui explique le personnage.<\/p>\n<p>La presse divis\u00e9e, les spectateurs beaucoup moins<\/p>\n<p>Les critiques professionnelles ont couvert tout le spectre. Ouest-France y voit \u00ab une adaptation fid\u00e8le et tr\u00e8s r\u00e9ussie \u00bb. Le Figaro s\u2019en tire par une formule ti\u00e8de : \u00ab sans pr\u00e9tention qui n\u2019ennuie pas \u00bb. T\u00e9l\u00e9rama estime qu\u2019il en \u00ab reste peu de choses \u00bb. Le Parisien ne s\u2019embarrasse pas : \u00ab atmosph\u00e8re fade, acteurs en roue libre\u2026 Un naufrage ! \u00bb.<\/p>\n<p>Les avis des t\u00e9l\u00e9spectateurs, eux, sont massivement rang\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 du Parisien. Quelques voix isol\u00e9es d\u00e9fendent la s\u00e9rie \u2014 un spectateur n\u2019ayant jamais lu le roman salue la sobri\u00e9t\u00e9 du dispositif et le jeu de Belmondo, un autre trouve la mini-s\u00e9rie honn\u00eate en format court. Ils sont l\u2019exception.<\/p>\n<p>Ce que le service public appelle \u00ab faire vivre le patrimoine \u00bb<\/p>\n<p>Interrog\u00e9e par l\u2019AFP en juin, Virginie Ledoyen se r\u00e9jouissait de \u00ab faire vivre le patrimoine litt\u00e9raire \u00bb et esp\u00e9rait que la s\u00e9rie donne envie de lire ou relire Stendhal. Victor Belmondo, lui, expliquait que le sc\u00e9nario et la r\u00e9alisation \u00ab fluidifient ce qui est ardu chez Stendhal \u00bb. On tient l\u00e0, en une phrase, la ligne \u00e9ditoriale du projet : le roman est un obstacle, la s\u00e9rie est une passerelle. Sauf que la complexit\u00e9 psychologique de Julien Sorel n\u2019est pas un d\u00e9faut d\u2019ergonomie \u00e0 corriger, c\u2019est le sujet du livre. Une fois fluidifi\u00e9e, il ne reste qu\u2019une intrigue d\u2019ascension sociale et d\u2019adult\u00e8re, film\u00e9e proprement.<\/p>\n<p>C\u2019est le m\u00eame duo Benamou-Taurand qui avait sign\u00e9 en 2024 l\u2019adaptation dystopique de La Peste pour France 2, et Georges-Marc Benamou avait particip\u00e9 en 2025 au sc\u00e9nario de La Rebelle, sur la jeunesse de George Sand. Le service public a manifestement trouv\u00e9 son atelier de mise \u00e0 niveau des classiques.<\/p>\n<p>Les 2 derniers \u00e9pisodes sont diffus\u00e9s lundi 7 septembre \u00e0 21h10 sur France 2. L\u2019int\u00e9gralit\u00e9 est disponible sur france.tv depuis le 21 ao\u00fbt. Le film d\u2019Autant-Lara de 1954 existe toujours, et le roman co\u00fbte 4,50 euros en \u00e9dition de poche.<\/p>\n<p>[cc] Article r\u00e9dig\u00e9 par la r\u00e9daction de\u00a0<a href=\"http:\/\/breizh-info.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer nofollow noopener\" data-saferedirecturl=\"https:\/\/www.google.com\/url?q=http:\/\/breizh-info.com&amp;source=gmail&amp;ust=1788588891438000&amp;usg=AOvVaw3wRb2iBNxYrRD_TJhrHGIc\">breizh-info.com<\/a>\u00a0et relu et corrig\u00e9 (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.<\/p>\n<p>Breizh-info.com, 2026, d\u00e9p\u00eaches libres de copie et de diffusion sous r\u00e9serve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d\u2019origine.<\/p>\n<p>\n        Publicit\u00e9<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le Rouge et le Noir version France T\u00e9l\u00e9visions \u00e9tait l\u2019un des rendez-vous de la rentr\u00e9e du groupe public&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":241166,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[99],"tags":[75146,2369,12,13,18,17,44373,96,95,115,1346,75147,75148,75149,75150,44374,35750,75151,75152,8422,75153,112,1477,64911],"class_list":["post-241165","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-television","tag-adaptation-litteraire","tag-audiences","tag-be","tag-be-fr","tag-belgique","tag-belgium","tag-camille-razat","tag-divertissement","tag-entertainment","tag-france-2","tag-france-televisions","tag-gael-morel","tag-georges-marc-benamou","tag-gilles-taurand","tag-julien-sorel","tag-le-rouge-et-le-noir","tag-patrick-timsit","tag-patrimoine-litteraire","tag-serie-francaise","tag-service-public","tag-stendhal","tag-television","tag-victor-belmondo","tag-virginie-ledoyen"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@be_fr\/117223364039313429","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/241165","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=241165"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/241165\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/241166"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=241165"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=241165"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=241165"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}