{"id":246143,"date":"2026-09-10T00:35:22","date_gmt":"2026-09-10T00:35:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/246143\/"},"modified":"2026-09-10T00:35:22","modified_gmt":"2026-09-10T00:35:22","slug":"dinosaur-jr-there-near-toujours-dans-la-zone-de-confort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/246143\/","title":{"rendered":"Dinosaur Jr &#8211; There Near : Toujours dans la zone de confort"},"content":{"rendered":"<p>Vous pensiez ne plus vous laisser avoir, oublier vos amours d\u2019adolescence et tous ces groupes des 90\u2019s\u00a0? N\u2019avoir plus rien \u00e0 attendre de J Mascis et Lou Barlow\u00a0? Et pourtant, vous allez bien en reprendre une louche, parce que There Near fait partie de leurs albums les plus savoureux.<br \/>\n<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-199025 lazyload\" alt=\"Dinosaur Jr Photo Jeff Fowler\" width=\"800\" height=\"534\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Dinosaur-Jr-Photo-Jeff-Fowler.jpg\"  data-max-width=\"800\" data- data-eio-rwidth=\"800\" data-eio-rheight=\"534\"\/><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-199025\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Dinosaur-Jr-Photo-Jeff-Fowler.jpg\" alt=\"Dinosaur Jr Photo Jeff Fowler\" width=\"800\" height=\"534\"   data-eio=\"l\"\/>\u00a9 Photo : Jeff Fowler<\/p>\n<p>C\u2019est toujours rassurant de se pencher sur un nouvel album de Dinosaur Jr. Aucun risque de voir surgir un changement de style radical qu\u2019il faudrait dig\u00e9rer, et, en plus, g\u00e9n\u00e9ralement, la qualit\u00e9 est au rendez-vous.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-199012 alignleft lazyload\" alt=\"\" width=\"350\" height=\"350\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/dinosaur-Jr-pochette-There-Near-350x350.jpg\"  data-max-width=\"350\" data- data-eio-rwidth=\"350\" data-eio-rheight=\"350\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-199012 alignleft\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/dinosaur-Jr-pochette-There-Near-350x350.jpg\" alt=\"\" width=\"350\" height=\"350\"   data-eio=\"l\"\/>On peut par contre d\u00e9composer leur carri\u00e8re en trois phases. La premi\u00e8re, de 1985 \u00e0 1988, durant laquelle le groupe, autour de J Mascis, Murph et Lou Barlow, d\u00e9marre dans le punk et le hardcore avant d\u2019inventer une fusion entre rock ind\u00e9, metal et punk, avec solos de guitare, distorsion maximale et mur du son impressionnant, le tout culminant avec un Freak Scene qui rajoute une \u00e9vidente dimension m\u00e9lodique.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me, durant laquelle le d\u00e9part de Lou Barlow va laisser Mascis seul ma\u00eetre \u00e0 bord\u00a0: quatre albums creusant encore le c\u00f4t\u00e9 m\u00e9lodique des titres, avec un son plus propre mais aussi des solos de guitare \u00e0 rallonge l\u2019\u00e9loignant du punk, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019impasse Hand It Over, en 1997, montrant pour la premi\u00e8re fois une inspiration chancelante.<\/p>\n<p>Et enfin, apr\u00e8s une pause de dix ans, \u00e0 partir de 2007, le retour du line-up d\u2019origine pour des albums de synth\u00e8se, laissant une place aux compositions de Lou Barlow afin de faire contrepoint au c\u00f4t\u00e9 de plus en plus pr\u00e9visible de celles de Mascis. Le premier album, Beyond, est le plus r\u00e9ussi.<\/p>\n<p>There Near est d\u00e9j\u00e0 le sixi\u00e8me de la p\u00e9riode, succ\u00e9dant \u00e0 un Sweep It Into Space qui, il y a cinq ans, nous avait laiss\u00e9 dubitatifs, tant l\u2019absence de renouvellement de la formule commen\u00e7ait \u00e0 se faire sentir, malgr\u00e9 un choix de producteur assez gonfl\u00e9 en la personne de Kurt Vile. Peut-\u00eatre avons-nous fait notre deuil d\u2019une \u00e9volution de Dinosaur Jr, et sommes-nous au contraire d\u00e9sormais reconnaissants au groupe de nous offrir cette s\u00e9curit\u00e9 d\u2019\u00e9coute absolue, et de nous faire croire que le temps ne passe pas et que nous sommes toujours en train de faire d\u00e9couvrir Out There \u00e0 nos copains de fac ?<\/p>\n<p>Le fait est que There Near a du mal \u00e0 quitter la platine, synth\u00e8se de toutes les qualit\u00e9s pour lesquelles nous aimons ce groupe\u00a0: \u00e9nergique, m\u00e9lodique, jouissif, c\u2019est l\u2019album qu\u2019on n\u2019attendait plus \u00e0 ce stade de leur carri\u00e8re. Several Got Away nous fait secouer la t\u00eate comme en 1995, et la m\u00e9lodie de No Friends nous \u00e9merveille, avant que le solo de Mascis nous rappelle \u00e0 quel point il peut \u00eatre inventif avec sa guitare. On ne peut pas dire que les paroles \u00e9crites par Mascis n\u00e9cessitent g\u00e9n\u00e9ralement une analyse pouss\u00e9e, et ce n\u2019est pas vraiment ce qu\u2019on recherche dans ses compositions. No Friends est pourtant d\u2019une grande lisibilit\u00e9 dans la reconnaissance d\u2019une certaine forme de solitude. Take Me With You est une autre r\u00e9ussite majeure et, l\u00e0 encore, le solo prend aux tripes avec un son dantesque. Gone Off a tout pour devenir imparable en concert, et Mascis n\u2019oublie pas, sur la deuxi\u00e8me partie du disque, de calmer le jeu avec deux titres plus calmes, Walk Me Back et Put It Down, qui d\u00e9marre avec une guitare estampill\u00e9e Cortez the Killer.<\/p>\n<p>Une intro, la voix tra\u00eenante de Mascis, une m\u00e9lodie identifiable, la guitare omnipr\u00e9sente avec le solo et les quatre minutes r\u00e9glementaires\u00a0: on peut r\u00e9sumer ainsi les neuf compositions de Mascis, et on n\u2019arrive pas tout \u00e0 fait \u00e0 s\u2019en lasser.<\/p>\n<p>Et puis, bien s\u00fbr, il y a l\u2019arme secr\u00e8te Lou Barlow, qui r\u00e9serve au dinosaure ses meilleures chansons maintenant que Sebadoh semble en hiatus. Comme toujours, il a droit \u00e0 ses deux titres et \u00e0 l\u2019honneur de cl\u00f4turer l\u2019album avec le plus r\u00e9ussi des deux, No One\u2019s Ready. Le plus notable va r\u00e9sider dans les textes. Barlow a de l\u2019humour et est subtil\u00a0: il arrive \u00e0 \u00e9viter la charge directe, nominative et ouvertement pamphl\u00e9taire, mais ses lignes se comprennent malgr\u00e9 tout sans trop de difficult\u00e9s\u00a0: \u00ab\u00a0No one\u2019s ready for your war \u00bb (Personne n\u2019est pr\u00eat pour ta guerre), par exemple, mais surtout dans Blowin\u2019 Up\u00a0: \u00ab\u00a0You\u2019re about as dumb as they come \/ Telling stupid stories everyday \u00bb (Tu es \u00e0 peu pr\u00e8s aussi stupide qu\u2019on peut l\u2019\u00eatre \/ \u00c0 raconter des histoires d\u00e9biles tous les jours), \u00ab There\u2019s nothing quite as bad as a bored edgelord \u00bb (Il n\u2019y a rien de pire qu\u2019un provocateur d\u00e9s\u0153uvr\u00e9) ou encore \u00ab Someone who loves you should speak up \u00bb (Quelqu\u2019un qui t\u2019aime devrait prendre la parole). Ce sont au fond ces deux textes qui, sous leurs airs faussement d\u00e9tach\u00e9s, replacent ce disque m\u00e9lodiquement intemporel dans son \u00e9poque.<\/p>\n<p>Une vraie r\u00e9ussite\u00a0: pas une r\u00e9volution, non, mais l\u2019un de ces disques qui rappellent pourquoi on finit toujours, malgr\u00e9 tout, par revenir vers Dinosaur Jr.<\/p>\n<p>Laurent Fegly<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone lazyload\" alt=\"\" width=\"75\" height=\"14\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/4.gif\" data-eio-rwidth=\"200\" data-eio-rheight=\"41\"\/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/be-fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/4.gif\" alt=\"\" width=\"75\" height=\"14\" data-eio=\"l\"\/><\/p>\n<p>Dinosaur Jr \u2013 There Near<br \/>Label\u00a0: Jagjaguwar<br \/>Date de sortie\u00a0: 28 ao\u00fbt 2026<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Vous pensiez ne plus vous laisser avoir, oublier vos amours d\u2019adolescence et tous ces groupes des 90\u2019s\u00a0? 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